‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 2)Chapitre 135 sur 239 · HISTOLOGIE NORMALE DU REIN · texte numérisé non relu

HISTOLOGIE NORMALE DU REIN

tubes contournés, les cellules épiihéliales présentent la forme de pyramides tronquées dont la base reposerait sur la membrane propre du tube. Les noyaux sphériques des cellules sont plus rapprochés de leur base que de leurs extrémités libres. Celles-ci, terminées quelquefois par un plateau strié, laissent au centre du tube uue lumière vide par où s*écoule l'urine. Le protoplasma de ces cellules est granuleux, présente des stries fines, perpendiculaires à la membrane hyaline du tube, décrites par Heidenhain, qui les a considérées (*oinme de petits bâtonnets. Ces cellules auraient pour fonction, suivant cet auteur, d'élaborer et de séparer du sang les substances salines qui entrent dans la composition de l'urine. Les stries qu'elles présentent les font ressembler aux cellules striées des tubes excréteurs des glandes salivaires. Toutefois, lorsqu'on examine des coupes de la substance corticale de reins d'animaux, durcis par l'acide osmique (1), on voit, en place de stries, de fines granulations disposées bout à bout. Dans ces préparations, le protoplasma des cellules parait plus clair à son centre qu'à ses bords. Elles n'ont pas de membrane d'enveloppe distincte. Elles sont soudées les unes aux autres plus solidement qu'à la membrane propre du tube. II en résulte que, dans les préparations du rein faites à l'état frais, on les voit sortir sous forme de boyaux ayant une disposition tubulée. Elles laissent ainsi la membrane hyaline du tube plissée et encore adhérente au tissu rénal.

Les anses de Henle sont tapissées de petites cellules pavimenteuses, aplaties, dont les noyaux font saillie dans la lumière du canal. Dans les tubes contournés qui relient les anses de Henle aux tubes droits, répithélium devient de nouveau épais, granuleux et strié. Les tubes droits qu'on rencontre au milieu des pyramides de Ferrem (rayons médullaires) présentent une couche de petites cellules épiihéliales cubiques, régulières, qui s'allongent progressivement à me- ^nrt que les canaux droits s'avancent dans la substance tubuleuse. Là les tubes collecteurs sont revêtus d'une couche unique de longues cellules cylindriques implantées perpendiculairement à leur paroi. Le grand diamètre de ces cellules est de 0",02. A la papille rénale, t épithélium des tubes collecteurs se continue directement avec ^lui de la muqueuse des calices et du bassinet.

(1) Pour ces eiamens, nous plaçons un fragment de rein, coupé avec un rasoir, recueiUi <le fuite après la mort de Tanimal, dans une solution d*acide osmique au centième où ■I séjourne de douze à vingt-quatre heures. On le lave ensuite pendant une heure dans t'eaa dittiUée et on le conserve dans l'alcool absolu.

Étant donné ce que nous venons de dire sur le trajet des tnte^ urinifères et la structure de leur revêtement épithélial, on peut y rendre compte de leurs connexions et de la composition des àm substances du rein. Dans les pyramides, les tubes collecleurs ouveiv à la papille remontent en se divisant jusqu'à la substance corticile, où ils envoient des tubes droits, qui constituent les rayons médiJlaires. Les tubes droits se continuent avec une portion sinueuse eî élargie, puis avec l'anse de Henle et enfin avec la portion sinueux et large du tube contourné qui se rend à un glomérule de Malpigbi Les tubes contournés et les glomérules, en continuité avec les caoaD droits de la substance corticale, forment dans cette dernière auliB' de pyramides secondaires qu'il y a de rayons médullaires; ce soai les pyramides de Ferrein.

Les vaisseaux sanguins offrent dans le rein une distribulioii toute spéciale. L'artère pénèti*e dans le bile et s'y divise ; ses divisions cheminent entre les pyramides, et émettent des branches au niveau de la base des pyramides i la limite de celles-ci et de la substance corticale. Les artères interlobulaires nées en ce point s'élèvent directement dans la substance corticale perpendiculairemcfll la surface du rein, et dans ce trajet elles envoient de distance a distance des artérioles qui pénètrent dans le glomérule de Malpi^t Le vaisseau afférent du glomérule s'y divise en un certain nombre de branches secondaires, dont chacune présente des anses recoorbées et libres à la surface du glomérule. Les vaisseaux provenant if. ces subdivisions se reforment en un tronc unique (vaisseau efférentî, qui sort du glomérule accolé au vaisseau afférent.

Dans le glomérule, les vaisseaux possédant la structure sinpl^ des capillaires, sont recouverts, à leur surface externe, par ^^ mince couche parsemée de noyaux et possédant les mêmes réactioo^ que le tissu conjonctif. La cavité du glomérule est donc lapi-^*^' d'une part par les cellules de la capsule ou membrane de BowmaoB. d'autre part par le revêtement conjonctif des anses da bouquet vasculaire.

A sa sortie du glomérule, le vaisseau efférent se résout en cap»' laires, qui forment un réseau autour des glomérules et des ti^ urinifères. Dans la région d'où partent les artères interIobuhir«^ de la substance corticale, c'est-à-dire à la base des pyramides, l*'* artères rénales émettent encore d'autres artérioles qui prennent «^ chemin inverse, et descendent dans les pyramides. Ce sont les ictères droites qui forment des anses à convexité toornée ^^^ ^

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papille des pyramides, et qui se résolvent en capillaires accompagnant les tubes droits et les canaux collecteurs.

Le sang des vaisseaux capillaires les plus rapprochés de la surface du rein est pris par des troncs veineux qui arrivent jusqu*à sa périphérie, sous la capsule, où ils forment les veines étoilées (étoiles de Yerfaeyen), qui se réunissent en troncs veineux et descendent dans la substance corticale parallèlement aux artères interlobulaires. La veine interlobulaire reçoit le sang de tous les capillaires de la substance corticale, et se rend dans les grosses veines situées à la limite de la substance médullaire et de la substance corticale.

Les veines qui émanent de la substance des pyramides ont un trajet parallèle à celui des artères droites; elles forment aussi des anses à convexité dirigée vers la papille. Les gros troncs veineux du rein se constituent à la limite de la substance médullaire et de la substance corticale. Dans la substance médullaire, les veines sont volumineuses et généralement pleines de sang; aussi, dans les autopsies, trouvet-on presque constamment les pyramides d'un rouge foncé , même lorsque la substance corticale est décolorée.

Le point le plus important de la circulation sanguine dans le rein est le glomérule ; c'est là que se fait à son maximum le passage des matériaux liquides du sérum de Tintérieur des vaisseaux dans les canaux urinifères. C'est dans les canaux contournés de la substance corticale que se fait l'élaboration des matériaux que balaye le courant de liquide venant du glomérule. Aussi nous expliquons-nous faeilement que, la fonction physiologique du rein s'effectuant presque complètement dans la substance corticale, on observe dans celleci les modifications pathologiques les plus fréquentes et les plus grandes. La substance médullaire, au moins pour ce qui est des lubes droits, car les tubes à anses de Henle appartiennent par leur physiologie et leur pathologie à la substance corticale, la substance médullaire, disons-nous, est simplement un lieu de passage pour Turine ; elle participe aux fonctions et à la pathologie des canaux d'excrétion avec lesquels elle se continue immédiatement.

Les vaissaux lymphatiques du rein sont faciles à injecter et à démontrer dans la capsule fibreuse et dans le hile. Une injection faite par ces canaux pénètre dans le lissu conjonctif compris entre les tubes urinifères.

Le tissu conjonctif du rein est inégalement distribué : la capsule fibreuse est formée de faisceaux connectifs entre-croisés, et elle envoie des prolongements fibreux qui accompagnent les vaisseaux

OM DkS REINS.

capillaires dans la substance corlicale. Les vaisseaux c^ilUircsi:! ' le tissu conjoDctif n'opposent qu'une faible résistance àladéronication de l'organe. A l'eïtrérailé des cônes de Malpighi, le lissi conjonclifest assez épais et facile à mettre en évidence. Autour d>^ glomérules, il y a aussi une couche conjonctive bien distincte. lUcle reste du rein, la trame conneclive est très mioce et se coqIod] avec les vaisseaux.

Les canaux excréteurs de l'urine, le bassinet, les calices et i'ni'lëre, sont tapissés par une muqueuse sans glandes, dont le rei» tement épithéital est constitué par plusieurs couches. Le bassinet ti l'uretère possèdent des fibres musculaires lisses.

§ 2. — aistAtoBle pMbshtciqae fimérmU dm *«Im.

Altérations des cellules éi-ithéliales. — Les lésions des otV tules épithéliales des tubes urinifères varient suivant la région que l'on considère. Les cellules des tubes contournés de la substance forticale sont le plus souvent atteintes. Elles deviennent plus voljniineuses, gonflées et ^granuleuses (tuméfaction trouble), dans la congestion rénale et dans la première période de la maladie de Brî^b-' ou de toute néphrite albumineuse passagère. En même temps qucette tuméfaction, on constate sur les coupes, au bord libre d» cellules, soit une exsudation hyaline qui leur est accolée. 5vi' une bulle vésiculeuse {m, fig. 168), soit une partie claire elgnnuleuse du protoplasma qui proéminent dans la lumière do lab' D'autres fois on trouve, dans les cellules, des vacuoles remplies d'ua

a Mb* M UuD Cl

liquide tout à foit transparent. La lumière des tubes contient tioa soit un exsudât colloïde réticulé , soit des granalalions , soit ik^

Dules claires ou colloïdes (m, n, o, fïg. 170) sécrétées par les celiies, soit des fragments de leur protoplasma. A la suite de cette limînatioa de la partie libre des cellules, celles-ci sont dimÎDuées e hauteur et comme abrasées ; une partie de leur protoplasma

l leurs noyaux sont conservés et restent adhérents à la memirane propre du tube (1). Ce protoplasma forme une couche uniorme et mince dans laquelle oo ne voit plus de ligne de séparation les cellules. Ces lésions, qui sont très manifestes après l'action de :i('ide osmique, coïncident généralement avec le passage de l'albuniiae dans t'urine.

la certain degré de dégénérescence graisseuse s'observe le plus souvent dans l'albuminurie subaiguë ou chronique. Les granulations graisseuses sont colorées en noir par l'acide osntique; DQ les met aussi en évidence en traitant par l'acide acétique les coupes du rein faites aussitôt après l'autopsie. Les granulations graisseuses n'existent à l'état normal ni chez l'enfant ni chez l'idulie dans les cellules rénales, bien qu'on les trouve en grande quantité à l'état physiologique chez certains animaux, le chien et le chat par exemple. Chez les vieillards, on rencontre assez souvent des granulations graisseuses dans certaines parties des tubes urinilères de la substance corticale sans qu'il y ait eu de maladie du rein. En dehors de ces conditions, la présence des granulations ;:raisseuses est pathologique.

La dégénérescence graisseuse des cellules épithéliales n'est pas seulement Tapanage de la maladie de Bright ; on la trouve dans i^ morlilications partielles dues aux infarctus, dans certains empoisonnements (phosphore, acide sulfurique, ai^enic, ictère, etc.) a dans quelques cachexies (phthisie pulmonaire, etc.) sans qu'il y ail pour cela d'albumine dans les urines.

La tuméfaction des cellules, leur envahissement par un liquid'* contenant des granulations, la désintégration partielle de la partie du protoplasma saillante dans la lumière des tubes, n'amëneol pas toujours leur mortification, car elles conservent leur noyau et iuk portion de leur protoplasma accolés à la membrane du tube. Mais souvent ces lésions, de même que la dégénérescence graisseuse, causent la mortification complète de la cellule qui se détache alors de la membrane hyaline et est éliminée.

La tuméfaction trouble et la dégénérescence graisseuse des cellules rénales peuvent s'observer dans toutes les parties du rein, inaL^ elles se montrent surtout dans les tubes larges et contournés de la substance corticale. Les tubes en anses de Henle en sont moins souvent le siège. Dans les tubes droits des rayons médullaires «*t dans les tubes collecteurs, les cellules épithéliales contienneoi rarement des granulations graisseuses ; mais la lumière de ces canaai excréteurs est souvent remplie de cellules altérées, sphériques et granuleuses venant de la substance corticale et qui sont élimillée^ avec l'urine.

On observe quelquefois plusieurs noyaux dans les cellules épilfaeliales des tubes contournés, dans les néphrites albumineuses rrcentes et en particulier dans les néphrites passagères des ûèvre> infectieuses.

A la suite des congestions répétées, la matière colorante du suif peut passer dans l'intérieur des tubes urinifères et produire lu^ pigmentation de leurs cellules. Ces cellules contiennent alors des granulations jaunes ou brunes ; elles se détachent et tombent dans la lumière des tubuli.

En outre de ces lésions élémentaires qui appartiennent à rînflam* mation, il en est une série d'autres qui résultent de modificatioDï de la nutrition des cellules ou de leur infiltration par des substances diverses. Ainsi, dans tous les cas d'ictère intense, quelle qu'en soit la cause, les cellules d'un certain nombre des tubes urinifères cou* tiennent des granulations jaunes ou jaune verdâtre, possédant le$ réactions de la matière colorante biliaire. Les cellules ainsi altérée>

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estent en place OU bien elles sont mûrtifiées et tombent dans l'inûrieur des tubuli, soit isolément, soit réunies sous forme de masses illoDgées. Lorsque la bile se trouve en grande quantité dans le «in, on ?oit des cristaux de bilirubine, dans les cellules et dans ; tissu conjonctif. Dans d'autres circonstances, ce sont des sels qui nfJtrent les cellules, et ces dernières sont le centre de cristallisaions et de calculs microscopiques ou visibles à l'œil nu. C'est ce [lû se passe par exemple chez les enfants nouveau-nés, lorsque le )areQchyme rénal est encombré d'urale de soude ou lorsque, chez es goutteux, ce même sel înriltre les cellules d'un certain nombre le tubuli et de là se prolonge sous forme d'aiguilles cristallines dans e tissu conjonctif voisin.

Des sels calcaires, des carbonates et des phosphates alcalins peuvent se déposer dans les cellules épithéliales de la capsule des gloméiiles de ^lalpighi qui apparaissent alors sous forme de petits grains qaques et durs à la surface du rein, où ils sont à peine visibles à 'oui DU. On pourra trouver aussi, à la surface des cellules libres iluis la lumière des tubes urinifères , des cristaux de phosphate îribasique ou d'oxalatede chaux.

Dans les infarctus rénaux, lorsque la circulation du sang a été tbolie, de même que dans les abcès mélastatiques, les cellules de- Tienoeat granuleuses, s'atrophient, se fragmentent en molécules granuleuses et sont tout à fait raortiâées. Lorsqu'une partie du rein '^t comprimée, dans une pyélite calculeuse ou dans une pyéKte l'hronique avec rétention de l'urine et distension des calices et du bassinet, les tubes atrophiés ne présentent plus que de toutes petites <'ellules cubiques ou aplaties {b, Hg. 171), à protoplasma clair et peu

^odanl, ou des cellules granuleuses. Les cellules épithéliales sont ^[^es aussi en même temps que les tubes sont dilatés lorsque l'urioe s'écoule difficilement, dans le cancer de Tutérus notamment, fldaos les bémorriiagiea intratubulaires.

Très souvent, dans les périodes avancées de la maladie de Biighi, on voit, soit dans les tubes urinifères, soit dans les kystes colloïdes, des cellules dans lesquelles la portion du protoplasma qui Gonfine à la lumière du tube devient colloïde , réfringente et se déudk sous forme de boules qui s'accumulent dans la cavité du tube oa do kyste. Pendant ce temps, le noyau et une partie du protoplasma granuleux restent accolés à la membrane propre. Finalement ces kyst» à contenu colloïde présentent une simple couche de cellules apbties appliquée contre leur membrane (voy. fig. 171), tandis qu'ils som remplis d'une masse hyaline.

Enfin les cellules présentent quelquefois une infiltration amyloîde qui les transforme en blocs vitreux offrant la coloration canrtéristique sous l'influence de l'iode et des couleurs d'aniline.

Cylinoiies hyalins et variétés des gyundrbs qui se FORMCn OANS LES TUBES URiNiFÈRES. — Lcs divcrscs altérations cellulaires, «que nous venons de passer en revue, déterminent la sécrétion d^uiH' substance protcique, hyaline, vitreuse, qui se montre sous la forme de moules ou de cylindres à l'intérieur des tubes urinifères. Ces •*}iindres englobent ou montrent à leur surface des éléments cellulaires provenant des tubes urinifères. Comme on les trouve en éliminant au microscope les sédiments de l'urine rendue pendant b vie, on comprendra tout l'intérêt qui s'attache à leur étude au pmi de vue du diagnostic et du pronostic des maladies du rein. C'est ub des meilleurs signes qu'on puisse invoquer pour savoir ce qui î^ passe dans l'intérieur des tubes urinifères.

Voici quelles en sont les diverses espèces :

a. En premier lieu le sédiment urinaire peut contenir des cellules épithéliales granulo-graisseuses provenant de l'épithélium des tubes urinifères, des cellules atrophiés ou de fragments de cellules, des leucocytes ou de petites cellules hyalines. Ces cellules sont unies par une matière homogène ou légèrement granuleuse : (%' sont les cylindres épiihéliaux (1, fig. 172). Les cellules qui les composent sont des cellules épithéliales des tubuli plus ou moins cbérgées de granulations graisseuses et des leucocytes.

b. Loi*sque le rein est le siège d'une congestion ou d'un catarrbr léger accompagnés d'une albuminurie à peine appréciable, il eiisU dans les urines des cylindres très pâles , étroits, parfois nibanês. sinueux, mesurant de 1 à 3 ^a, formés d'une matière finemeol irnnuleuse, molle et dont les bords ne sont pas limités par une ligDt^

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