C. Altérations histologiques du chorion muqueux. — On a vu
INFLAMMATION DU CHOIUON MiJQUEUX. 21
préfédemmenl (voy. t. II, page 14) qu'à lu suite des inllammalioiis calairliales qui ont duré plusieurs jours, le elioi-ion inuqueux présente des cellules lymphaliques migi'alriccs dans sa couche élastique superficielle et dans le tissu conjonctif qui entoure les vaisseaux sanguins, les canaux excréteurs et les culs-de-sac des glandes. Si l'on en juge par ce qui se passe dans les inllammations artiliciellemenL provoquées chez les animaux, soit par la cantharidine administrée en injection sous-culanée , soit par des agents irritants appliqués localement, la migration des cellules lymphatiques dans le tissu fibro-élastique superficiel de la muqueuse doit s'effectuer presque aussitôt après le début de l'irritation. Leur nombre est considérable lorsque Fintïammalion est intense, comme cela s'observe dans les laryngo-trachéo-bronchitcs des fièvres éruptives et de la fièvre typhoïde. Dans cette maladie notamment, on voit souvent une infiltration très marquée du tissu fibro-élastique superficiel de la muqueuse par des cellules lymphatiques disposées en nappe au-dessous de la membrane basale et dans les mailles du réseau des vaisseaux superficiels remplis et dilatés par le sang. Ces lésions sont l'origine des ulcérations du larynx qu'on observe dans la fièvre typhoïde.
Dans les inflammations aiguës et intenses, comme la laryngo-trachéo-bronchile de la variole, tout le tissu du chorion est également infiltré de cellules lymphatiques, surtout dans sa couche fibro-élastique superficielle, autour des glandes et des vaisseaux sanguins.
Les inflammations de longue durée, telles qu'on les observe dans la tuberculose, la syphilis, le lupus, la lèpre, la dilatation des bronches, etc., donnent lieu à un épaississement plus ou moins considérable du chorion, qui est infiltré d'abord de cellules lymphatiques et qui s'épaissit souvent par suite d'une néoformation de faisceaux de tissu conjonctif. Dans ces formes subaiguës ou chroniques, on remarque, consécutivement aux lésions du tissu conjonclit, des inégalités de la surface de la muqueuse, des ulcérations superficielles ou profondes et des végétations de la surface du chorion.
II est rare que des ulcérations se produisent en un point quelconque de l'arbre aérien sans avoir été précédées d'un néoplasme ayant de la tendance à se détruire par dégénérescence caséeuse ; cependant l'inflammation, lorsqu'elle est intense, surtout si elle est liée à la présence de microbes infectieux, comme cela a lieu dans la variole, la diphthérie, la morve, la fièvre typhoïde, la lèpre, etc.. peut amener aussi des ulcérations.
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, ' '' Lorsque les ulcères se répa-
^ — ' / ^ ' / rent, il s'y développe des bour-
geons charnus ; souvent le travail réparateur de celte inflammation productive dépasse son but, et des végétations persistent à la surface de la muqueuse ou même s'y organisent définitivement et se recouvrent d'un revêtement épilhélial normal.
Il nous paraît certain, d'un autre côté, que des végétations peuvent se produire à la surface de la muqueuse des voies l'espiratoires sans qu'il y ait eu d'ulcération préalable. Ainsi, dans certaines bronchites chroniques, dans celles qui accompagnent la dilatation des bronches (fig. 13) par exemple, on trouve souvent des végétations saillantes sous la forme de petits bourgeons développés sur les bronches malades. Lorsqu'on examine au microscope des coupes perpendiculaires à la muqueuse et comprenant ces végétations suivant leur longueur, on voit qu'elles présentent à leur surface, sous le revêtement épilhélial qui les recouvre, une membrane basale possédant son épaisseur, sa transparence et son homogénéité normales (voy. aussi la figure 11).
D. Lésions des muscles LISSES. — Les muscles lisses
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10 13. — Section loiiiçitu iiii ilc do la paroi d'une hionclip dildlee La suitace interne de la brouciiec est parfont recouverte par la membrane basale i sur laquelle on voit quebiues cellules cpitliéliales qui paraissent comme de petits points au grossissement très faible qui a été employé dans ce dessin; l, l, parlifs saillantes en forme de bourgeons; f, enfoncements qui les séparent; V,v, vaisseaux sanguins ; s, une glande. — Grossissement de 20 diamètres.