HTPÉRÉHIE DE LA RATE DANS LES MALADIES CARDIAQUES
ingestive de la rate. Cependant les maladies du cœur constituent
le cause moins intense d'hypertrophie de la rate que les maladies
ironiques du foie, la cirrhose en particulier.
Il est rare que des congestions chroniques ne s'accompagnent pas
un certain degré de splénite interstitielle avec induration et épais-
ssement de la capsule, avec ou sans pigmentation des éléments du
ssusplénique.
Dans les maladies chroniques du cœur la capsule de la rate est resque toujours dure et épaisse; à sa surface il existe alors de otites végétations, ou des plaques fibreuses d'apparence cartilagiiforme. Son volume est normal ou accru. Le tissu splénique, exaûné sur une section, est de la couleur du sang veineux et rougit à 'air en s'oxygénant. La surface de la coupe est plane et ne s'afûsse pas; elle donne peu de boue splénique par le raclage, et elle I me certaine fermeté. Cependant on peut la déchirer avec Tongle. ii)rsqa'on regarde de près la surface de section, on voit, sur le fond rouge, les travées fibreuses et les vaisseaux beaucoup plus apparents qu*i l'état normal. Ces travées sont en effet épaissies et très riches en fibres de tissu conjonctif. Les artérioles de la rate sont dures et leurs parois sont épaisses. Leur tunique interne est fréquemment le siège d'une endartérite, surtout lorsqu'il existe des léâons athéromateuses de l'aorte, et leur membrane externe est oralement augmentée d'épaisseur. Le tissu réticulé de la pulpe et des coq)uscules ne présente généralement pas d'altération notable de ses fibrilles. Le système capillaire et veineux de la rate est distendu par le sang.
Dans les maladies qui amènent une gène dans la circulation du sang de la veine porte, et en particulier dans la cirrhose hépatique j la raie très hypertrophiée, ayant au moins le double de son volume normal, possède, comme dans le cas précédent, une capsule épaissie ; les végétations formées sur le feuillet péritonéal qui la recouvre ^nl habituellement très nombreuses ; cette péritonite est en rap- JOTl ;ivec l'ascite et avec l'inflammation péritonéale subaiguê qui accompagnent si souvent la cirrhose. Sur une surface de section, la ïîte est de la couleur du sang veineux ; ses cloisons flbreuses sont habituellement épaissies.
^ bouillie splénique montre souvent des cellules lymphatiques avec du pigment brun ou noir dans leur protoplasma autour des
noyaux. Les cellules endothéliales des veines de la pulpe présenlcDi souvent aussi des granulations pigmentées dans leur protoplasma. Les veines de la pulpe examinées sur des coupes sont habituellement plus élargies qu'à Tétat normal. Les travées conneclives qui partent de la capsule et les trabécuies du tissu réticulé de la pulpe sont normaux, à moins qu'ils ne soient un peu épaissis. L'hypertrophie de la rate est donc alors due surtout à la distension des veines et un peu à Tépaississement des travées fibreuses. Les cellules lymphatiques ne sont pas en plus grand nombre qu'à Télat normal.
Splénite interstitielle. — Les congestions chroniques de la rate aboutissent, comme on le voit par les exemples précédents, à une formation nouvelle de tissu conjonctif qu'on peut regarder comme la marque d'une inflammation ou irritation lente analogue à la cirrhose du foie et à la pneumonie interstitielle. Aucune maladie ne présente cette lésion à un degré aussi avancé et aussi intense que la cachexie palustre, La rate des sujets atteints de cette cachexie est très variée comme aspect. Tantôt elle est rouge ou rosée sur une surface de section, tantôt elle présente une couleur brun ardoisé; les cloisons, ainsi que la boue splénique, peuvent être de couleur brun noirâtre. Ces différences de couleur proviennent du plus ou moins de pigment contenu dans le tissu conjonctif et dans les globules blancs du sang splénique. Une lésion à peu près conslanle, dans tous les cas de fièvre intermittente ayant duré un certain temps , c'est Tépaississement fibreux et l'induration de la capsule qui est en même temps couverte à sa surface de. productions inflammatoires. Celles-ci consistent dans des granulations saillantes, très denses et souvent d'aspect cartilagineux, et dans les végétations villeuses ou les fausses membranes flottantes dont nous avons déjà parlé plusieurs fois. Ces fausses membranes sont vascularisées, tandis que les granulations aplaties qui constituent de petits llbroines à lames parallèles (voy. t. I, p. 188) ne possèdent pas ou possèdent très peu de vaisseaux. La rate est presque toujours très hypertrophiée; lorsqu'elle est pigmentée, il n'est pas rare que son grand diamètre mesure de 20 à 25 centimètres. Toutefois elle peut être très fortement pigmentée tout en ne dépassant pas 15 centimètres. Elle est alors indurée ; elle résiste à Técrasement et à la déchirure qu'on essaye d'y produire avec le bord tranchant de l'ongle. Dans la pulpe extraite par le raclage d'une rate dont la surface est rouge ou
SPLÉKITE INTERSTITIELLE DANS LA FIÈVRE PALUSTRE. 501
rosée, on rencontre quelques cellules lymphatiques contenant des granulations pigmentaires noires ou brunes; dans les rates indurées et pigmentées on trouve une très grande quantité de cellules lymphatiques infiltrées de ces granulations. Celles-ci sont tantôt brunes et brillantes lorsqu'elles sont fines et qu'on les examine avec un fort grossissement, tantôt elles sont plus volumineuses, noirâtres ou tout à fait noires. Elles sont incluses dans les cellules lymphatiques, mais elles sont aussi quelquefois libres dans le liquide sanguin. Ces cellules ne contiennent habituellement qu'un seul noyau. Les grandes cellules endothéliales de la paroi interne des veines renferment aussi assez souvent du pigment brun ou noirâtre, mais sous forme de fines granulations et non sous forme de gros grains.
Lorsque la rate a été convenablement durcie, les coupes montrent que les travées fibreuses étendues de la capsule au centre de la raie^ sont épaissies à un degré variable. 11 s'y est formé de nouvelles fibres de tissu conjonctif. Les corpuscules de la rate sont générale* ment bien visibles. Le tissu réticulé des corpuscules et le tissu de la pulpe subissent des modifications semblables qui consistent essentiellement dans la pigmentation des cellules lymphatiques contenues dans les mailles du réticulum. Cependant celles des corpuscules sont moins pigmentées que celles de la pulpe. Dans celle-ci, les veines dont les cellules endothéliales sont normales ou légèrement pigmentées contiennent des cellules lymphatiques fortement pigmentées et en très grand nombre au milieu des globules rouges du sang. Ces veines sont dilatées si le processus est récent et si la rate <^tpeu indurée; leur diamètre est normal ou même diminué, si la lésion est ancienne et si la rate est très indurée. Les tractus de tissu réticulé qui séparent les veines de la pulpe sont très forte- Qient pigmentés , et forment sur une coupe les parties les plus noires de la préparation. En examinant ces tractus avec un fort grossissement, on reconnaît que leur couleur est due aux cellules lymphatiques incluses dans le réticulum. Dans certains cas ces cellules sont presque complètement noires. Lorsqu'on a débarrassé le tissu réticulé de ces éléments, les filaments qui composent le réticulum ne paraissent pas notablement épaissis. Ils conservent à leur surface de très fines granulations pigmentaires. Cependant, dans les rates très sclérosées, ces filaments sont deux ou trois fois plus épais qu'à l'état normal. Mais ils sont toujours constitués par une fibre ^t ne présentent pas de noyaux inclus dans leurs intersections,
ce dont on peut s'assurer sur les coupes très minces et bien neUoyéb par le pinceau.
Les artérioles, les artères et les grosses veines de la rate umirent des parois épaisses, indurées et infiltrées de pigment, suriou dans leur zone périphérique. Le tissu conjonctif des grandes cloisons fibreuses contient aussi beaucoup de pigment noir situé du* les cellules et autour d'elles.
Les travaux de Klebs et de Tommasi-Crudeli sur Tétiologie de k fièvre palustre tendent à faire croire que toutes les lésions du sug^^ de la rate qui l'accompagnent sont causées par un ferment bactéridien, par des bacilles provenant de la terre. Ces auteurs ont trouve, dans la période du début de Taccès des fièvres pernicieuses, im bacilles dans le sang. Laveran a décrit de son côté, dans les mèm^ conditions, des bâtonnets ou pour mieux.dire des filaments mobiU< dans le liquide sanguin. Bien que les descriptions de ces auteurs paraissent très divergentes, les dessins que donnent d'une part Tommash Crudeli et Laveran de l'autre, ne sont pas sans analogie. Il fan: «M'ouer du reste que l'étiologie de la fièvre intermittente est ioû: d'être encore complètement élucidée.
La destruction des globules sanguins dans la rate n'est pas spéciale à la fièvre paludéenne, puisque nous avons vu une absorption di^ globules rouges par les globules blancs s'effectuer dans d'autres maladies fébriles infectieuses, par exemple dans la fièvre typhoïde, d, d'un antre côté, les congestions chroniques de la rate, dans la cirrhose notamment, aboutissent à l'induration de son tissu et à la pigmentation de ses cellules. Mais on doit reconnaître que la pigmentation exagérée se produit surtout dans la cachexie palustre ei qu'elle y est constante.
Dans toutes les congestions répétées de la rate, dans toute splénit^ interstitielle à plus forte raison, il se fait, ainsi que nous l'avons tu plus haut, un épaississement de la capsule de Malpighi et une production nouvelle de tissu conjonctif à sa surface péritonéale. Les replis du péritoine qui forment Tépiploon gastro*splénique et les ligaments phréno et pancréatico-spléniques sont en même temps plus cu moins enflammés, d'où il résulte que la rate est unie intimeineni à tous les organes voisins par des fausses membranes qui s'organisent en tissu conjonctif. Ces adhérences peuvent être absolument intimes et déterminer une soudure telle que la rate est immobilisée. CeU« périsplénite fibreuse est le plus souvent la conséquence d'altération^ primitives de la rate, mais elle peut être aussi la manifestation d'une
SPLÉNITE SUPPURÀTIVE. 503
péritonite généralisée ou locale, quelle que soit sa cause. Elle a été particulièrement bien étudiée par Léon CoUin dans les fièvres intermittentes, où elle est constante à un degré plus ou moins intense.
Splénite SUPPURATIVE. — On a observé, mais très rarement, dans la rate, des abcès volumineux occasionnés par des contusions, par les fractures de côtes, etc. Dans un petit nombre de faits, on ne sut à quelle cause attribuer des abcès spléniques observés à Tautopsie et qui avaient donné lieu pendant la vie à des accidents fébriles d'une giTinde intensité. Dans d'autres observations également très i*ares (Frerichs, Lancereaux), on a vu des abcès de la rate chez des individus affaiblis ayant eu des fièvres, ou ayant vécu dans un pays à fièyres intermittentes. Les observations anciennes relatives aux abcès delà rate sont pour la plupart sujettes à la critique, car on ne distinguait pas alors suffisamment les abcès d'avec les infarctus dus à une embolie ou à une thrombose artérielles.
La splénite suppurative se présente sous trois formes :
l' Comme une inGIti*ation diffuse, de telle sorte qu'une partie considérable ou la totalité du parenchyme splénique est ramollie, blanc grisâtre ou rosée, réduite en une bouillie où le pus, le sang et les détritus du tissu propre de l'organe sont mêlés. Ce sont des cas de ce genre qu'on a décrits sous le nom de gangrène splénique.
f Un ou plusieurs abcès plus ou moins volumineux se collectent dans le tissu splénique. Ces abcès, venus à la suite d'un traumatisme, d'une phlébite de la veine splénique, d'une infection purulente, de fièvres graves (la fièvre typhoïde en particulier), se réunissent et forment quelquefois des loges purulentes séparées du tissu normal de la rate par une membrane pyogénique. On cite des abcès de ce genre d'un volume considérable, et l'un entre autres dont le 'ontenu pesait 30 livres (L'Hermite, Acad. des sciences y 1753). Ces abcès s'enkystent habituellement, et leur membrane pyogénique devient fibreuse. La capsule splénique s'épaissit à leur niveau lorsqu'ils sont superficiels. Dans d'autres cas, au contraire, la capsule fibreuse étant envahie elle-même par la suppuration, et des adhérences fibrineuses ou fibreuses s'établissant avec les organes voisins, un abcès de la rate se fera jour soit dans l'estomac, soit dans la plèvre et dans le poumon, à travers le diaphragme (Vidal, Société anat., 1853), à travers la paroi abdominale ou la paroi costale. Dans d'autres faits, Tabcès communiquait avec la veine splénique (Carswel, Frerichs), et' enfin il peut fuser dans le tissu cellulaire sous-péritonéal jusque
dans le petit bassin pour s'ouvrir dans le vagin, ainsi qu'il en eiin* deux observations citées par M. Besnier (article Rate du Diclmnaire encyclopédique des sciences inédicales).
3"" Les abcès métastatiques, plus rares dans la raie que dan» b plupart des autres organes, s'y rencontrent cependant dans des conditions analogues, dans la pyohémie, la puerpéralité, dans Tendc*cardite aiguë, dans la phlébite. Ils siègent surtout à la périphérie' dla rate, leur base étant tournée du côté de la capsule. Leur nombr est généralement très restreint ; leur volume est plus ou moins coir sidérable, depuis la grosseur d'un grain de chènevis jusqu'à ctW d'une noisette ou même davantage. Ils commencent par un petit lio* de couleur rouge foncé et dense, comme un noyau apoplectique di poumon, et bientôt du pus se montre au centre de la masse qai ^ ramollit peu à peu, devient liquide et constitue un petit abcès.
Comme les abcès du foie, ceux de la rate reconnaissent pour cauy le transport par le sang et l'arrêt dans cet organe des microbes de h pyoémie.
Les conditions pathogéniques de la formation de ces abcès mêustatiques déterminent souvent en même temps de la périsplénite soppurative ou même de la péritonite généralisée.
Infarctus de la rate. — La rate est l'organe où les infarctus sooi les plus communs. Cela s'explique par l'origine de l'artère spléniqu^ et par l'absence d'anastomoses entre ses branches. Aussi lorsque l'aorte est athéromateuse, et que des fi*agments de fibrine ont pénélné dans un des rameaux de l'artère splénique, la partie de la rate correr pondant à l'artère oblitérée est nécessairement le siège d'un infarciits Il est impossible en effet que la circulation s'y rétablisse par des \oie> collatérales. Les infarctus doivent être soigneusement distingués dé^ abcès métastatiques , avec lesquels ils n'ont rien de commun au point de vue anatomo-pathologique, pas plus qu'au point de vue étiolagique. Les infarctus spléniques sont consécutifs aux altérations athéix)mateuses de l'aorte, des valvules aortiques, de l'artère splénique, etc. Leur volume et le nombre des noyaux infarctueux est iré* variable. On peut trouver, par exemple, la rate presque complètement envahie, ou bien un, deux ou trois petits infarctus dans son intérieur. Leur forme est caractéristique, et représente toujours un cône/ doot la base siège à la surface de la rate, tandis que son sommet est dirigé vers le bile de cet organe. L'artère splénique elle-même ou plusieurs de ses branches sont oblitérées complètement par un railto
INFARCTUS DE LA IIATE. 505
idliérent, lorsque la masse de la late envahie est considérable. L'arêriole qui se rend à un petit inrarctus est toujours oblilérée de la iiême façon. Loi*8que les infarctus sont récents, la couleur de leur ur&ce de section est d*un rouge foncé, presque noirâtre, parce que ^ sang coagulé dans toutes les petites veines et dans les artères communique à l'ensemble de la partie la couleur du sang veineux. Plus tard, lorsque la fibrine s'est coagulée, lorsque les globules et la librine se sont tranformés en une substance granulo-graisseuse, la louleur de la. section devient grisâtre ou jaunâtre et opaque. La roQsistance de l'infarctus est d'abord beaucoup plus grande que celle dr' la rate normale ; plus tard, il se ramollit, présente un état pâteux, semi-liquide et jaune. Le liquide accumulé au centre du foyer ramolli baigne alors des portions mortifiées incomplètement détachées ; rinfarctus est comparable à certaines cavernes volumineuses du poumon en voie de formation. Autour de lui, la rate est congeslioonée et enflammée, mais sans tendance à la suppuration.
D'après ce qui précède, étant donnés l'oblitération complète des ailères, la coagulation sanguine dans tous les vaisseaux de l'Ilot splénique altéré et son ramollissement nécrosique consécutif, on pourrait comparer ce processus à celui de la gangrène. Il est de fait que l'arrèl du sang a causé la mortification des tissus. Mais là, de même que dans le foie et dans le rein, la mortification ayant lieu sans qu'il y ait < ommunication du foyer avec l'air ambiant, il n'y a pas de putréfaction, ni d'odeur gangreneuse. La rate peut présenter des lésions anatomiques comparables à la gangrène putride, mais seulement dans les faits où une partie mortifiée de son tissu baigne dans le pus d'une périsplénite, ainsi que Colin en a rapporté des exemples.
L'examen microscopique, fait sur les coupes d'infarctus récents, montre tout simplement les vaisseaux distendus par du sang coagulé, et contenant uo réticulum de fibrine. Bientôt les cellules lymphatiques englobées dans le réticulum deviennent granulo-graisseuses. La graisse se sépare et produit des boules d'acide gras cristallisées qu'on pourrait prendre au premier abord pour des corps granuleux. Ce» boules apparaissent comme des corps opaques de distance en dislance, lorsqu'on examine la préparation à un faible grossissement. Les cellules lymphatiques emprisonnées dans le tissu réticulé de la rate subissent la dégénérescence caséeuse, pendant que les globules du sang retenus dans les vaisseaux passent par la série des modifications exposées déjà.
COaXlL K RARTIEB. "• — 33
506 DE LA nATE.
Les travées du réticulum subissent à la longue une destiut lioD moléculaire, de même que les cellules lymphatiques. Il en résuit'* un ramollissement partiel ou étendu de Tinfarctus, où Ton inmw bientôt un liquide contenant des cellules granuleusets et des ft^nulations protéiques et graisseuses libres. Le noyau infarclu«»uv d'abord tuméfié, s'affaisse, et il en résulte une dépression i\ h '^uiface de la rate.
La capsule splénique est presque constamment altérée à toute- k^ périodes de l'infarctus; elle est d'abord congestionnée , puis elle pnsente des villosités et végétations, et elle s'épaissit en devenant plib dense, comme cela a lieu dans toutes les lésions siégeant à la surfar* de la rate. Elle peut même subir la crétification.
A mesure que l'infarctus se ramollit, les parties liquides soni reprises et absorbées par les portions saines du (issu splénique périphérique. La perte de substance est comblée, d'une part, par le tis^u conjonctif de nouvelle formation de la capsule qui s'enfonce à < • niveau, et d'autre part par un épaississement fibreux analogue dti tissu splénique voisin. Une cicatrice fibreuse remplace finalemen' tout l'infarctus.
Dans ces cicatrices de la rate qui s'accusent à la surface par un» dépression avec épaississement de la capsule, celle-ci est généial^ment calcifiée. L'examen du tissu calcifié ne montre pas de véritabl•?^ ostéoplastes avec leurs prolongements canaliculés. Sur les piê<r^ décalcifiées par l'acide chromique ou par l'acide picrique, on voit «l* petites loges qui représentent simplement les interstices où se trouvaient les cellules du tissu conjonctif préexistant.
Dans les infarctus en particulier, mais aussi dans la plupart de> rates sclérosées, soit dans la cirrhose, soit dans les maladies du < œui\ les artères spléniques présentent une induration, un épaississement considérable de leurs parois dû à l'endartérite et à la péri-artéii'^ avec ou sans incrustation calcaire.
Ruptures de la rate. — On observe quelquefois des ruptui^'s traumatiques ou spontanées de la rate. Lorsque cet accident a lit* i. la rate était atteinte de tuméfaction congestive ou inflammatoire comme cela s'observe presque toujours dans les fièvres intermittentes, dans le typhus, le choléra, la syphilis. Les faits connii> de ces mptures ont été réunis et analysés dans l'article Kau de Besnier, et l'on peut s'assurer par ce relevé qu'elles ne iom pas absolument rares. Elles présentent la forme de simples ii>-
DÉGÉNÉRESCENCE AHTLOlDE DE LA RATE. 507
sures ou de crevasses tantôt superficielles, tantôt profondes, variables comme dimension et comme aspect; elles siègent sur toos les points de la surface, notamment à la face externe et dans la grande scissure longitudinale. Un caillot sanguin existe au niveau de la solution de continuité. Ce caillot se continue quelquefois avec une masse ci-uorique plus ou moins considérable qui entoure tout Torgane. Vn épanchement sanguin plus ou moins abondant se fait quelque* fois alors dans la grande cavité péritonéale ; la mort survient rapidement si la quantité de sang est considérable, ou bien il se produit une péritonite si Tépanchement sanguin s'effectue peu à peu dans l'espace de plusieurs jours.
Dégénérescence amyloïde. — La dégénérescence amyloîde de la rate présente à considérer deux degrés : dans Tun, elle se limite au\ corpuscules de Malpighi ; dans Tautre, l'infiltration amyloïde e>t diffuse. Dans ces deux types de la lésion, la rate est hypertrophiée à un degré plus ou moins considérable, globuleuse, de consistance pâteuse ; sa capsule est tendue, souvent épaissie par des néoformations de tissu conjonctif à sa surface ; ses bords sont épais et mousses.
Dans le premier degré, on voit, sur une section de Torgane, les corpuscules de Malpighi augmentés de volume, ayant jusqu'à 1 et i millimètres de diamètre et même davantage ; ces corpuscules sont «emi-transparents, foi*més d'une substance hyaline qui se colore en brun-acajou lorsqu'on y vei^e une solution d'iode ioduré. L'apparence de ces corpuscules volumineux et semi-transparents, très rapprochés les uns des autres, les a fait comparer au sagou cuit, d'où le nom de rate^sagou (sagomih) qui a été donné à la lésion par les anatomistes allemands.
Lorsque la rate ainsi altérée est examinée sur des coupes faites ^it à l'état frais, soit après durcissement dans l'alcool, et qu'elle a ^té traitée par la solution d'iode ioduré, on voit les corpuscules, d'incolores qu'ils étaient, devenir d'un brun-acajou. Avec un faible grossissement, il est facile de constater que les Ilots malades sont appendus aux artères ou disposés autour de ces vaisseaux, qu'ils entourent comme un manchon. L'addition d'acide sulfurique, après la coloration iodtque, donne souvent aux parties malades les coii- Wrs verte, bleue, violette, puis rouge brun. Nous nous sommes ^rvis surtout, pour étudier le siège de cette dégénérescence et les modifications intimes qu'elle produit, du violet de Paris et de la
safranine (voy. t. II, note, p. 449). La paroi des artères qui passent au milieu ou à la surface des corpuscules malades est infiltrée elleHnème ou intacte. Nous avons en effet constaté dans plusieurs cas que la paroi de l'artère centrale du glomérule pouvait être indemne, tandis que les parois des artérioles et des capillaires, et la plupart des éléments des corpuscules spléniques, les cellules lymphatiques ei le tissu réticulé, étaient infiltrés par la matière amyloïde. On apprécie bien la dégénérescence des cellules lymphatiques en dissociant avec les aiguilles, à Tétat frais, les éléments des corpuscules pris sur une section mince ; on voit alors que ces cellules sont devenues vitreuses; qu'elles sont globuleuses ou transformées en petits blocs irréguliers, ou agglutinées les unes aux autres, et qu'elles ont perdu leurs noyaux; elles se colorent en violet rouge par le violet de méthylaniline. Lorsqu'on examine avec un fort grossissement les sections très minces et colorées, on voit, dans la partie malade du corpuscule, la plupart des fibrilles du réticulum infiltrées de la substance amyloïde et il en est de même de la paroi des capillaires. Comme toutes ces parties, cellules lymphatiques, réticulum et parois des capillaires, tendent à se confondre, et qu'elles prennent, après la coloration, la même teinte, elles forment des masses homogènes, qui sont seulement sillonnées par des fentes étroites formant un réseau : c'est le réseau des capillaires qui s'accuse seulement par leur lumière plus ou moins bien conservée, dans laquelle les cellules endothéliales et les corpuscules du sang sont généralement intacts et colorées en bleu violet.
Les corpuscules de Malphighi altérés sont considérablement grossis, €t, en certains points, ils sont presque au contact les uns des autres. Ils sont séparés seulement par des bandes minces du tissu de la pulpe splénique normale en ce point ou altérée. Les veines voisines présentent aussi leur paroi légèrement épaissie et malade. Les cellules d'endothélium de ces veines sont habituellement normales ; leur calibre n'est pas modifié ; le tissu réticulé qui les entoure et les cellules lymphatiques du réticulum de la pulpe sont généralement indemnes.
Dans le degré le plus avancé de l'altération amyloïde, la rate est le siège d'une infiltration complète et diffuse ; elle est très hypertrophiée et présente sur une^coupe un aspect homogène, plus ou moins vitreux, suivant que l'infiltration est plus ou moins considérable. Lorsque la lésion est à son summum, de grandes masses de la rate
LEUCOCTTHÉUIE SPLÊNIQUE. 509
sont pâles, privées de sang, et tout à fait cireuses. Cependant h circulation, bien que très gênée, n*est pas absolument interrompue, et il peut même y avoir des îlots de suppuration dans des rates en infiltration amyloïde très avancée. C'est ce que nous avons vu à l'autopsie d'un malade, mort dans le service de M. Gosselin, d'une infection purulente consécutive à une maladie osseuse chronique.
Dans rinfiltration amylolde complète, tous les vaisseaux sont altérés à un très haut degré, bien que quelques-uns soient encore perméables au sang. La capsule splénique et les ti*abécules sont épaissies et leur tissu conjonctif est normal , bien que parcouru par quelques capillaires altérés. Les corpuscules sont petits et parfois incomplètement dégénérés, de telle sorte qu'une zone de cellules lymphatiques normales se trouve habituellement au centre du corpuscule autour de l'artère.
Les veines de la pulpe sont toutes lésées ; leur paroi est épaissie à un très haut point et dégénérée, bien que leur calibre reste le même ; elles présentent souvent à leur intérieur un endothélium très net et quelques globules sanguins. Le tissu réticulé qui unit les veines de la pulpe est tantôt normal, tantôt en partie amyloïde. Ses fibrilles sont alors épaissies et présentent, ainsi que les cellules qui y sont contenues, les réactions caractéristiques.
Dans cette infiltration diffuse, la pulpe splénique, et notamment les parois des veinules de la pulpe, paraissent être le siège essentiel de la dégénérescence. Les deux degrés de la dégénérescence que nous venons de décrire ne sont pas toujours aussi tranchés et Ton peut observer, dans chaque fait pris en particulier, des variations <ians son intensité et dans sa répartition.