‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 2)Chapitre 125 sur 239 · TUMEURS SYPHILITIQUES DE LA RATE · texte numérisé non relu

TUMEURS SYPHILITIQUES DE LA RATE

petit poisy par exemple, et constituées par la réunion de plusieurs ^'1 naulations caséeuses. La tuberculose de la rate n'est jamais primitive'. Le siège du début des granulations miiiaires est, d'après Billroth et Virchow, le tissu conjonctif réticulé de la pulpe. Les tractus de ce tissu qui séparent les veines seraient épaissis et deviendraient le biègc de nouveaux éléments; en même temps, les cellules de Tendoihélium des veines montreraient une prolifération de leurs noyaux. Cependant Fœrster a vu les granulations se développer aux dépens du tissu fibreux qui constitue les grands tractus rayonnant de la < apsule dans l'intérieur de Torgane, et il en a rencontré aussi dans les corpuscules de Malpighi. La difficulté du diagnostic anatomique, àrœil nu et au microscope,^des granulations tuberculeuses, provient dt/ ce que leur forme, leurs dimensions et les cellules lymphatiques qu'elles renferment les font ressembler aux corpuscules de Malpighi. Mais, dans les tubercules, le centre devient caséeux et les cellules s^ infiltrent de fines granulations en même temps qu'elles s'atrophient. Les petits vaisseaux et les capillaires qui passent au milieu (les granulations sont remplis de fibrine granuleuse, de cellules lymphatiques et de grandes cellules endothéliales, et ils sont oblitérés. De plus, au centre des îlots tuberculeux de la rate on trouve des cellules géantes parfaitement caractérisées. Sur les préparations traitées par le procédé de Ehrlich, on met habituellement en évidence un nombie plus ou moins considérable de bacilles de la tuberculose. Dans un fait de tuberculisation miliaire de la rate observé récemrneat, nous avons vu, dans chacune des cellules géantes situées au I entre des follicules tuberculeux, un ou deux bacilles (1). Dans la tuberculose artificiellement produite chez le cobaye et le lapin par rinjection de matières tuberculeuses dans le péritoine, la rate est toujours, comme le foie, profondément altérée, très hypertrophiée, et on trouve une grande quantité de bacilles siégeant dans les Ilots tuberculeux et dans les cellules de la pulpe splénique.

TiMEURS SYPHILITIQUES. — La rate est généi^alement hypertrophiée dans la syphilis, au début de l'infection. Cette tuméfaction est surtout très évidente chez les nouveau-nés syphilitiques (Gée, Parrot, etc.). Dans la syphilis tertiaire, la rate peut être aussi soit inilurée et cirrhosée avec une capsule 1res épaisse et couverte de pro-

<1i Cornil et Babès, Communication à TAcadémie de médecine, avril 1883» et Journal 'i' floftin, 1883, p. 456.

ductions fibreuses, soit amyloîde. Enfin on peut y rencontrer de \«^ritables gommes (obs. de Rendu, Société anat.j 1870) ; celles-ci s<mt du reste extrêmement rares, et il ne faudrait pas confondre avec elles les infarctus qui peuvent aussi se montrer chez les sujets syphilitiques.

Carcinome de la rate. — 11 est douteux que la rate puisse éif'^ affectée primitivement de carcinome. Nous ne voudrions pas le nier d'une façon absolue, mais les observations qui en sont publiées sous le titre de Carcinome primitif et qui sont rapportées dans rartid^ très complet de M. Besnier, manquent de détails hislologiques suffisants pour entraîner la conviction. Il ne suffit pas, en effet, pour diri» qu'il y a carcinome de la rate, de décrire à l'œil nu des tumeurs volumineuses et donnant au raclage un suc qui contient de grande^ cellules. Ces caractères en effet existent dans la leucocvthémi'' splénique. Il faudrait aussi que le stroma du carcinome et que le^ détails de structure des productions secondaires des ganglions on d'autres organes vinssent appuyer et démontrer le diagnostic anatomique. Nous n'avons jamais, pour notre compte, observé de carinome primitif de la rate. Le carcinome secondaire est au contraire assez fréquent à la suite des cancers de l'estomac, du sein, du foie. du cerveau, etc. Ces productions se montrent sous forme de nodule< ou d'infiltration qui reproduisent exactement les caractères du tissu et des éléments cellulaires de la tumeur primitive.

Kystes. — Les kystes muqueux de la rate sont ^ extrèmemoai rares. On cite le cas rapporté par Andral, où il existait plusieurs vésicules comparées par lui aux kystes du col utérin, Tobscnation de Leudet, où il y avait un grand kyste divisé en quatre ou cinq loges par des cloisons fibreuses revêtues d'un épithélium pavimentaux ; celle de Livois, celle de Péan rapportée par Magdelaio, où la paroi interne du kyste uniloculaire était lisse et recouverte d«* plaques dures, formées de carbonate et de phosphate de chaux et J*.* magnésie. Le liquide, évalué à plus de 3 litres, était, dans ce demitr fait, de couleur brun jaunâtre et contenait de l'albumine, des cellulp< lymphatiques, des globules rouges et de la cholestérine. Fœrsler indique , dans la collection de Wûrtzbourg, un kyste séreux de h rate, de la grosseur d'une noisette, à paroi cartilaginiforme. On n«' connaît pas le mode de production de ces tumeurs.

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