CIIONDROME DES GLANDES SALIVAIRES
L'examen hisloloi^ique montre le slronia et les cellules caractéristiques du carcinome.
ÉriTiiÉLiOME. — Il existe plusieurs faits d'épilhéliome de la parotide observés par Robin, Verneuil, Billroth, Rindfleisch, etc., qui répondent absolument à la description de l'épithéliome tubulé. Ce sont des tumeurs mal limitées, sans enveloppe fd:)reuse, grises ou }4ris jaunâtre, peu vasculaires et friables, composées de cylindres épithéliaux ramifiés et anastomosés. On a même rencontré, dans ces cylindres formés d'épithélium pavimenteux, des globes épidermiques. L'une des observations publiées par Verneuil est un exemple d'épithéliome pavimenteux.
Chondromes des glandes salivaires. — Les chondromes de la parotide sont assez communs; les glandes sous-maxillaires ou sublinguales en sont plus rarement atteintes. Depuis le mémoire de J. Millier, les chondromes de la parotide ont été bien étudiés par Dolbeau, Yirchow, etc. On doit en distinguer au point de vue anatomique deux variétés : les chondromes purs dans lesquels la masse morbide est entièrement composée de cartilage ; les chondromes mixtes dans lesquels on trouve en même temps que du tissu cartilagineux, du tissu fibreux, du tissu muqueux et des culs-de-sac glandulaires modifiés qu'on pourrait rapporter à l'adénome. Mais nous croyons qu'on doit ranger ces tumeurs complexes dans les chondromes. Nous savons, en effet, que dans tout chondrome on rencontre du tissu fibreux et des îlots de tissu embryonnaire, et de plus les glandes, quelle que soit la tumeur primitive qui les envahit, offrent toujours à considérer des lésions irritatives et des modifications variables de leurs culs-de-sac.
Les chondromes purs de la parotide constituent 'des tumeurs se rapprochant de la forme hémisphérique, lisses ou lobulées et bosselées à leur surface, de la grosseur d'un œuf de poule, séparées des parties voisines par une enveloppe fibreuse.
Sur une section de la tumeur, on reconnaît les caractères physiques du cartilage hyalin, soit dans toute la masse, soit seulement dans des lobules séparés les uns des autres par du tissu fibreux.
Toutes les variétés de structure que nous avons décrites dans les chondromes considérés en général (voy. t. I, p. 253) se rencontrent dans ceux des glandes salivaires. Ainsi on y trouve tantôt du cartilage fœtal à petites cellules, tantôt du cartilage hyalin, tantôt du
CORNIL ET RANVIER. II. — 17
fibro-carlilage ou un tissu dans lequel la substance fondamentale du cartilage présente de nombreuses fibrilles, tantôt des cellules cartilagineuses dont les capsules très épaissies sont formées de couches concentriques, tantôt du cartilage à cellules ramifiées.
Le tissu morbide a souvent subi diverses modifications : on y rencontre des kystes remplis d'un liquide muqueux ou sanguinolent, du lissu muqueux. des rhasses de tissu cartilagineux infiltré de sels calcaires, ou même du tissu osseux. Nous n'insistons pas sur ces modifications du cartilage de nouvelle formation parce qu'elles ont déjà été exposées.
Dans la plupart des chondromes de la parotide, les acini glandulaires sont modifiés. Ils peuvent être atrophiés, étouffés par le tissu morbide qui s'est développé autour d'eux; quelquefois ils sont dilatés et kystiques ; le plus souvent les cellules qui les composent se multiplient et forment les bourgeons épithéliaux pleins qui végètent dans diverses directions.
Les chondromes des glandes salivaires, comme on îe voit, présentent toujours, dans leur masse, des tissus variés dérivant des éléments propres de la glande ou hétérologues. Mais il convient de distinguer les chondromes mixtes dans lesquels on trouve tantôt une grande quantité de tissu muqueux, des lobes tout entiers présentant la structure du myxome {chondrome myxomateux)^ tantôt une masse de tissu embryonnaire considérable siégeant autour des lobuleg c<:^v\À\2i^\n(i\x\ (chondrome sarcomateux) . ...
Le chondrope des glandes salivaires se développe d'habitude aux dépens du tissu conjonclif qui sépare les acini. Dans un travail fait sous la direction de Recklinghausen, Wartmann a trouvé dans deux chondromes de la parotide des canaux à parois minces, anastomosés^ contenant des cellules épithéliales, qu'il considère comme des lymphatiques remplis de leurs cellules endolhéliales proliférées. Ces cellules arrivent à remplir complètement la lumière des lymphatiques, de telle sorte que sur les sections transversales de ces vaisseaux, elles apparaissent comme de petites perles ou globes épidermiqucs, et sur les sections longitudinales comme des cylindres épithéliaux. Ces cellules des vaisseaux lymphatiques se répandraient dans le tissu conjonctif voisin et deviendraient le point de départ de la néoformation cartilngineuse en s'entourant d'une capsule, tandis que le tissu fibreux deviendrait hyalin, cartilagineux ou muqueux.
Les cellules cartilagineuses nouvellement formées contiennent du
CIIONDUO.ME DKS GLANDKS SALIVAIRE?. 250
glycogône qui, sous l'influence de l'iode, montre la réaction caractéristique.
Les chondromcs des glandes salivaircs sont généralement des tumeurs bénignes qui ne se reproduisent pas après l'ablation. Cependant on cite des exemples de récidive, l'un en particulier, publié par Warlmann, dans lequel la tumeur, récidivée sur place et dans le pavillon de l'oreille, présentait de nombreuses embolies cartilagineuses situées dans les artérioles. Sur les coupes des artérioles de 1/2 à 1 millimètre de diamètre, la lurriière vasculaire était occupée par une agglomération de cellules dont les plus centrales étaient entourées de leur capsule et de substance i'itercellulaire hyaline. A la périphérie du Ihrombus cartilagineux, les cellules étaient aplaties, imbriquées, au contact les unes des autres,. comme si elles provenaient des cellules de la tunique interne proliférées. A la suite de ces altérations vasculaires , les cellules qui deviennent le centre de la formation du cartilage peuvent se répandre dans le tissu conjonctif voisin et y donner naissance au développement de tissu cartilagineux. D'après ces observations, le chondrome pourrait naître des cellules épithéliales des vaisseaux lymphatiques et sanguins aussi bien que des cellules du tissu conjonctif.