INFLAMMATION CATARUHALE DE LA MUQUEUSE INTESTINALE
(les purgatifs par une irritation des fibres musculaires de l'intestin : les mouvements péristaltiques de l'intestin et la progression rapide des liquides empocheraient leur absorption par la muqueuse.
Pourtant Moreau est arrivé à déterminer une sécrétion paralytique abondante en coupant les nerfs qui se rendent à une anse intestinale. Voici comment il a opéré : Ayant attiré une anse de l'intestin au dehors par une ouverture pratiquée à la paroi abdominale, il y appliqua trois ligatures de façon à en circonscrire deux segments égaux. Puis il coupa dans le mésentère tous les nerfs de l'un de ces segments. Le tout étant replacé dans la cavité péritonéale, il put constater au bout de plusieurs heures que le segment énervé contenait beaucoup de liquide tandis que l'autre n'en renfermait pas. Ce liquide ne possède ni les qualités ni les propriétés physiologiques du suc intestinal. Il contient un grand nombre de cellules lymphatiques et de globules rouges, ce qui montre que sa sécrétion se produit sous l'influence d'une irritation active.
Moreau a également déterminé une sécrétion intestinale abondante dans une anse intestinale comprise entre deux ligatures après y avoir injecté du sulfate de magnésie. Dans ce dernier cas la sécrétion paraît être produite par une action endosmotique.
On ne saurait expliquer de cette façon l'action des purgatifs drastiques : ils agissent probablement en déterminant un catarrhe de l'intestin.
Il est facile de produire des catarrhes plus intenses et franchement purulents chez les animaux par l'injection de substances irritantes dans le rectum. Chez de jeunes chats auxquels nous avons injecté du nitrate d'argent ou de la teintured'iode, nous avons vu, au bout de vingt-quatre ou trente-six heures, la muqueuse couverte de muco-pus. L'épithélium cylindrique était presque partout en place, à la surface de la muqueuse et dans les glandes. La plus grande partie, la totalité même, dans bien des points, des cellules cylindriques de la surface et des glandes, étaient creusées en cupule. On ne voyait pas parmi elles de formation endogène ni de division du noyau, d'où il est vraisemblable que toutes les cellules rondes du liquide puriforme sécrété s'étaient échappées des vaisseaux. Les cellules lymphatiques étaient en effet nombreuses dans le tissu conjonctif superficiel de la muqueuse.
Chez Vhomme, la mauvaise qualité dés aliments, l'abus des fruits ou la non-appropriation des aliments à l'âge des individus, l'absence
d'une bonne nourrice, par exemple, chez les enfants à la mamelle, l'influence du froid, les erreurs de régime, les indigestions, sont les causes les plus habituelles de la diarrhée catarrhale simple. Les organismes inférieurs (bactéridies) développés avec la fermentation lactique ou butyrique, se trouvent souvent dans les fèces en quantité considérable, mais ces bactéridies existent constamment dans les selles à l'état physiologique.
Dans ces différents cas, le liquide de la diarrhée rendu par le malade est aqueux, coloré en jaune ou en brun par la bile, et il contient des matières fécales délayées. Ce liquide renferme en général très peu de cellules cylindriques de l'intestin.
Dans les péritonites suppurées, et en particulier la péritonite puerpérale, l'intestin grêle qui baigne au milieu de l'exsudat péritonéal fibrine -purulent est blanchâtre, de teinte laiteuse. La muqueuse est décolorée, opaque; elle paraît imbibée de pus, et elle est recouverte d'un liquide puriforme étalé en une couche mince. Il s'agit là d'un catarrhe puriforme par voisinage.
Dans une série de catarrhes chroniques de l'inbestin et en particulier du gros intestin, il se forme une certaine quantité de mucus transparent semi-liquide, au contact de matières dures qui agissent comme des corps irritants, et qui sont rendues entourées de cette couche de mucus. D'autres fois la sécrétion intestinale revêt les caractères macroscopiques du pus, et les matières sont rendues avec une couche de mucus puriforme. Le mucus plus ou moins concret, rendu sous forme de fausses membranes ou de longs filaments, peut en imposer au premier abord pour des fragments de la muqueuse ou pour des parasites. Ce mucus transparent ou opaque contient toujours beaucoup de cellules cylindriques de l'intestin et une quantité variable de cellules lymphatiques. Dans ces formes de catarrhe chronique, l'abondance du liquide sécrété n'est pas en rapport avec l'irritation de la muqueuse.
Il est rare que le catarrhe simple de la muqueuse s'accompagne d'ulcérations, même superficielles.
Dans les catarrhes chroniques de l'intestin, on observe une série d'altérations des glandes en tube, qui tantôt s'atrophient par places, tantôt s'hypertrophient, et revêtent, comme sur l'estomac, l'apparence de kystes muqueux. Les glandes sont surtout hypertrophiées