‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 2)Chapitre 162 sur 239 · INFLAMMATION CATAUBUALE DE LA VESSIE · texte numérisé non relu

INFLAMMATION CATAUBUALE DE LA VESSIE

un aspect trouble ou laiteux, et il se produit toujours, au Tond d« vase où elle est reçue, un dépôt muco*purulent abondant. On trouve alors dans Turine, ai^ moment où elle est rendue, des bactéries qui sont en rapport avec la présence du muco-pus, et souvent on consialeles signes de la fermentation .ammoniacale. La cystite est fréquemment déterminée par l'introduction de bactéries à la suite do catbétérisme.

Dans certains cas d'inflammation intense limitée au bas-fond de la vessie, on y voit, à Tœil nu, de petites vésicules saillantes, ressemblant à des perles, qui contiennent un mucus transparent, ou un peu louche, et qui correspondent aux petites glandes ou utricules distendues par une sécrétion abondante. Ces glandes, hypertrophiées au point d'avoir une forme tout à fait sphérique et 1 à 2 millimètres de diamètre, sont disposées soit à la partie inférieure du trigone, immédiatement en arrière de l'ouverture uréthrale, soit comme une couronne autour du col vésical ; la muqueuse qui les entoure est foriement congestionnée. D'autres fois l'inflammation de la vessie amène la formation de papilles saillantes à sa surface.

Lorsque le catarrhe a duré un certain temps, le tissu conjonctif sous-muqueux irrité devient plus dense et plus épais, en même temps que les fibres musculaires de la paroi vésicale s'hypertrophient. La saillie des plis transversaux surtout détermine des loges et anfractuosités dans lesquelles la muqueuse s'enfonce (vessies à co^ tonnes). Dès 101*8 la vessie ne se vide plus facilement, ni complètement; la stase de l'urine, jointe à son mélange avec des globules de pus, et à la présence de baelériés, amène sa décomposition, son alcalinité, et le dépôt de calculs urinaires.

L'inflammation aiguë intense de la vessie peut se terminer, rarement, il est vrai, par une suppuration du tissu conjonctif sousmuqueux et par une ulcération qui fait communiquer la surface de la vessie avec un abcès sous-muqueux. Une perforation de la vessie, une inflammation limitée au péritoine qui l'entoure, une communication anormale de la vessie avec le vagin ou avec l'inteslin peuvent en être la conséquence.

Dans d'autres cas., la violence de l'inflammation, la paralysie de la vessie et le séjour de l'urine qui en résultent, amènent une gangrène de la muqueuse. Celle-ci est ramollie, brune par places ou presque noire ; elle peut être irrégulière & sa surface, avec des débris viUeux incrustés par des sels de l'urine, par des phosphates de chaux en particulier. La vessie renferme un liquide brunâtre contenant du

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inu6us, du pus, des f t-agmcnts provenant de là destruelion de la muqueuse et des globules du saDg. Les suites de cet état soot une d"truclion de la muqueuse en un point, l'infiltr^Uon de l'urine dan* i -tissu conjoDctir voisin, les abcès urineux, la péritonite locale oa;-^ -néralisée. La pyélo-néphrite est aussi fréquemment liée à lacrstilgfravé.

Les cystites chroniques s'accompagnent souvent de la préseocc .icalculs vésicatix. Céux-d, venus du rein ou du bassinet, ou forui-. -dans ta vessie, sont plus où moins volumineux, libres ou enchasH^ dans une des l(^es que présente alors cet organe. Ces calcula y>n' -formés d'acide urique, d'urates, d'oxalatc de chaux, de ]rfi05ptBide chaux, de phosphate ammoniaco-magnésien ou de carboDat' de chaux. Bien plus rarement, ils sont composés de santhine; r- -sODt accompagnés d'un catarrhe chronique de la vessie, et assez ;<'«:vent d'une inflammation chronique, portant en même temps 5nr r rein et sur le bassinet, d'une pyélo-néphrite.

Des cystites ulcéreuses se montrent dans la pyohémlc, la lié» typhoïde, les. ûèvres éruptives {Slaves, etc. Une portion limit<> '-' superficielle de la muqueuse, infilLrée d'un exsudai composr" cellules lymphatiques, de fibrine et de bactéries, se ramollit et ■ détruit pour donner naissance à une ulcération à fond grisâtre ncération diphthérique des auteurs allemands). On a noté des f -tules varioliques sur la muqueuses vésicale, en même temps qi ■sut la muqueuse uréthralc.

L'inflammation catarrhalc de l'urétkre consécutive h un biT["au passage des sondes, ou à un coït inrcctanl, est le plus sw^ '■ aiguë.

La bleniiorrhagic infectieuse est causée par la présence dtt-

crococci (gonococci) qui sont en nombre plus ou moins considérai'' dans rintéricur de beaucoup de ccllulos épilhélialcs cl de r'-lliii'~

BLENNORRHAGIE URÉTHRALE. 0i9

ondes migratrices contenues dans Texsudai puriforme ou libres lans le liquide péritonéal. Ces micro-organismes décrits par Neiser (1), Haab (2) et Martin (3) sont très faciles à colorer par les coueurs d'aniline. La blennorrhagie dure de un à plusieurs mois et Ile peut s'accompagner de métastases inflammatoires dans les sé- «uses tendineuses et articulaires. La blennorrhagie est localisée , oit à la région antérieure de Turëthre, comme, par exemple, la bsse naviculaire, soit à la portion bulbeuse, soit à la région prosatique, ou bien elle est généralisée.

La formation de cellules lymphatiques, la desquamation des cellules épithélialesy la présence de globules sanguins en plus ou moins grande quantité, la congestion vasculaire, etc., sont les mêmes $ur la muqueuse uréthrale que sur toute muqueuse. Lorsque l'in- Dammation est très intense, elle envahit plus ou moins le tissu conjonctif sous-muqueux, et même le tissu érectile des corps spon- ;;teux. 11 en résulte quelquefois une inflammation des vaisseaux lymphatiques de la région dorsale de la verge, caractérisée par des traînées et des cordons.

Lorsque le tissu conjonctif sous-muqueux, très enflammé, est inlilué de cellules lymphatiques, lorsque le corps spongieux est lui-même atteint, son tissu érectile ne peut plus se prêter à l'érection. Celle-ci, si fréquente et si douloureuse dans la blennorrhagie aiguë, donne alors lieu au gonflement des corps caverneux et du gland. Il en résulte ce qu'on appelle la blennorrhagie cordée, dans laquelle la corde est formée par î'urèlhre. Tare par les corps caverneux et le gland tuméfiés.

L'inflammation blennorrhagique de la muqueuse uréthrale se localise aussi quelquefois avec une grande intensité aux glandes et au pourtour des glandes, dans le tissu conjonctif qui les entoure, de telle !^orle que des abcès naissent soit à la fosse naviculaire, soit au niveau ^es glandes de Cowper. Lorsque ces abcès, contenant une quantité <l€ pus variable, s'ouvrent à la peau, ils ne donnent pas d'accidents aussi gi-aves que lorsqu'ils s'ouvrent dans l'urèthre. La conséquence ^^ leur ouverture dans l'urèthre serait en effet une infiltration urtneuse ayant de la tendance à gagner le tissu conjonctif du pirinée, si l'on ne se hâtait de faire à la peau une contre-ouverture.

0):Sew8cr, Centralhlatt f. med. Win., 1879/ <•» Haab, Corresp. Bl. fur Schôweisser-Aeniey 1881.

<3) Martin, Rec/ierches sur les inflammation» métastatiquei iuppuréeê à la suite de •^90i«wtA«; Genève, 1883.

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