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ULCÉRATIONS TUBERCULEUSES DU LARYNX

Dombreuses, isolées ou confluentes, développées primitivement dans le chorioD.

La forme et la disposition des ulcérations sont déterminées par celles des granulations tuberculeuses elles-mêmes. Celles-ci, superficielles au début, atteignent successivement toules les couches du tissu conjonctifde la muqueuse; elles se montrent aussi le long des conduits glandulaires et dans les glandes elles-mêmes (voy. p. 58). Lorsque les tubercules superficiels sont devenus caséeux, lorsque toute la muqueuse est infiltrée et bourrée de petites cellules et que ses vaisseaux sont oblitérés, il se produit une mortification partielle dont le premier effet est la chute de Tépithélium et la destruction de la membrane basale. Une petite érosion circulaire ayant un diamètre de 1/2 à 1 millimètre apparaît bientôt et s'étend progressi- \ement, en largeur et en profondeur, par la destruction du tissu < ODJonctif infiltré d'éléments caséeux. Celte ulcération présente des bords sinueux, festonnés, chacune des granulations ou chacune des ;,Toupes qu'elles forment devenant le centre d'un foyer de destruction et de suppuration éliminatrice consécutive.

Par suite de l'extension des ulcérations, des lambeaux du tissu sous-muqueux épaissi peuvent être détachés, soit à la surface, soit au bord des ulcérations; le fond de l'ulcère est souvent fongueux et constitué par des bourgeons vascularisés qui fournissent une assez grande quantité de pus.

Les parties du larynx qui sont le plus souvent le siège de ces ulcérations sont les cordes vocales inférieures à leur point de jonction, ces cordes elles-mêmes, les aryténoïdes, l'épiglolle et les ventricules. Le tissu fibreux des cordes vocales mis à nu est quelquefois érodé lui-même; le bord libre de l'épiglotte présente aussi souvent des pertes de substance dans lesquelles le cartilage est détruit après que >es cellules sont entrées en prolifération. Le tissu conjonctif sousmuqueux est tantôt très épaissi par la formation nouvelle de cellules mbryonnaires dans les parties non ulcérées, au pourtour et au-dessus des ulcérations ; tantôt il est infiltré de sérosité plus ou moins purulente. Ces lésions entraînent l'immobilité et la perte de la foncliondes différentes pièces du larynx qui en sont le siège.

Les muscles sont aussi quelquefois atteints; le tissu conjonctif wierrausculaire présente des cellules embryonnaires ou des corpuscules de pus en plus ou moins grande abondance, et les faisceaux priuiUife subissent la dégénérescence graisseuse. Les cartilages, à l'exception de l'épiglotte, où les ulcérations in

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flammatoircs sont cependant si fréquentes , sont le plus souvent incrustés de sels calcaires ou même ils sont ossiflés. Nous reviendrons sur ce point en traitant de la périchondrite.

Les ulcérations profondes et les abcès du larynx* peuvent aboutir ;'i une perforation, le pus se frayant un passage à travers le tissu conjonctit sous-cutané jusqu'à la surface de la peau au devant du cou ou à travers les parois de l'œsophage.

Périchondrite. — L'inflammation suppurative du périchondre de> cartilages du larynx pourrait, d'après les observations publiées par les auteurs, se développer à la suite d'une laryngite aiguë simple causée par l'impression de froid ; mais le plus souvent elle sunienl sous l'influence de l'une des causes de la laryngite ulcéreuse et succède à des ulcérations profondes.

Dans les laryngites profondes de longue durée, lorsque le tissu cellulaire de la muqueuse est infiltré de cellules lymphatiques, le périchondre est altéré de la même façon, et les cartilages eux-mêmes subissent des modifications de nutrition. Tantôt on observe dans leur substance fondamentale et dans leurs capsules une infiltration calcaire, tantôt il s'y produit une véritable ossification qui s'effectue, comme l'ossification physiologique des cartilages, parla prolifération de leurs cellules, la dissolution des cipsules et la pénétration des vaisseaux sanguins. Il se forme ainsi des cavités qui se remplissent de moelle embryonnaire, et des corpuscules osseux apparaissent bientôt. Ces lésions des cartilages sont communes dans la phthisie laryngée.

La périchondrite lente qui s'accompagne de l'ossification des cartilages peut être suivie de la suppuration du périchondre ou périchondrite suppurative. Le pus dcT^lle et sépare le périchondre du cartilage qui se trouve ainsi isolé de sa membrane nutritive et sr mortifie. Dans les cartilages nécrosés à la suite de la fièvre typhoïde, nous avons observé que la substance fondamentale du cartilage était devenue granuleuse et que les cellules cartilagineuses contenaient aussi des granulations graisseuses.

L'abcès au milieu duquel se trouve le cartilage fuse dans le tissu sous-muqucux, dans les articulations, et finit par proéminer, soit du côté de la muqueuse laryngienne, soit du côté de la peau ou du pharynx. Il ne tarde pas à s'ouvrir et laisse échapper, avec le pus, des fragments de cartilage le plus souvent calcifiés ou ossifiés, surtout s'il s'agit d'une phthisie laryngée.

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