ACCIDENTS CONSÉCUTIFS AUX CALCULS BILIAIRES
même les oblitérations complètes de ces canaux qui peuvent même êti*e U'ansformés en cordons fibreux, comme cela a été observé par Aodral.
On trouve quelquefois, mais rarement, des excroissances papillaires de la muqueuse des conduits à la suite de TinflammatioD^
Loi*squ'un calcul volumineux s'esteog^Ké dans le conduit cystique, puis dans le conduit cholédoque, î( peut être arrêté dans la portion duodénale étroite de ce dernier. S'il éprouve quelque difficulté à passer, sa présence seule ou les contractions des conduits et de la vésicule donnent lieu aux symptômes de la colique hépatique. Mais il peut aussi en résulter des accidents inflammatoires plus graves s'il séjourne en un point du canal où il s'enchatonne. La bile ne peut plus passer, d'où ictère; Tinflammation de la muqueuse et du tissu soQs-muqueux, qu'il détermine par son contact, se propage aux organes voisins, au péritoine notamment. Il en résulte souvent une inflammation suppurative ou nécrosique limitée qui amène la perforation. Si le calcul est arrêté près du duodénum, la mortification d une partie de la muqueuse et de la paroi aura pour conséquence heureuse le passage du calcul dans l'intestin; mais, si la perforation se fait dans le péritoine, il en résultera une péritonite mortelle.
Consécutivement au séjour prolongé dans le canal cholédoque ou dans les canaux hépatiques de calculs trop volumineux pour être eipulsés, il se produit une rétention complète de la bile et une dilatation des canaux situés en arrière de l'obstacle. Si cet état dure pendant un certain temps, les canaux dilatés s'épaississent et s'entourent d'une couche épaisse de tissu fibreux; leur contenu muqueux, séreux, décoloré, ou encore teinté par la matière colorante de la bile, renferme souvent des concrétions biliaires de dimension variable. Les plus gros des canaux biliaires situés immédiatement en arrière de l'obstacle sont souvent les seuls qui subissent ces lésions, car elles ne se propagent pas fatalement à tout l'ensemble des voies d'excrétion de la bile. On trouve cependant quelques kystes contenant de la bile plus ou moins décolorée en divers points du foie. L'épaississement fibreux qu'on note autour des canaux dilatés reste local, et cette cirrhose partielle ne s'étend pas à tout le tissu fibreux des espaces portes ni des veines sus-hépatiques. Les Ilots hépatiques sont tous cependant plus ou moins infiltrés de bile; leurs cellules sont chargées de pigment biliaire. Mais cette rétention biliaire qui est complète et ces lésions des canaux comparables à la ligature expéri-
mentale du canal cholédoque n'amènent pas une cirrhose généralisée, ainsi que nous l'avons déjà dit précédemment (voy. p. 434).
Les canaux biliaires interiobulaires, invisibles à l'œil nu, sonl altérés dans beaucoup de maladies du foie : dans la cirrhose (p. 422 et suiv.), dans Talrophie jaune aiguë (p. 383), dans les masses cancéreuses ou dans leur voisinage , dans l'empoisonnement par le phosphore (0. Wyss), dans les hépatites parenchyraateuses, et à plus forte raison dans les hépatites suppuratives. Dans les hépatites parenchymateuses de la lièvre puerpérale, de la variole, etc., nous avons vu une infiltration du tissu conjonctif périvasculaire par des cellules lymphatiques et en même temps un catarrhe des petits canaux compris dans le tissu enflammé.
Ces lésions inflammatoires des canaux biliaires qui aboutissent à une sécrétion muqueuse abondante, et à la formation de cellules qui les remplissent, ont certainement pour effet d'empêcher la bile sécrétée par les cellules hépatiques de parvenir jusqu'au canal cholédoque. Il en résulte une rétention de la bile. Dans les tumeurs hépatiques, la déviation, l'aplatissement et la compression des canaui biliaires entrent aussi pour une part dans la production de l'ictère par rétention de la bile.
Un autre accident assez rare de l'inflammation des conduits biliaires consiste dans les hémorrhagies de leur muqueuse. Elles surviennent soit dans la cirrhose, soit dans le cancer du foie ou Hdflammation simple (Quinquaud, thèse de Ferray). Des hémorrhagies accidentelles peuvent se montrer aussi à la suite des abcès du foie; dans un cas rapporté par Lebert, elles se sont produites à la suite de la rupture d'un anévrysme de l'artère hépatique dans la vésicule biliaire.
Tumeurs de la vésicule BiLiAmE. — D'après Rokilansky, il se forme quelquefois du tissu adipeux dans le tissu conjonctif souspéritonéal de la vésicule biliaire dans la polysarcie.
Des carcinomes et des épithéliomes à cellules cylindriques se développent dans la tunique muqueuse de la vésicule.
L'histoire du carcinome de la vésicule est de date relaliveraeni récente, et cependant ce n'est pas une afl^ection absolument rare, car chaque année on en présente plusieurs faits à la Société anatomiquc. 11 peut être primitif ou secondaire ; ce dernier succède à un carcinome du foie, de l'estomac, de l'intestin ou des ganglions voisins Le carcinome primitif de la vésicule est le plus souvent un carcinome