CIRCULATION SANGUINE DANS LA CIRRHOSE
membrane interne, tuméfiée, enflammée chroniquement, a comblé TouTerture de la veine. Lorsque ces phlébites anciennes se sont terminées par une oblitération définitive, on ne voit plus, sur les coupes transversales des veines, qu'un amas arrondi de tissu fibreux, et sur les coupes longitudinales, qu*un faisceau allongé de ce même tissu. Tantôt, consécutivement à une phlébite qui a porté sur toutes les membranes de la veine, et plus particulièrement sur la membrane întenie, il s'est fait un thrombus qui s'est organisé, et qui plus tard a été parcouru par un réseau nouveau de capillaires et de lacunes dans lesquels se rétablit ime circulation forcément incomplète (voy. fig. 141 et 143). Les coupes transversales de ces veines montrent à leur périphérie un grand cercle plus ou moins régulier, foncé, ondulé, dans lequel on retrouve des faisceaux fibreux et des muscles lisses. En dedans de ce cercle, on voit un tissu ûbrillaire parsemé de cellules de tissu conjonctif, au milieu duquel se trouvent des lacunes bordées de cellules endothéliales et contenant des globules normaux du sang. Quelquefois, autour de ces veines ainsi modifiées, on rencontre de grands sinus remplis de sang, creusés au milieu du tissu fibreux.
Dans d'autres points, le calibre des veines sus-hépatiques est réduit à un orifice étroit au milieu d'un tissu fibreux qui a pris la place de la tunique interne (fig. 143).
Quelquefois, dans la cirrhose, il existe des phlébites et des thromboses du tronc de la veine porte. Ch. Leroux en a rapporté des obsen^ations. On y trouve aussi des oblitérations de cette- veine et de ses branches que nous étudierons bientôt à propos de l'adénome.
Ces différentes lésions de la veine porte, des capillaires et des veines sus-hépatiques rendent compte des difficultés qu'éprouve la circulation dans le foie.
L'impulsion cardiaque et la vis à tergo sont faibles à l'état normal dans les veines qui reviennent de l'intestin et de la rate pour former le tronc de la veine porte; ses branches interlobulaires étant, dans la cirrhose, dépourvues d'élasticité et de contraclilité, on conçoit que le sang passera difficilement dans les capillaires du lobule. C'est ce qui a lieu en réalité pendant la vie. Les causes multiples de la gène de la circulation dans la veine porte et de l'ascite, sont : 1* les modifications de structure précédemment indiquées de la paroi des branches de la veine porte comprises dans le tissu cirrhose ; â"" l'oblitération d'un certain nombre des capillaires de l'Ilot par l'extension de la cirrhose au tissu cellulo-vasculaire des lobules ; 3** l'oblitéra-
tion des veines sus-hépatiques ; 4^* exceptionnellement la thrombose plus ou moins étendue de la veine porte.
D'après Rindfleisch, l'artère hépatique, dont le sang possède unn pression évidemment beaucoup plus forte que celle du sang de la veine porte, remplacerait cette dernière dans tous les points du tissu scléreux où elle serait oblitérée, en sorte que le syslème des canaui sanguins du tissu cirrhotique serait surtout alimenté par le sang aitériel. C'est à l'aide du sang artériel que se ferait l'élaboration de la bile. Cette proposition nous parait trop absolue si nous tenons compte de plusieurs injections que nous avons faites par la veine porte. Le liquide injecté passe très rapidement par les vaisseaux de la périphérie des lobules, et de là il se rend dans les veines portes acce»soires et dans les veines des adhérences qui unissent le foie au diaphragme ; souvent les capillaires de l'îlot lui-même sont injectés.
Dans les dernières périodes de la cirrhose, le sang de la veine porte, ne pouvant traverser les lobules hépatiques, s'écoule en partie par les vaisseaux qui parcourent les adhérences établies entre le foie et le diaphragme (Kiernan) et par le système énormément dilaté des veines portes accessoires décrites par Sappey. Sappey conclut de ses recherches (Académie de médecine^ séance du 8 mars 1859) que dans la cirrhose le sang de la veine porte est ramené dans la veine cave inférieure par les veines portes accessoires très dilatées, ayant déterminé la distension de toutes les veines anastomotiques, sous-cutanées abdominales, mammaires internes, etc. Une veinule comprist' dans le ligament suspenseur du foie et dans le cordon des vaisseaui ombilicaux atrophiés, possède un rôle tout spécialement important. Elle s'étend du sinus de la veine porte à l'artère crurale, en suivant tantôt les veines sous-aponévrotiques, tantôt les veines sous-cutanée> abdominales. Le courant dirigé de haut en bas s'accuse par un frémissement sensible à la main et par un murmure continu perceptible au stéthoscope (Sappey). L'insuffisance manifeste de ces voies de dérivation collatérale du sang de la veine porte se traduit par Fascile qui n'en existe pas moins et qui s'accentue de plus en plus malgré les veines portes accessoires.
Dans un fait de cirrhose nous avons observé, entre les Ilots hépatiques, des canaux lymphatiques, volumineux, cylindriques, deO",i à 0"",5, situés au milieu du tissu sclérosé, et qui étaient remplis et distendus par des cellules lymphatiques.
Élal des canalicules biliaires interlobtUaires et de la circulûtio»