TUBERCULOSE DE LA TRACHÉE
Les lymphadénomes ont élé observés plusieurs fois dans la muiiueuse du larynx, de la trachée et des bronches, sous la forme de nodules mous, plus ou moins aplatis, plus ou moins volumineux. Parfois ils donnent lieu à une infiltration diffuse de la muqueuse iVirchow). Us sont définis par leur structure essentielle qui est colle du tissu adénoïde (voy. 1. 1, pp. 292 et suivantes).
§ 3. — Lésions de la trachée.
Congestion et inflamm-aiion. — La congestion et l'inflammation •alaiThale de la trachée sont très fréquentes; elles se produisent non >êulen)ent sous Tinfluence des variations climatériques, mais aussi •ians les fièvres cmptives, dans la fièvre typhoïde et dans la plupart Jts maladies du larynx, des bronches, du poumon et du cœur.
La congestion, marquée par la dilatation des vaisseaux superfi-
• lels du chorion muqueux et par le changement de coloration de la muqueuse qui devient d'un rouge plus ou moins foncé, se montre au ubut de toute inflammation catarrhale. La muqueuse est alors couverte d'un mucus aéré transparent ou troublé par la présence de
• ellules lymphatiques. La rougeur de la muqueuse est plus prononcée entre les cerceaux cartilagineux et dans sa portion membraneuse. C'est là aussi que se voient le plus facilement les orifices des i^landes acineuses dont les conduits excréteurs contiennent une assez ^^rande quantité de mucus, qu'on en fait sourdre par la tension et par la pression de la muqueuse.
l/examen au microscope des coupes de la trachée enflammée fait 'onslaler, dans le revêtement épithélial, dans le tissu conjonclif et l'î glandes, les lésions qui ont été décrites précédemment (t. Il, It- 12 et suiv.), lésions dont l'inflammation trachéale aiguë ou ' hronique présente le type le plus complet.
Les pustules varioliques, à leurs diff'érents Ages, l'inflammation inlense superficielle et profonde qu'elles déterminent, la fausse membrane qui les recouvre, lorsqu'elles sont confluentes, présentent l-'s mêmes détails de structure dans la trachée que dans le larynx it.n^p. 44).
La diphthérite, lorsqu'elle a débuté par le larynx, s'étend souvent Jt la trachée.
Tubcrcti/cs. — A l'autopsie de sujets morts de tuberculose pulmonaire, bien que la membrane muqueuse de la trachée soit simple-
ment tuméfiée et inégale, couverte de muco-pus, mais sans ulcérations ni granulations caractéristiques à simple vue, l'examen micro scopique y fait parfois découvrir une infiltration tuberculeuse. Lr tissu conjonctif du chorion et celui qui pénètre entre les faisceaux musculaires lisses et dans les lobules glandulaires contiennent alo^^ de nombreuses granulations tuberculeuses. Mais le plus souvent la surface de la muqueuse montre, soit le relief de tubercules isol/*5 ou agminés situés sous le revêtement épithélial, soit des érosions *:\ ulcérations provenant de la destruction d'un tubercule isolé ou d* plusieurs d'entre eux groupés pour former une plaque superficielle.'. Les ulcérations tuberculeuses de la trachée, plus fréquentes qu«* celles du larynx, sont, comme ces dernières, serpigineuses, plus ou moins nombreuses et étendues ; elles sont limitées par un bord blanchâtre sinueux et festonné. Superficielles d'abord, elles montrent au niveau de leur fond une surface rouge ou grisâtre souvent bourçroonnante. Lorsqu'elles se sont étendues en profondeur, les cerceaux cartilagineux peuvent être mis à nu. Le siège le plus commun do> ulcérations tuberculeuses est entre les cerceaux cartilagineux ou dans la portion membraneuse de la trachée ; mais parfois aussi ellt's envahissent les portions de cette membrane qui recouvrent les cartilages. Souvent la trachée tout entière est couverte d'une éruption d»* granulations confluentes en partie ulcérées. Presque conslammen' les tubercules sont plus rapprochés, l'infiltration néoplasique de la muqueuse est plus profonde, et les ulcérations sont plus nombreus«\< et plus larges à mesure qu'on se rapproche de la partie inférieunde la trachée et de sa division.
Des coupes de la trachée tuberculeuse permettent d'observer loute> les lésions du revêtement épithélial que nous avons déjà exposées à propos de l'inflammation des canaux aériens (voy. t. H, p. 17) et à propos des tubercules du larynx (t. II, pp. 56 et suiv.). ha disposition des tubercules, l'infiltration tuberculeuse du chorion muqueux t'i celle des glandes sont les mêmes que dans la muqueuse larynjfiennt'. Les faisceaux de fibres musculaires lisses qui forment des Iam«*> épaisses entre les cerceaux cartilagineux et dans la portion membraneuse sont généralement atteints; le tissu conjonctif qui sépare le> faisceaux musculaires est rempli de petites cellules qui s'accumulent de distance en distance sous forme d'îlols; au milieu de ceux-ci, on trouve des vaisseaux oblitérés et des cellules géantes.
Le tissu conjonctif qui entoure les cartilages est également enflammé. Ces derniers présentent souvent une multiplication de leurs