‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 2)Chapitre 108 sur 239 · COMMES SYPHILITIQUES · texte numérisé non relu

COMMES SYPHILITIQUES

kTrondis de tissu embryonnaire qui représentent de véritables petites rornmes.

Chei Vaditlte, on peut observer aussi accidentellement, chez des ndividus morts d'une maladie intercurrente, une cirrhose syphiliique anal(^ue, portant à la fois sur le tissu conjonctif péri-acineux >t sur le tissu conjonctif intei'trabéculaire dans les Ilots hépatiques. ^^ette hépatite interstitielle localisée ou généralisée précède la formation des gommes. Elle peut être compliquée d'une dégénérescence amyloïde.

Gommes syphilitiques. — Pendant la période tertiaire de la syphilis, \.t foie est souvent le siège de gommes. Celles-ci sont constituées par l'a^lomération de deux, de trois ou d'un plus grand nombre de

PMMffit dt4 Ivmewi de Vlrehow).

petites tumeurs de la grosseur d'un grain de millet à un petit pois on davantage, tumeurs anguleuses, de couleur jaunâtre, de consis- ^re très dure; elles sont entourées d'une zone épaisse de tissu conjonctif serré et dur qui leur forme une coque commune. Il ré-

suite de cet ensemble une masse plus ou moins volumineuse qni siège habituellement au Tond d'une dépression cicatricielle d« U surface du foie. Il existe souvent plusieurs de ces colonies de gommai entourées de leui' coque fibreuse dans un même fuie. Les dépressions cicalricielles montrent à leur jiiveau un épaississement île 1j

CmiluemaDl da atdianètm.

capsule de Glisson et, presque toujours aussi, des adhérences fibiviH ses qui y prennent leur point d'implantation et qui unissent le foi-' aux parties voisines. Sur une section de l'organe qui passe à IrauT* celte cicatrice et le groupe de gommes qui se trouve à sa partie pn>londe, on voit que le tissu fibreux rosé ou gris qui entoure les proittu lions caséeuses centrales se continue autour des lobules hépatiqn'voisins. Ce qui caractérise à l'œil nu les gommes et les diDèreacie de toutes les autres productions, c'est leur sécheresse, leur état jaune i caséeux, uni à leur grande dureté. Cette résistance élastique quVIii" ' opposent  la pression du bord tranchant de l'ongle les distingue île- | tubercules caséeux qui sont mous et leur sécheresse les diBërencic , des autres formes de tumeurs, du sarcome, du squirrbe, etc. , gui donnent, par le raclage, une assez grande quantité de suc.

GOHtlES SYPHILITIQUES ANCIENNES. 457

Le volume du foie atteint de gommes est (!:éiiéralement 1res diminué lorsqu'on l'ait l'autopsie, parce que, la lésion étanl ancienne, la péri-hépatite et la rctiactioD cicatricielle qui tes eotoureot ont amené une atrophie. Mais les choses peuvent être toutes diiïérenles au début de la syphilis hépatique. Le foie est même hypertrophié dans les périodes congestives et inflammatoires aiguës de la syphilis lerliaire.

D'après Lancereaux, Klebs et un certain nombre d'auteurs, les gommes hépatiques se résorbent quelquefois et laissent à leur place des dépressions cicatricielles. 11 n'est pas douteux que les nodules caséeux ne puissent élre résorbés en partie. Nous avons décrit (voy. (■ Lp. 338 et 329) des lacunes remplies de granulations graisseuses situées autour du centre caséeux des gommes et que nous avons regardées comme des voies lymphatiques (voy. fig. 161) servant à

' Tiita (ibnui brmtnl l'sDfcloppB d« ccIIbI» <I du (r*iiiiJa(»ni EnliHuxi ne de 11 eniiM. — GroaiiiHiuill da i

celte résorption ; mais il est difficile de croire que ces tumeurs puissent disparaître complètement.

Les gommes anciennes présentent, dans leur partie centrale caséeose, des éléments cellulaires petits, rapprochés les uns des autres, remplis de fines granulations et en dégénérescence granulograisseuse. Les vaisseaux y sont oblitérés; dans la zone fibreuse périphérique, on trouve du tissu conjonctif très serré et dense par-

couru par des vaisseaux sclérosés et coutenanl, entre ses fibres, soil des cellules rondes, soit des cellules aplaties.

Les gommes plus récentes du foie, dont nous arons donné U description (voy. 1. 1, p. 224) sont constituées par de petits nodules microscopiques {a, (ig. 162) dont le centre subit déjà une alrophi*

1, périphérie da M* w

et une dégénérescence granuleuse, tandis que les cellules rondes Ar la périphérie se confondent avec le tissu embryonnaire voisin. Vut grosse gomme est composée d'uir grand nombre de ces nodules. Oa

Fis. 163. — U Dtme pr4pinli

trouve quelquefois dans les gommes récentes ou à la périphérie de^ gommes anciennes, des cellules géantes qui sont toujours très rares à rencontre de ce qui se passe dans les tubercules.

Depuis que Klebs a décrit des bacilles particuliers dans les prt>duclions syphilitiques, et que plusieurs observateurs ont vérifié sa

CARCINOME. 459

découverte, nous avons cherché ces bâtonnels dans les syphilomes récents et dans les gommes, en particulier dans celles du foie, mais nous o*avons rien trouvé de caractéristique.

Tumeurs leucémiques. — Le foie des individus qui ont succombé à la leucocythémie présente plusieurs espèces de lésions. Il est généralement très volumineux et son poids peut atteindre jusqu'à i et 5 kilogrammes. On y rencontre d'abord de petits épanchements de globules blancs dont nous avons déjà étudié le mode de formation (Toy. 1. 1, p. 296). De plus, dans la leucocythémie ganglionnaire ou splénique et dans la lymphadénie généralisée, on y observe souvent des néoformations de tissu réticulé lymphatique, de véritables tumeurs dans le sens histologique, qui coïncident avec une congestion considérable de l'organe. Dans le cas de foie amyloîde, rapporté plus haut (p. 449), il y avait de ces lymphadénomes de nouvelle formation en assez grande quantité. Ces néoplasmes de tissu réticulé se montrent entre les lobules, autour des vaisseaux péri-lobulaires, et tout particulièrement suivant le trajet des branches de la veine porte.

Sarcomes. — Les sarcomes sont rares dans le foie. Ils ne s'y montrent pour ainsi dire jamais comme tumeurs primitives. Ceux qu'on y observe sont surtout des sarcomes mélaniques. Les sarcomes non mélaniques sont exceptionnels dans le foie parce que les tumeurs primitives de cette espèce sont très peu communes dans les organes d'où partent les radicules de la veine porte.

Carcinome. — Les tumeurs carcinomateuses et épithéliales sont rarement primitives dans le foie ; elles succèdent habituellement à des tumeurs de même nature de l'estomac, de l'intestin, du rectum^ du péritoine, des ganglions lymphatiques, de l'utérus, des testicules, da sein, etc., ou de la vésicule biliaire. La vésicule biliaire et les voies biliaires peuvent , en effet, être le siège de cancers primitifs qui se généralisent ensuite à tout le foie. Souvent même les nodosités cancéreuses du foie sont si considérables et la lésion de la vésicule si peu étendue, qu'un observateur peu expert pourrait croire <iii*il s*agit d'une affection primitive du foie, tandis que c'est le contraire qui est la vérité.

Les carcinomes secondaires du foie ont en effet ceci de particulier

460 ForE.

qu'ils offrent un développement considérable, que le foie esl infiltré, par exemple, de masses morbides pesant S ou 8 kilogrammes et plus, landis que la tumeur primitive siégeant à l'estomac, par exemple, consistera en un encéphaloïde ulcéré, à peine large comme le nvuï de la main. Et cependant il n'est pas douteux, en raison de la sour* francc antérieure de l'estomac et des signes dûment constatés du cancer stomacal datant d'un ou de deux ans, tandis que rhypertrophie du foie s'est faite seulement pendant le dernier mois de la maladie et sous les yeux du médecin, il n'est pas douteux que le carcinome stomacal ne soit primitif.

Le foie est de tous les organes de l'économie celui dans lequel 1«^ productions carcinomateuses secondaires sont les plus communes. El comme c'est une loi absolue que les nodosités secondaires poss^dent la même structure que la tumeur primitive, il en résulte qu'on trouvera dans le foie toutes les variétés connues du carcinome, ^quirrhe, encéphaloïde, carcinome hématodeou télangieclode, cairinomè colloïde, carcinome mélanique.

Le carcinome primitif présente une masse considérable hom(^èoe, sans vestige du tissu hépatique à son centre. Celui-ci est formé par un tissu carcinomateux plus ou moins ancien, souvent jaunâtre, opaque et uniformément dégénéré. Au pourtour de la tumeur, od constate des noyaux carcinomateux d'infection secondaire développa par voisinage. Toutes ces tumeurs donnent du suc laiteux à la coup et présentent au microscope la structure typique du carcinome, c'est-à-dire des cloisons de tissu conjonctif formant un réticulum el limitant des espaces qui communiquent les uns avec les autres. Les lacunes de ce tissu sont remplies de grosses cellules polyédriqu**>. de forme très variée, en raquette, allongées ou ovoïdes ou spliériques, claires, contenant un ou plusieurs noyaux munis eux-mènif'^ de gros nucléoles réfringents. Les cloisons qui correspondent >a réticulum cellulo-vasculaire du foie sont parcourues par des ^'ai>seaux capillaires.

Dans le carcinome secondaire, au lieu de trouver une masse codsidérabie infiltrée en nappe dans une grande étendue du foie, ainsi que cela a lieu dans l'exemple précédent, on observe une grande quantité d'Ilots qui sont tous à peu de chose près du même âjre et répandus presque uniformément dans tout l'organe. Ces nodules secondaires de forme sphérique ont un volume qui varie entre un grain de mil et une noisette ou une noix. On comprend que, si le carcinome primitif est très voisin du foie, s'il siège par exemple i

CARCIMOIIE. 4Ci

resiomac ou a la vésicule biliaire, la partie de cet organe adjacente à la tameur primilive sera la plus altérée.

Les nodosités développées à la surface font une saillie hémispliélique, la moitié de la tumeur débordant sous la capsule de Glisson, pendant que Tautre moitié siège dans le parenchyme de Torgane. Il en résulte une série de reliefs, dont le centre est généralement affaissé en cnpule. Cette dépression centrale est causée par la dégénéres- <'eQce graisseuse et par Tatrophie des éléments cellulaires.

Le foie atteint de carcinome secondaire ou de carcinome primitif ^>t généralement très volumineux, surtout lorsque la tumeur est t'océphaloide. Il dépasse de beaucoup le bord inférieur de Ja paroi fX)stale, et Ton peut par la palpation et la dépression de la paroi .ibdominale sentir les inégalités de sa surface convexe et de son bord ^intérieur qui débordent les fausses côtes.

La pression exercée par ces tumeurs sur les branches ou sur le ironc de la veine porte détermine une ascite, qui habilueilement a'empécbe pas le diagnostic par la palpation. Lorsque en eiïct la paroi est modérément tendue par Tépanchement, on la déprime avec le bout des doigts enfoncés perpendiculairement à sa surface, et Ton .<ent parfaitement ainsi les nodosités cancéreuses lorsqu'elles existent au niveau du bord antérieur du foie.

Nous ne pouvons décrire ici, dans tous leurs détails, les caractères histologiques des variétés diverses du carcinome hépatique, car ce ^rait faire Thistoire complète du carcinome, mais nous devons «'(udier quelques-unes des particularités propres à son siège dans le oie et à son mode de développement dans cet org<ine.

Ine lésion très remarquable du cancer hépatique est celle qui tient àrenvahissement et à la réplélion par le tissu morbide des branches afférentes, du tronc, et des divisions de la veine porte. Nous avons euToccasion de voir plusieurs fois, à la suite d'un cancer hématode ou lélangicctode de Teslomac, une formation de tissu cancéreux de iDème nature dans la veine porte.

Dans cette variété du carcinome, les réseaux des capillaires ectasiés ^tles dilatations anévrysmales qui s'y produisent sont très faciles a reconnaître à Toeil nu comme des lignes sinueuses ou des points n)uges isolés. Dans les faits que nous avons étudiés, la tumeur slomaealc ulcérée, siégeant près du pylore, présentait à sa surface péritonéale des cordons sinueux ayant la grosseur de plumes de corbeau et de plumes d'oie, cordons pleins qui n'étaient autres que des l^ranches afférentes de la veine porte faciles à suivre jusqu'au tronc

de celle veine. Incisées, ces veines se montraienl remplies d*un iissn carcinomateux mou, comme la lumeur primilive, el dans ce tissu semi-liquide et blanchâtre on voyait des capillaires dilatés semblables à ceux de la tumeur stomacale. Ces vaisseaux capillaires bourgeonnaient de la surface interne de la cavité des veines et iU étaient souvent très longs, couchés dans le sens du courant sanguin. La paroi de la veine , encore reconnaissable du côté de 1j surface péritonéale de l'estomac, bien qu'infiltrée par les éléments nouveaux, se confondait du côté de l'ulcération stomacale avec le tissu carcinomateux, et cette paroi était totalement transformée eo alvéoles remplis de cellules. L'altération ne se bornait pas là: le iront de la veine porte el toutes ses branches hépatiques étaient rempli> des mêmes éléments, tissu cancéreux et vaisseaux dilatés nés de b paroi altérée des veines ou venus d'un point inférieur et végétant dans la cavité des vaisseaux situés au-dessus comme le font certaines racines dans les conduits de drainage. Il résultait de celte disposition que, sur une coupe du foie, on voyait, autour des ilôts hépatiques, la section des veines portes interlobulaires remplies dr* suc cancéreux qu'on en faisait sortir par la pression.

Dans une autre série de faits, il est assez fréquent que des carcinomes des ganglions lymphathiques, soit primitifs, soit secondaires, ou des tumeurs des autres organes voisins de la veine porte se propagent à la paroi de cette veine et déterminent la formation dt* boui*geons cancéreux flottant dans la lumière du vaisseau. Nou^ avons eu plusieurs fois l'occasion d'être témoins de ces faits : un ganglion lymphatique cancéreux et très hypertrophié confine, en un point, à la paroi veineuse; une adhérence intime s*y eflectue par une surface assez large ; la paroi de la veine s'épaissit en ce poini et le tissu conjonclif de la tunique externe se transforme en tissu carcinomateux; la tunique moyenne, puis l'interne, s'altèrent de la même façon, de telle sorte qu'une tuméfaction limitée due «i ct^iw néoplasie fait saillie dans la lumière de la veine. L'endothélium vasculaire prolifère à ce niveau. Plus tard, le tissu du bourgeon cano'*reux, devenant de plus en plus proéminent, se ramollit et se dê^v grège sous l'influence du courant sanguin qui entraîne du roté du foie des fragments devenus de véritables emboles cancéreux. (leuv oi, arrêtés dans un rameau interlobulaire, deviendront à leur tout lo point de départ de tumeurs secondaires.

Plus tard, le néoplasme, né sur la veine porte, s'ulcère, et il en rt^uho une perte de substance des tuniques veineuses, si bien que !«•

CARCINOME MÊLANIQUE. 463

lissu cai-cinomateux voisin en constitue la paroi. Le mécanisme de la production de ces carcinomes de la veine porte est facile à comprendre. On les désigne quelquefois par un mot qui n'est pas absoumeot exact : on dit que le carcinome voisin de la veine porte a )erforé ses tuniques et s'est ouvert dans sa cavité. On doit dire au contraire que la paroi est devenue, par la propagation de la tumeur voisine, le point de départ d'un bourgeon carcinomateux qui s'est ulcéré ultérieurement. La perforation de la veine est la conséquence de l'infiltration et du bourgeonnement cancéreux de ses tuniques, puis de leur ramollissement.

Plusieurs observations de carcinome mélanique du foie rapportées par des auteurs allemands montrent que les capillaires de l'îlot hépatique sont alors remplis par des éléments cellulaires de la tumeur. La direction radiée de ces capillaires et la pigmentation des cellules ont fait donner à cette variété le nom de cancer radié, pigmenté (Rindfleisch).

Nous avons analysé un cas de carcinome mélanique secondaire du foie, provenant de la clinique de M. le professeur Gosselin, dans lequel le néoplasme paraissait au premier abord irrégulièrement infiltré dans tout Torgane. Sur les coupes examinées au microscope, la plupart des vaisseaux appartenant à la veine porte avaient un diamètre beaucoup plus considérable qu'à l'état normal et une forme «yliodrique : leur paroi était le siège d'une infiltration de grosses cellules, leur tunique interne présentait des bourgeons de tissu onjoQctir infiltré lui-même de cellules volumineuses. Ces bourgeons remplissaient tout le calibre du vaisseau, ou bien ils laissaient une lumière centrale contenant des cellules libres et du sang. Les éléments cellulaires étaient plus ou moins pigmentés en brun. Presque tous les vaisseaux étaient altérés de la même façon. Les artérioles hépatiques n'étaient pas le siège d'une endartérite carcinomaleuse 3ussi intense, mais elles montraient sur leur surface interne des «'ouches de cellules endothéliales dont quelques-unes étaient pigmentées. Certains Ilots hépatiques étaient complètement transformés "Q ilôts carcinomateux : la forme circulaire de ces lobules était con- ^<*r\ée; leurs branches portes interlobulaires étaient reconnais- '^bles, bien qu'atteintes de l'endophlébite précédemment décrite. La ^eine centrale et les capillaires radiés de l'Ilot étaient en place et à P^u près sains; mais les réseaux des cellules hépatiques étaient remplacés par des nids de cellules à gros noyaux et à gros nu- 'l^oles, et le protoplasma de la plupart de ces cellules était pig-

mente. Le tissu ronjonclir épaissi qui accompagnait les vaisseain formait le stroma des alvéoles carcinomaleux. On reconnaissait uus.s très bien, à leur direction et à leur siège, les canalicules biliaire^ interlobulaires; mais leurs petites cellules cubiques étaient rempbrées par de grosses cellules à noyaux volumineux et à nucléolt^N réfringents, et leur calibre était augmenté. Il était difficile de voir im plus bel exemple de la participation de toutes les parties du foie au développement d'une tumeur.

Il ne faudrait pas croire, du reste, que la dégénérescence ranri^reuse des parois des veines, que leur remplissage par du tissu cancéreux et que les embolies veineuses et capillaires consécutive^ constituent le mode de développement habituel du carcinome secondaire du foie. Le plus souvent, au contraire, les nodules railiaire5rt récents siègent dans le tissu conjonctif périlobulaire, autour A*^ petites divisions de la veine porte, et ils reconnaissent pour cauyt une néoformation de cellules entre les faisceaux de fibres du tis$u conjonctif. Les veines présentent alors quelquefois une inDammalioc caractérisée par la formation de nombreuses cellules endothéliales â leur surface interne. Cette dernière lésion pourrait tout aussi bien Aire regardée comme la conséquence du développement d'un nodule cancéreux du tissu conjonctif que comme sa cause. Rindfleisch attiibu^ à la prolifération des cellules hépatiques le plus grand rôle dans la genèse du carcinome du foie. Nous ne croyons pas que ce mode de formation soit aussi commun. Mais il n'en est pas moins vrai que?i l'on connaît certains faits de développement du carcinome du foie, il y a encore bien des inconnues à résoudre et, en particulier, on n'a pas étudié le rôle des vaisseaux lymphatiques au début de fe^ tumeurs. On a dit que les cellules du carcinome hépatique reproduisaient la structure et la forme des cellules normales du foie ; nou> n'avons pu observer une telle analogie : les cellules du carcinome hépatique sont, comme partout, claires, munies de noyaux ovoïdes très volumineux, de nucléoles brillants, etc.; elles ne ressemblent eo rien aux cellules hépatiques et ne contiennent pas les granulatioo> qu'on rencontre dans le protoplasma de ces dernières.

b^PirnÉLioHG A CELLULES CYLINDRIQUES. — L'épithéliome à cellub cylindiiques (voy. 1. 1, p. 326) s'observe assez souvent dans le (ow tHUisoculivemonl aux tunieui*s de même nature développées priraiiivomtMit dans l'estomac, dans l'intestin grêle, dans le rectum et dan> la vésicule biliaire. A l'œil nu, les tumeurs de ceUe variété offrenl b

mêmes caractères que l'encéphaloïde, c'est-à-dire qu'elles consisteol PD des Dodules plus ou moÎDs volumineux et de coasistaace molle JoDDaDt beaucoup de suc laiteux. Elles peuvent aussi revêtir l'aspect du cancer colloïde par suite d'une transformation colloïde partielle uu très étendue des cellules, aspect que présentent alors aussi les lumeurs primitives. Pour déterminer la nature de ces tumeurs, il est Décessaire de les Faire durcir dans l'alcool absolu ou dans le liquide de Mûller, la gomme et l'alcool ; si l'on se conlentait de l'examen par le raclage, on ne potirrait pas voir la forme lubulée du néoplaïTOe. Sur les sections obtenues après durcissement, on observe des tubes sectionnés en long ou en travers, ou des cavités ovoïdes qui sont tapissées d'une couche de cellules cubiques ou cylindriques. Ces élémeuts reproduisent iîdèlement dans leur disposition la structure de la tumeur primitive. II n'est pas possible de démontrer une membrane isolable autour de ces productions tubulées; elles sont loul simplement limitées par le tissu conjonctif voisin. Le centre des lobes montre une lumière ou cavité bien nette. Les parties colloïdes de la tumeur offrent les mêmes tubes et les mêmes cavités tapissés d'une couche de cellules ayant subi la dégénérescence colloïde.

^DÉNOHE. — Nous avons donné plus haut (p. 438) la description i-omplèic de l'adénome hépatique, que nous avons considéré surtout «inime une complication de la cirrhose. Pour ce qui est des nodules isolés saillants sous la capsule de Glisson (voy. fig. 164), à la surface du foie, et reproduisant la structure d'un llol hépatique, ce >ODt moins des adénomes ayant de la tendance à s'accroître que des vicKs de développement et de conformation remontant à la vie intra-Qiérioe et n'offrant qu'un intérêt purement tératolo^ique

Kystes séreux. — La putréfaction avancée du foie et le développement de vacuoles contenant des gaz et du liquide sous la capsule de Glisson et dans la profondeur du foie a pu en imposer au premier abord pour des kystes séreux. Il ne faudrait pas non plus prendre pour des kystes de celle nature les cavités qui se rencontrent parfois au milieu des nodules carcinomateux et sarcomateux.

Les kystes séreux du foie sont assez rares. Ils se présentent habituellement sous la forme de petites vésicules de la grosseur d'une tête d'épingle à un petit pois, spbériques ou ovoïdes, siégeant sous la capsule de Glisson ou au milieu de l'organe, dans les travées qui accompagnent les vaisseaux portes. Ils atteignent rarement le volume d'une noisette ou d'une noix. Ils sont ordinairement groupés en ilôts, possèdent une paroi fibreuse mince et contiennent un liquide clair et transparent. Parfois ils communiquent largement entre eux et forment ainsi un kyste mulliloculaire.

Il est facile de suivre le développement de ces kystes, surtout lorsqu'ils sont petits et multiples. Sur des coupes, on voit en effet, dans certains des espaces portes, les canalicules biliaires périlobulaires dilatés, entourés d'une zone de tissu conjonctif qui finit par les isoler. Les kystes ne sont autres que des canalicules biliaires isolés et distendus au milieu du tissu fibreux. Ils sont tapissés à leur surface interne par des cellules épithéliales cubiques ou plates.

Kystes biliaires. — On rencontre assez souvent à la surface du foie des kystes contenant du sable biliaire. Le revêtement interne de ces kystes consiste en une seule couche de cellules épithéliales plates. Le tissu conjonctif qui les entoure se poursuit à la périphérie des lobules voisins, et constitue une cirrhose locale. Dans le tissu sclérosé, les canaux biliaires présentent la même lésion que dans la cirrhose généralisée (voy. t. II, p. 426).

Kystes hydatiques, — Les kystes à échinocoques, qui sont assez <ommuns dans le foie, forment des tumeurs volumineuses, habituellement saillantes, soit à la partie supérieure de la surface convexe (lu foie sous le diaphragme, soit à sa face antérieure ou situées dans sa profondeur. On y trouvé, en allant de dehors en dedans : l** une enveloppe fibreuse épaisse ou membrane adventice, dont la structure est celle du tissu fibreux à lames parallèles et à cellules aplaties. Cette membrane fibreuse se continue avec le tissu conjonclil

KYSTES HYDATIQUES. 467

épaisEÏ qui eutom-e les ilols hépatiques, en rormaDl une cirrliose périphérique à la tumeur; les lobule? hépaliques voisins sont aplatis par rompressioD ; 2° en dedans se trouve la membraoe hydatique mmplèle, sphérique et lendue dans les productions récentes, llé- Irie, ridée cl déchirée dans les kystes anciens. Cette membrane est caraclérisée par ses lames réguliéi'es, toutes parallèles entre elles ifig. 165), formées d'une substance hyaline, sans aucun élément cellulaire interposé. A l'intérieur de cette membrane dont la cassure

Fis. ttS. ~ S«lisa lnitT«r»ls dune nwnibn» hjdilEqiii itcc m* UnaUn a, t.

Belle, ta décomposition en lamelles, l'aspect vilreux sonl absolumenl caractéristiques (voy. t. [, p. 382 et suiv.), on trouve des vésicules filles entoun'îes d'une membrane analogue généralement plus mince. Ces vésicules, dont le volume varie depuis une lète d'épingle jusqu'à un œuf de poule, sonl très régulièrement sphériques. Elles costiennent un liquide séreux sans albumine, et de petits grains qui oe sont autres que des érhinocoques. Souvcol on n'y obset*ve pas J'échinococques, on dit alors qu'elles sont stériles; 3' les échinoco- <]ucs sont de petits vers vésiculaircs formés par une vésicule adhérente à la membrane germinale et au milieu de laquelle se montre la lète de t'animai caractérisée par un probo.scide, une double rangée de crochets et quatre ventouses.

Leséchinocoques sont les vers vésiculaires du Tœnta echinot:occus qui fit dans l'intestin du chien. Les œufs de cet animal mis en liberté avec les matières fécales du chien, ingérés a^'ec l'eau ou les aliments, perdent dans l'estomac de l'homme leur membrane d'enveloppe, el l'embryon devenu libre perfore les tuniques de l'estomac pour se 1(^er dans les organes voiï^ins ou éloignés et y subir la seconde phase Hc son développenient (voy. 1. 1, p. 382 el suiv.).

Lorsque les kystes hydaliques, ayant achevé leur développem^ii dans le foie, y séjournent encore, ils reviennent sur eux-mêmes, les membranes hydatiques se rompent et se fragmentent; elles iOû\ alors comprises dans un liquide opaque, épais, riche enseUdc chaux, rendu ocreux ou rougeâtre par la présence des matières colorantes de la bile et du sang. Les échinocoques se sont détruits om fragmentés ; souvent il ne reste que leurs crochets. On trouve qudquefois de ces anciens kystes hydatiques dont Tenveloppe fibreuse a subi rinfiltration calcaire et même une ossilication paitielle. . Une autre variété de tumeurs hydatiques du foie a été décrite par Friedreicli, Yirchow, etc., sous le nom de tumeur hydaiique mnltiloculaire. M. Carrière en a donné une description dans sa thè$^ (18G8) d'après un fait que nous avons également examiné. Os tumeurs sont composées de petits kysfes hydatiques disposés dans ud stroma fibreux. Chaque kyste est formé d'une membrane caracléris«^»î par ses lames hyalines parallèles; on peut y rencontrer soit des échinocoques complets, soit seulement des crochets. Ces tumeurs ont une légère ressemblance avec le carcinome colloïde ; Texaraen microscopique lèvera immédiatement tous les doutes.

Les kystes hydatiques en voie d'accroissement peuvent airiver à un volume tel, que la tumeur occasionne des accidents qui exigent l'intervention chirurgicale. D'autres fois ils déterminent à leur niveau une péritonite limitée et des adhérences entre le foie et W diaphragme, la paroi du ventre, le gros intestin, le duodénum, ett* Ils peuvent alors s'ouvrir dans la plèvre et le poumon, dans l'intestia. dans la vésicule biliaire ou les conduits biliaires. On a même citr quelques cas de perforation de la veine porte. Lorsque Touveiture a lieu dans le péritoine, il en résulte une péritonite mortelle.

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