CHAPITRE IV
§ 1 . — Histologie normale du pharynx et de l'cesopliage.
Le pharynx et l'œsophage présentent dans la structure de leurs parois quatre couches qui sont :
1° A la périphérie, une enveloppe aponévrotique composée de faisceaux de tissu conjonctif et de libres élastiques ;
2" Une couche musculeuse épaisse composée pour le pharynx des muscles constricteurs et élévateurs, tous striés, et pour l'œsophage, de deux couches dont l'externe est formée de fibres longitudinales et l'interne de fibres annulaires : les fibres longitudinales de l'œsophage, les unes émanées du constricteur inférieur, les autres insérées au cartilage cricoïde, sont striées dans le cou ; dans le thorax il s'ajoute, aux fibres annulaires d'abord, puis aux fibres longitudinales, des faisceaux de muscles Hsses qui deviennent de plus en plus nombreux, tandis que les fibres musculaires striées disparaissent, de telle sorte que le tiers inférieur de l'œsophage ne présente plus de fibres striées; les faisceaux longitudinaux de Tœsophage envoient des expansions à la partie postérieure de la trachée, sur la bronche gauche, etc. ;
3° Une couche de tissu conjonctif sous-muqueux;
4° Une membrane muqueuse dont la structure varie suivant les points qu'on examine.
La muqueuse du pharynx se divise en deux régions très différentes. Au-dessous du pilier postérieur du voile du palais, en effet, elle est tapissée, comme celle de la bouche, d'un épithélium pavimenteux et elle possède des papilles rudimentaires. A sa partie supérieure au contraire, c'est-à-dire à la face postérieure de la luette et du voile du palais, au pourtour des orifices des trompes d'iâistache^ à l'orifice postérieur des fosses nasales et sur toute la voûte du pharynx, elle est revêtue d'un épithélium cylindrique à cils vibra-
PHARYNGITES. 261
Lilps; là olle ne proscrite pas de papilles el elle contient une grande qUsintilé de glandes. , . :
; La muqueuse de l'œsophage est revêtue, comme celle de la portion inférieure du pharynx, d'un épithélium pavimenteux stratifié ; elle est garnie de papilles coniques beaucoup plus développées que celle de la muqueuse pharyngienne et elle possède, dans sa^ couche profonde, des fibres musculaires lisses.
Sur toute l'étendue de la muqueuse pharyngo-œsophagienne, il existe une quantité assez considérable de glandes en grappe. On rencontre en outre dans la muqueuse pharyngienne des follicules lymphatiques simples ou des follicules composés comme ceux des amygdales. Ces follicules composés forment entre les orifices des trompes d'Eustache une couche continue de plusieurs millimètres d'épaisseur. Il en existe aussi une assez grande quantité à la portion moyenne de la voûte, au voisinage de l'ouverture postérieure des fosses nasales, à la face postérieure du voile du palais et sur les, parois du pharynx jusqu'au niveau de l'épiglotte.
Les glandes en grappe, qui sont très faciles à reconnaître à l'œil nu au relief qu'elles forment à la surface de la muqueuse, et à l'orifice de leur conduit excréteur, siègent également dans la portion supérieure du pharynx, à la face postérieure du voile du palais, autour de l'ouverture des trompes, etc. Elles sont très nombreuses sur toute la paroi postérieure du pharynx; elles deviennent plus rares à mesure qu'on descend vers l'œsophage, et dans la muqueuse: de ce dernier elles sont assez distantes les unes des autres.
Les vaisseaux sanguins forment dans le pharynx un réseau très riche à mailles allongées d'où partent les capillaires qui se rendent aux papilles rudimentaires et aux glandes. La vascularisation de l'œsophage est beaucoup moindre.
Les nerfs du plexus pharyngien et œsophagien possèdent des cellules ganglionnaires. La seule terminaison qui y soit connue est celle qui a lieu dans les fibres musculaires.
§ 2. — Lésions anatomiqaes dn pharynx et de l'œsophage.
; Pharyngites. — Les inflammations de la muqueuse buccale et celles de la cavité des fosses nasales ont, d'une façon générale, une grande tendance à se propager à la muqueuse pharyngienne ; mais il y a cependant de nombreuses exceptions à cette règle, car si les m-
âG2 PHARYNX ET ŒSOPHAGE.
flammatidns (des amygdales et du voile du palais, telles que les ■pustules varioliques, l'angine scarlatineuse, etc., s'étendent avec la plus grande facilité à la face postérieure du voile du palais et à la paroi postérieure du pharynx, il n'en est pas de même des stomatites telles que les stomatites aphlheuses, plombiques, mercurielles, ulcéromenibraneuses et scorbutiques dont le siège est presque uniquement' limité aux lèvres, aux joues et à la muqueuse alvéolaire. De plus les pharyngites présentent des particularités anatomiques qui sont en rapport avec la structure de la muqueuse pharyngienne. Entre autres, nous citerons, comme une lésion spéciale au pharynx, la pharyngite granuleuse.
-■ L'inflammation superficielle ou catarrhale du pharynx succède îe plus souvent aux impressions de froid et coïncide avec un coryza ou une angine tonsillaire; elle est caractérisée, comme sur toute muqueuse, parla rougeur et la sécrétion muco-purulente de la surface.'
- Dans la variole, les pustules développées sur le pharynx n'ont pas même autant de solidité que celles de la muqueuse buccale ; la couche épithéliale qui les limite se détache très facilement, en sorte qu'au lieu de pustules bien formées on ne voit d'habitude rien autre chose que des taches ou des plaques blanchâtres constituées par l'épithélium ramolli et desqucimé, mêlé à du mucus contenant des globules de pus. ./
Dans la rougeole et dans la scarlatine, une rougmr pointilléedu pharynx est à peu près constante ; la pharyngite scarlatineuse est particulièrement grave et intense, et le plus souvent elle donne lieu à une exsudation superficielle dite couenneuse; la surface de la muqueuse se recouvre d'une couche pulpeuse, blanche ou grisâtre, niolle, qui est composée de cellules épithéliales détachées en grande abondance, mêlées à du muco-pus (angine pultacée). En outre, dans la scarlatine et dans la rougeole on observe quelquefois une angine pseudo-membraneuse de la plus haute gravité.
La Tp\iQ.ryngïie érysipêlateitsé présente les mêmes caractères "que la stomatite (voy. p. 212). L'érysipèle développé d'abord sur la peau se propage ati pharynx,, soit par les fosses .nasales, soit par Ja bouche, et, s'il descend jusqu'à la partie inférieure du pharynx,, il peut gagner l'épiglotte, les replis aryténo-épigloliques et le iaiyn\ (voy. t. II, p. 43),