INFLAMMATION ARTIFICIELLE DU POUMON
irritantes soliiblns ou tenues en suspension dans un liquide, soit dans les vaisseaux pulmonaires par i'inlermédiaire de la veine jugulaire, soit dans les bronches , soit dans le tissu pulmonaire luimême.
Si par exemple on injecte dans le poumon d'un lapin, avec une seringue de Pravaz dont la canule tranchante est introduite à travers la paroi pectorale dans un espace intercostal, un centimètre cube d'une solution de nitrate d'argent au centième, le liquide pénètre successivement dans un lobule pulmonaire, dans la bronche qui s'y rend, dans les lobules voisins et dans des bronches volumineuses. Le nitrate d'argent irritera même la trachée, et on verra souvent du mucus spumeux ressortir par les narines de l'animal. Une heure après l'injection, on sacrifie l'animal, et on voit une partie d'un lobe du poumon qui paraît à l'œil nu tuméfiée, œdémateuse. Si l'on en fait des coupes après durcissement par l'alcool, on reconnaît au microscope que les alvéoles pulmonaires présentent, sur leur paroi interne dénudée presque partout, quelques cellules tuméfiées et granuleuses. Dans la cavité des alvéoles, on trouve quelques cellules sphériques et granuleuses provenant évidemment de Fépithélium, un petit nombre de cellules lymphatiques et de globules rouges et quelques filaments de fibrine.
Ces expériences montrent avec quelle rapidité se produisent les lésions de la pneumonie.
Douze heures après l'injection de nitrate d'argent, les alvéoles pulmonaires sont remplis de cellules lymphatiques comprises dans un réseau serré de fibrine fibrillaire. L'état du poumon est absolument semblable alors à celui du poumon de l'homme dans la pneumonie aiguë lobaire ou fibrineuse.
On voit, par les exemples qui précèdent, que les premiers phénomènes de lïnllaramation pulmonaire artificiellement provoquée consistent dans le gonflement des cellules épithéhales qui très souvent montrent une prohfération de leurs noyaux, un état granuleux et une division de leur protoplasma, dans la desquamation de cet épithélium et dans la sortie des globules blancs, des globules rouges et du plasma sanguin plus ou moins riche en fibrine.
L^inflaramation suivra une marche variable en rapport avec le mode d'action spécial de chaque agent irritant. Si la dose de cantharidine administrée n'est pas mortelle, les accidents déterminés par cette
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substance dans le poumon et dans les bronches auront cessé au boul de douze à quinze heures et les cellules épithéliales des alvéoles sg seront réappliquées contre la paroi alvéolaire tout en restant encore un peu tuméfiées.
Dans la pneumonie déterminée par une injection de nitrate d'argent, l'hépatisation, c'est-à-dire la distension des alvéoles par des cellules lymphatiques et de la fibrine, durera plusieurs jours. Les cellules se rempliront de granulations graisseuses avant d'être reprises et emportées par les vaisseaux lymphatiques.
Si la pneumonie succède à une injection de substances solides tenues en suspension dans un liquide et dont le poumon se débarrasse difficilement, elle se résoudra lenlement et, chez le lapin surtout, les cellules épanchées dans les alvéoles seront infiltrées de granulations graisseuses ; on aura affaire alors à une hépatisation qui donnera à l'œil nu l'aspect que présente la pneumonie caséeuse. L'évolution de la pneumonie sera bien plus lente encore si elle est causée par des agents irritants infectieux. Si, par exemple, on injecte par la veine jugulaire, chez un lapin, une petite quantité de pus provenant des crachats d'un phthisique, on produira une pneumonie lobulaire caséeuse consécutive à la présence de globules de pus dans les capillaires du poumon.
Lorsqu'on a pratiqué chez un lapin la section des deux nerfs récurrents, la paralysie des constricteurs de la glotte favorise l'entrée dans le larynx et dans les bronches de corps étrangers tels que le mucus buccal et des fragments de matières alimentaires. Il survient bientôt une bronchite *et une pneumonie insidieuse et lente. Plusieurs semaines après l'opération, on trouve à l'autopsie une hépatisation plus ou moins complète, lobaire ou lobulaire. La surface de section des parties malades offre une couleur jaunâtre ou grisâtre rappelant celle de l'hépatisation caséeuse de l'homme. Les alvéoles pulmonaires contiennent une grande quantité de cellules épithélioïdes, comme cela a toujours lieu dans les pneumonies catarrhales qui évoluent lentement.
La couleur jaune des nodules de pneumonie subaiguë calarrhale s'observe constamment chez le lapin, quelle que soit la cause de la pneumonie, et il faut se garder d'en faire un signe de tuberculose.
Lorsque, au lieu de sectionner les récurrents, on a coupé le tronc des deux nerfs pneumo-gastriques au cou, comme les nerfs œsophagiens sont paralysés en môme temps; que les nerfs laryngés, les ali-