DE LA BOUCHE
celles de la première rangée, sont unies les unes aux autres par des filaments d'union, au moins aussi accusés que dans le corps muqueux de Malpighi. Elles se forment incessamment dans les couches profondes aux dépens des cellules cylindri'ques dont la division est précédée de celle du noyau. Elles sont en mue continuelle de même que celles de l'épiderme cutané.
Le chorion de la muqueuse est fortement adhérent aux os sur les gencives, au niveau du collet des alvéoles dentaires et au palais; sur le dos et sur les bords de la langue, les fibres musculaires viennent s'y insérer et l'empêchent de glisser sur les plans sous-jacents. Dans les autres parties de la bouche, aux lèvres, au frein de la langue, aux joues, il jouit d'une certaine mobilité, et, grâce au tissu cellulo-adipeux qui le double, il peut être légèrement déplacé.
Les glandes de la muqueuse buccale sont des glandes acineuses, de forme arrondie, dont le diamètre varie de 1 à 5 millimètres. On les trouve à la surface postérieure des lèvres, sur la muqueuse des joues, à la voûte et au voile du palais , à la base de la langue, en arrière du V lingual, au-dessous des follicules de la base de la langue et au niveau des papilles caliciformes ; à la face inférieure de la langue, au niveau de sa pointe, elles forment deux îlots glandulaires allongés dont les conduits excréteurs s'ouvrent de chaque côté du frein (glandes de Blandin et de Niihn).
Les conduits excréteurs de ces diverses glandes sont formés d'une tunique conjonctive tapissée de cellules cylindriques. Ils se terminent dans des vésicules glandulaires piriformes ou sphériques, généralement revêtues de cellules muqueuses.
Chez l'homme, on distingue dans la langue trois espèces do papilles.
Les papilles caliciformes qui forment le V lingual sont formées d'une grosse papille centrale dont la base est profonde et qui est entourée d'une sorte d'anneau ou de rempart ménageant autour d'elles un sillon circulaire, dans lequel viennent s'ouvrir des glandes spéciales et dont les deux lèvres sont tapissées d'épithélium. Cet épithélium n'est pas constitué seulement par des cellules pavimenleuses. Sur la surface externe de la papille centrale et sur la surface correspondante du rempart, se trouvent des groupes de cellules épithéliales sensorielles que l'on a désignés sous le nom d'organes ou d'oignons du goût. Ces organes ont été découverts par Lovén et Schwalbe presque simultanément.
STOMATITES. 207
Les ccUiilos sensorielles qui les oceupent sont cylindriques, allontiées el possèdent, à peu près vers leur milieu, un noyau ovalaire. On peut leur considérer une portion pci'iphérique qui arrivejusqn'à la surface et s'y termine par un bâtonnet et une partie profonde ou centrale située en deçà du noyau; celle-ci se continue avec une librille nerveuse.
Les papilles fongiformes sont répandues sur le dos de la langue, sur ses bords et à sa pointe. Elles contiennent des organes du goût, mais ces organes n'y sont jamais aussi nombreux, ni aussi régulièrement disposés que dans les papilles caliciformes. Les papilles filiformes n'en possèdent pas; elles sont couvertes d'un épithélium stratifié semblable à celui de la plupart des régions de la cavité buccale. A leur extrémité, la couche lamellaire superficielle de cet épithélium forme de longs fdaments simples ou frangés. Les cellules épithéliales les plus superficielles, celles qui sont en voie de desquamation, sont le siège d'une abondante végétation d'un champignon qui se rencontre chez presque tous les individus, le Leptolhrix buccalis.
Les différentes papilles de la langue contiennent des vaisseaux et des nerfs ; ces derniers sont très abondants dans les papilles qui possèdent des organes du goût et semblent se terminer presque entièrement dans leur intérieur.
La muqueuse buccale présente de nombreux follicules lymphatiques qui sont les follicules simples de la base de la langue étendus de la limite du V lingual à l'épiglotte, et les amygdales qui ne sont autre chose que des follicules composés (voyez plus bas, le chapitre consacré aux amygdales).
Les follicules simples sont constitués par un corps arrondi saillant, au niveau duquel la muqueuse, bien qu'elle soit déprimée, possède SCS diverses couches épithéliales. Les follicules, qui sont formés de tissu adénoïde, sont enveloppés par un sinus lymphatique où arrivent les lymphatiques afférents et d'où partent les lymphatiques efférents.
Les vaisseaux lymphatiques de la muqueuse buccale sont très nombreux.
I 2. — Altérations pathologiques «le la nsïaqaense baccale.
Stomatite. — Les stomatites présentent des formes très voi'iées, suivant le deiïré de l'inflammation, suivant leur cause, suivant b