HTPÉRÉHIE DE LA RATE DANS LA FIÈVRE TYPHOÏDE
dire la destruction et la formation des globules sanguins. Nous ne connaissons pas ces modifications intimes du sang dans la rate suivsmi chaque maladie fébrile infectieuse. C'est là un sujet d*études fort important réservé à l'avenir.
Dans la plupart des hypertrophies congestives aiguës observées dans les maladies infectieuses, la rate est molle ou peu tendue, et sa pulpe n'a pas une couleur rouge foncé, mais rosée, ce qui est en rapport avec le grand nombre des globules blancs que renferme le sang.
Dans les fièvres intermittentes ^ la rate peut être tuméfiée dès le premier accès ; cette hypérémie passe pendant Tapyrexie pour revenir à chaque accès, et bientôt la tuméfaction devient persistante. La congestion splénique, dans ces fièvres, s'accompagne toujours de la destruction des globules rouges dans la rate, et de la pigmentation du tissu splénique. Lorsque la maladie a duré un certain temps, et ({u'il survient une cachexie palustre, la rate n'est plus seulement congestionnée, elle est aussi indurée et atteinte d'une sorte de cirrhose avec pigmentation. Nous décrirons bientôt cet état.
La fièvre typhoïde est une des maladies fébriles infectieuses qui atteignent le plus constamment la rate. Dans cette maladie, elle est presque toujours hypertrophiée et possède souvent un volume au moins deux fois plus considérable qu'à l'état normal. Chez l'adulte, celte augmentation de volume est moindre que chez les enfants, parce que chez ces derniers, la capsule splénique est moins dense, moins épaisse et par suite plus extensible. La capsule est tendue et amincie. Une section de l'oi^ane montre qu'il est infiltré de sang, de couleur brune, ou, plus fréquemment, de couleur rosée. Les corpuscules de Malpighi sont quelquefois très apparents et volumineux ; d'autres fois ils sont invisibles, ce qui parait surtout dû ^u ramollissement cadavérique. La consistance de la rate est généralement moindre qu'à l'état normal. Lorsqu'on examine au microscope, du dixième au quinzième jour de la maladie, à l'état frais, les éléments cellulaires de la pulpe splénique dans le picrocanninate, on trouve, au milieu des globules rouges, des cellules lymphatiques tuméfiées, dont le protoplasma est granuleux et mou, et qui présentent souvent plusieurs noyaux. Une grande quantité de ces cellules lymphatiques contiennent un ou plusieurs globules rouges dans leur protoplasma. On peut compter deux, trois, quatre ^\- jusqu a huit ou dix globules rouges dans une seule cellule lymphatique. Le noyau ou les noyaux de ces grosses cellules sont
parfaitement visibles. Les globules rouges englobés dans le proloplasma sont tantôt de volume normal et bien reconnaissables à le&i contour, à leur couleur, à l'aspect homogène de leur masse; taniâ ils sont petits, ne mesurant que 3 ou 4 millièmes de milliniètrt . tantôt ils sont granuleux et ne se laissent reconnaître qu'à la couleur jaunâtre des granules qu'ils présentent. Les grandes cellules endothéliales des veines nous ont paru toujours normales; cepeadain Billroth a constaté une prolifération de leurs noyaux dans la fièm typhoïde.
Le nombre des cellules lymphatiques dont le protoplasma englobe des globules rouges est considérable dans la fièvre typhoïde, si bien que dans une goutte de la pulpe obtenue par le raclage on pourrai: en compter une centaine.
Sur les coupes, après durcissement dans le liquide de Mûller, la gomme et l'alcool, on peut s'assurer facilement que les grande; cellules contenant des globules rouges siègent dans rintérieurde" veines de la pulpe.
Vers la fin de la maladie, la rate diminue de volume ; sa surfac»» de section est de couleur brune et moins riche en sang. L'examen microscopique ne montre plus de cellules en prolifération ; vm les cellules lymphatiques contiennent des granulations graisseuses (Fœrster) et du pigment rouge ; des granulations pigmentaires existent en liberté dans la pulpe.
La lésion de la rate dans la fièvre typhoïde n*est, ainsi qu'il résulte de ce qui précède, ni une congestion ni une inflammation simples; sous l'influence des bactéries de la fièvre typhoïde ou des modifications de la composition du sang déterminées par elles, il se fait um: congestion avec accumulation de globules blancs et, en même tempN une destruction des globules rouges qui sont mangés par les globules blancs.
Dans les congestions très intenses liées à la fièvre intermittente ei à la dothiénentérie, on peut trouver aussi de véritables épanchemenu sanguins en foyer; dans un assez grand nombre d'observatiooii on a noté des ruptures de la rate. La fièvre typhoïde s'accompagne quelquefois d'infarctus spléniques.
Une congestion chronique de la rate s'observe toujours dans les maladies du foie, accompa^ées de la gène de la circulation dans b veine porte, et dans les maladies du cœur avec obstacle à la circulation du sang veineux. La pression du sang dans la veine spléoiqu<^ ost augmentée, et il en résulte une stase sanguine avec hypertrophi*'