‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 2)Chapitre 136 sur 239 · CYLINDRES HYALINS · texte numérisé non relu

CYLINDRES HYALINS

ombre. Ces cylindres, à la surface desquels on observe souvent 1p> cellules rénales ou des corpuscules lymphatiques, sont difficiles à vcoDoaitre, en raison même de leur ténuité et de leur transparence. Is sonl généralement très longs. Ils sont constitués par une matière ^rou^que ; ils pâlissent sous l'influence de l'acide acétique et sont Dcore plus difficiles à voir après l'action de ce réactif. Ces longs \ minces filaments que nous avions d'abord autrefois appelés ylindres muqueux ont été bien décrits par Rovida (1) sous le nom le eylindroides.

(. Les cylindres hyalins^ qu'on observe habituellement en grand lombre dans les néphrites albuminuriques, sont cylindriques et fornés par une matière homogène, hyaline, colloïde, non granuleuse. ipurs bords sont bien accentués et fortement ombrés ; ils ne s'aplai>H*nt pas sous la lamelle de verre.

Leur forme est variable ainsi que leur longueur et leur diamètre ; r plus souvent ils n'ont pas plus de 100 f< de longueur, mais ils |)euvent atteindre i millimètre; ils sont quelquefois contournés

Pi6. iH. — Cyliodrot hyiUot dans k nëpbriie ilbamineiise.

y r<^i«W du rcio; S, ejliodre bjalin ivee det caMont nr set bords; 3, cyUodre lyant entrilnd à "4 sirbce des frafinenta de cellulei» ; i, cylindra hyalin recouvert de granalatioiis fraisaaoaes ; y etlindre eonlounë.

(•S lig. 172). Il en est de très étroits, car ils se produisent fréquemment dans l'iniérieur des tubes en anses de Henle. Ceux qui se

I) ArchUfio per la sciema medichef vol. I, 1677.

COIHIL KT lARTIII.

forment dans les tubes collecteurs sont plus frros. Leur laniem varie entre 5 et 40 {a. On y voit quelquefois des fentes, des fèlur'*^ transversales (2, fig. 172). Leur substance est d'autant plus dun- n résistante, que la lésion rénale est plus ancienne. Quand ils M>ot nombreux, ils indiquent toujours une maladie de Bright gi-ave. s'ils sont durs, résistants, i bords ombrés, ils indiquent une période avancée de la maladie de Bright chronique.

Ils ne sont pas modifiés par Tacide acétique ; ils se colorent !dcilement par toutes les matières colorantes, par le carmin en particulier. Lorsque le sang est mélangé à l'urine dans la maludi de Bright, ils sont colorés en jaune brun par l'hémoglobine ou Ihîmâtine ; ils sont aussi colorés en jaune brun par l'iode. En mployant le violet de méthylaniline, on ne colore pas les cyliD(ir''> en rouge violet, même dans les cas de dégénérescence amyloîde, *t qui montre bien qu'ils ne sont pas constitués par cette substance.

Ces cylindres hyalins sont habituellement recouverts, soit de (pilules granuleuses (3, fig. 336), soit de corpuscules lymphatiqu'^ transparents et colloïdes, soit de quelques cellules épithéliales (.>!• loïdes. Les cellules en dégénérescence granulo-graisseuse desqnamées s'accolent également à la surface des cylindres; une cou<h< de granulations graisseuses fines peut même former un revêtement cortical complet à un cylindre hyalin (4, fig. 326).

Le procédé de préparation des cylindres qui nous a donné 1* ^ meilleurs résultats est le suivant : Après avoir laissé dépos«*r I' sédiment urinaire dans un verre à expérience, on en prend avec ur/ pipette environ un centimètre cube et on le verse dans un tube • n ) mêlant une quantité égale de solution d'acide osmique au centinn' Vingt-quatre heures après on remplit le tube avec de l'eau distill* ' . on agile et on laisse reposer. Dans le dépôt, tous les cylindre> <>oi pris une teinte brune ou noirâtre plus ou moins foncée. Les plu^ minces, les fcylindroïdes, s'il en existe, sont très manifestes, hu\ qu'ils n'aient qu'une teinte grise très pâle. Les cylindres hyalins sod' noirâtres ou presque tout à fait noirs. La forme de ces divers «*vlindres est parfaitement conservée parce que l'acide osmique It^^ < fixés et coagulés en même temps qu'il les colorait. Aussi peuiH>D voir de cette façon, mieux que par tout autre procédé, la îomf des cylindres en tire-bouchons que nous avons représentés dan<'i figure 173.

Pour expliquer cette forme, nous supposons que l'exsudat sciinliquide élaboré dans les canaux contournés, après s'éti*e engage d:iii'

CTLINDRES HrALINS.

les canaux étroits de Henle où il se tasse et passe en s'effilant, débouche dans les canaux collecteurs. C'est dans ces derniers canaux que les cylindres se replieraient sur eux-mêmes. Ainsi, dans le cylindre A (fig. 173), nous pensons que la portion c sortant d'un lube

Fis. 173. — CjliodKii c cjliadre A luc jMrtia i

e.'boucboni 6xé% et colorai par l'icids Dn&Lque.

étroit s'esi enroulée de c en 6 en entrant dans un tube plus large et que cet enroulement a donné lieu, par suite du tassement , à ud moule homogène en a. On voit souvent en effet un cylindre en tirebouchon se continuer avec un cylindre plus large. Quelquefois on trouve deux cylindres, soit ondulés, soit droits, qui sont unis l'un k l'autre et disposés parallèlement. Il est probable alors que ces deux cylindres se sont engagés en même temps dans un tube collecteur et &') sont accolés. On peut enfin en découvrir qui sont divisés en deux braoches accolées à l'une des extrémités du cylindre et conFondus à l'autre comme une fourche dont les deux branches seraient rappro- Aées. Il est vraisemblable qu'il s'agit là de deux cylindres qui, des-

g38 B^^ REIHS.

forment dans lea tubes collecteurs sont plus groa/. varie entre 5 et 40 ji. On y voit quelquefois des % ^ transversales (9, fig. 175). Leur substance est J|,,''j. ^ résistante, que la lésion rénale est plus ^^\\ ''•' nombreux, ils indiquent toujours une im'^^ '''^t>s'ils sont durs, résistants, à bords ombrés,' ^ .^ '). avancée de la maladie de Briglit chroni- V fe %

Ils ne sont pas modifiés par l'acide • 'j^ Tt <-

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Ces cylindres hyalins so' Iules granuleuses (3, lig

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^uon obser\e dans la dégénérescence amyloîdcB' . . ylindres hyalins précédents.

lie de formation des cylindres hyalins? Parmi cwi 'lie question, les uns croient qu'ils consistent s-iiD- \ jttdalion provenant du sérum sanguin tittré â m- ')::s desparoiâ vasculaires et des tubuli. PourRiDiliidraienl d'une transformation colloïde des cellule, combattue par Klebs.

vivions qu'ils sont formés à la fois par les matériaui du sdii^ i.'l par la sécrétion des cellules, ainsi que ooik ijit (iréirilemment (p. Ô32) et ainsi que cela résulte de plus dL'UiUée des lésions que nous exposerons bieoliil i des divoi'ses espèces de néphrites produites expérimentale lei les animaux ou obser\'écs chez l'homme.

■^»«-OIS PR0PBE8 DES TUBtU. 5i\

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.^s la congestion intense avec héinorrhagie à l'intérieur des .i urinifères, il se fait de véritables cylindres fibrineux, caracté- .isés par de la fibrine fibrillaire qui se goaQe sous l'influence de f'acide acétique, et qui contient dans son intérieur des globules rouges et blancs du sang. Au lieu d'être sous la forme de cylindres minces, la librine peut être moins bien délimitée et constituer de petites niasses dont les bords ne sont pas nets. Des globule!^ ronges existent dans ces petits Ilots de librine. L'urine conserve assez bien du reste les globules rouges tout en modifiant leur forme ; ils sont alors grenus n leur surface ou excavés.

Altérationt des parois propres des tubuli. — La membrane propre des tnbes contournés et des anses de Henle est le plus souvent con- >ervée dans les maladies rénales. Dans la maladie de Bright avec dégénérescence granulo-graisseuse des cellules, lorsqu'on a isolé ces membranes, on voit à leur sui'face des granulations protéiques et ;;raisseuses ; mais il est facile de s'assurer que ces granulations ne

ccndaDt en même lemps par deux tubes droits, se sont réunis et coudés par leur extrémité inférieure au moment où ils pénétraient dans un gros tube collecteur. Lorsqu'un cylindre a acquis, par suite (lu tassement, une forme contournée, on conçoit que, sous l'innuence de l'élasticité dont il jouit, il puisse devenir de nouveau régulièrement cylindrique. Il en est certainement ainsi dans un certain nombre de cas ; mais dans d'autres, comme on vient de le voir, il en L'Sl tout autrement. Or, si l'on examine avec soin le sédiment urinaire dans l'albuminurie aiguë, après l'avoir coloré par le carmin neutre, préparé suivant les indications fournies par l'un de nous, on remarque que les cylindres contournés sont vivement colorés et qu'ils sont maintenus dans leur forme par une enveloppe, une sorte de chemise hyaline incolore ou faiblement colorée. La substance qui forme celte enveloppe, comme celle du cylindre contourné, est de nature colloïde, mais elle est plus jeune, moins dense, et par conséquent moins colorable que cette dernière.

Les cylindres peuvent accidentellement montrer à leur surface ou dans leur intérieur des granulations d'urate de soude, des cristaux de phosphate tribasique, d'oxalate de chaux et d'acide urique.

Les réactions histochimiques des cylindres hyalins montrent qu'ils .sont formés de matière colloïde. Leur état homogène, l'absence de fibrillation, leur résistance à l'acide acétique, les séparent de la fibrine, bien qu'ils soient souvent désignés à tort sous le nom de cylindres fibrineux. Ce terme est d'autant plus mauvais, qu'on trouve (juelquefois dans les urines de vrais cylindres librineux, comme nous le verrons bientôt.

Les cylindres qu'on observe dans la dégénérescence amyloïde ne diffèrent pas des cylindres hyalins précédents.

Quel est le mode de formation des cylindres hyalins? Parmi ceux qui se sont posé cette question, les uns croient qu'ils consistent simplement en une exsudation provenant du sérum sanguin filtré à travers les membranes des parois vasculaires et des tubuli. Pour Rindlleisch, ils proviendraient d'une transformation colloïde des cellules. Cette opinion est combattue par Klebs.

Nous croyons qu'ils sont formés à la fois par les matériaux liquides du sang et par la sécrétion des cellules, ainsi que nous l'avons dit précédemment (p. 532) et ainsi que cela résulte de fanalyse plus détaillée des lésions que nous exposerons bientôt à piopos des diverses espèces de néphrites produites expériraenlaleinent chez les animaux ou observées chez l'homme.

ALTÉRATIONS DBS PAROrS PROPBES DES TCBCLI. &41

d. Dans Tictère, quelle qu'en soit la cause, od trouve dans le '^dimenl urinaire des cylindres hyalins colorés en jaune et recouverts, soil de granulations jaunes, soit de cellules épithéliales conteaant, comme nous l'avons vu, du pigment biliaire et des cristaux de liiliverdine . Les cylindres hyalins icfériques se montrent en assez ■rande quantité, bien qu'il n'y ait pas du tout ou qu'il y ait très peu il~ albumine dans tes urines.

e. Dans Vempoisonnemenl par le phosphore, les cylindres charriés par les urines présentent ce caractère particulier d'être composés par une masse grenue contenant des molécules graisseuses; ils difl^renl par conséquent des cylindres hyalins les plus communs de la maladie de Brîj^ht : ce sont les cylindres graisseux.

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Fif. 17». - Cjllodrei i

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f. Dans la congestion intense avec hémorrhagie à l'intérieur des tubes urinifères, il se fait de véritables cylinAres fibrinewc, caractérisés par de la ûbrine fibrillaire qui se gooQe sous l'influence de Vaûde acétique, et qui contient dans son intérieur des globules couges et blancs du sang. Au lieu d'être sous la Torme de cylindres minces, la fibrine peut être moins bien délimitée et constituer <)e petites masses dont Ins bords ne sont pas nets. Des globules rouges existent dans ces putils Ilots de fibrine. L'urine conserve assez bien du reste les globules rouges tout en modifiant leur forme; ils sont alors grenus à leur surface ou excavés.

AUérations des parois propres des lubulî. — La membrane propre •les tubes contournés et des anses de Henle est le plus souvent con- -•Tvée dans les maladies rénales. Dans la maladie de Bright avec 'lé^îénérescence granulo-graisseuse des ceUules, lorsqu'on a isolé ces membranes, on voit à leur surface des granulations protéiques et ^'raisseuses; mais il est facile de s'assurer que ces granulations ne

54â DES REINS.

tbnt pas corps avec !a membrane, et que celle-ci est iatacte au-dessous d'elles. Dans la plupart des néphrites chroniques» parenchyioateuses ou interstitielles, la paroi hyaline des tubes est épaissie.

Dans les néphrites suppuratives, dans les tumeurs développê*'> dans le parenchyme rénal, cette membrane est détruite et disparaii. D'après Rindfleisch, elle serait percée normalement de pores, qui laisseraient passer les cellules lymphatiques venues des vaisseaui. soit pour reconstituer les cellules d'épithélium des tubes à Tétat normal, soit pour former les éléments cellulaires du pus dans le> suppurations rénales. Ces pores sont loin d'être démontrés.

Dans la dégénérescence amylolde, lorsque cette lésion, ne ^^ bornant pas à la paroi des vaisseaux artériels et glomérulaires, s'étend aux tubes urinifères, la membrane propre de ces derniers, infiltrée de substance amyloide, s'épaissit et présente, sous TiD- Quence des réactifs, les colorations caractéristiques de cette dégénérescence.

Nous avons étudié jusqu'ici tes modifications pathologiques de^ (^ellules des tubes urinaires, celles de leur membrane, et les exsudations qui peuvent se faire dans leur intérieur. Nous envisageroD> maintenant les altérations que subissent les tubes urinifères considérés dans leur ensemble, dans leurs diamètres et dans leur forme.

Les tubes urinifères peuvent être uniformément distendus ; c*est ce qui arrive dans la rétention d'urine et dans Tinfiltralion urineuse de tous les éléments du rein qui en est la conséquence. U même distension s'observe dans la première période de la maladie de Bright, lorsque les cellules épithéliales sont gonflées et trouble>. et que la lumière des tubes contient des exsudats, des cellules de>quamées, du sang, etc. ; l'organe tout entier augmente de volume Mais, dans le cours de la maladie de Bright, il peut se faire, soit de> obstructions d'un certain nombre de tubuli par leur contenu colloïde, soit des inflammations interstitielles déterminant une oblitération ou un rétrécissement permanent d'un tube, qui présente audessus de l'obstacle des dilatations irrégulières en chapelet, ou de véritables kystes de rétention. Ces kystes se forment généralement aux dépens des tubes urinifères ; nous les étudierons en détail à propos de la maladie de Bright chronique. Il peut y avoir aussi par la même raison une distension de la capsule des glomérules.

Le rétrécissement et même l'atrophie complète des tubes urinifères, s'observent lorsque le rein est comprimé de dedans en dehor> par la distension du bassinet et des calices , dans les diverses va-

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