‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 2)Chapitre 199 sur 239 · ROUGEOLE · texte numérisé non relu

ROUGEOLE

3unes femmes. Hais si les taches ont duré pendant plusieurs jours, omme, par exemple, les taches de la roséole syphilitique ou même îs taches rosées lenticulaires de la fièvre typhoïde, il s'est fait soueot dans le tissu conjonctif de la peau, à leur niveau, une sulTuion sanguine, une diapédèse de quelques globules rouges, de telle orte que la- pression du doigt, en les faisant pâlir, laisse voir une sinte jaunâtre ou ecchymo tique très légère. Lorsqu'on examine au licroscope les coupes de ces taches à leur début, on apprécie rabord la dilatation des vaisseaux du derme et surtout du réseau apillaire, qui sont remplis de sang; mais, en même temps, on peut ODslater que les cellules migratrices sont en plus grand nombre [u'à rétat normal. Ces cellules siègent dans les papilles et dans le orps muqueux de Malpighi. Il existe, en même temps, quelques ;lobules rouges, en dehors des vaisseaux, dans la couche la plus uperficielle des papilles, et, si Ton a affaire à des macules datant léjà de plusieurs jours, on trouve, à la place des globules rouges, lu pigment sanguin, situé à la surface des papilles ou à la base lu corps muqueux. Les taches de la roséole syphilitique durent in temps plus ou moins long, pendant lequel certaines d'entre elles [meuvent passer à l'état papuleux. Elles laissent souvent à leur place ioe pigmentation de la peau, surtout manifeste au cou, présentant ane couleur jaunâtre ou brunâtre irrégulièrement disséminée, parfois très légère, mais tout à fait caractéristique, qui alterne avec les places où la peau a conservé sa blancheur. Ces caractères pernnettent de distinguer la roséole syphilitique des autres espèces Je roséoles, telles que la roséole estivale ou saisonnière, la roséole ('opahique, etc.

L'éruption de la rougeole appartient aussi aux congestions cutanées. Elle se manifeste par des taches d'un jaune rougeâtre, plates ou légèrement acuminées, pâlissant sous la pression du doigt, ou par de petites papules rouges correspondant aux orifices des follicules (rougeole boutonneuse). Les taches sont quelquefois déchiquetées îiur leurs bords, irrégulières, souvent en forme de demi-cercles. Nous avons pu examiner un fragment de peau enlevé sur le vivant au second jour de l'éruption, au moment où elle est le plus intense.

Nous avons constaté la réplétion des vaisseaux, la présence de ((uelques cellules migratrices dans les papilles et dans le corps muqueux de Malpighi et de granulations pigmentaires jaunes dans la couche superficielle des papilles. Sur les coupes fortement colorées

CORNIL BT RANVIER. II. — 49

par le séjour pendant vingt-qualre heures dans un solution mi-partie aqueuse, mi-partie alcoolique de safranine, nous avons consUi^ la présence de petils micrococci bien colorés en rouge, isolés (»4 réunis par petits groupes irréguliers, situés le long des vaiss^oi. dans le tissu conjonctif, à la base des papilles et dans leur înlérienr. Le troisième jour de l'éruption, les macules commencent à pilir. elles revêtent une couleur jaune brunfttre et disparaissent complèi'^ ment vers le quatrième jour en moyenne ; on peut encore rec«h naître une teinte jaunâtre ou ardoisée sur quelques parties du coq»^. et à leur niveau Tépiderme se desquame sous la forme d'une hUK poussière blanche.

L'éruption de la scarlatine est cai*actérisée par un érythème fio.ment pointillé, dont les points rouges, vus à une certaine dislaac^, se fondent en une teinte uniformément rouge ou écarlate. L'exanthème disparaît sous la pression du doigt. L'éruption, très variable dans sa dissémination, l'est encore plus dans sa durée, qui peut iU' de quelques heures et passer inaperçue ou, au contraire, durer i^^ longtemps. La peau, qui reste quelquefois tuméfiée, comme œdém^ teuse, est le siège d'une desquamation épidermique par larges squame^ qui dure encore quinze ou vingt jours après le début de l'éruption Pohl-Pincus a trouvé de petites bactéries dans les lamelles épidei* miques desquamées.

Nous rapprochons de ces éruptions de l'homme celle qui est Jisgnée sous le nom de rouget chez le porc et qui, caractérisée par udc rougeur diffuse superficielle de la peau, accompagne une maladi-. générale fébrile (mal rouge, fièvre enlérique, pneumo-enlérile». D'après Klein, les micro-organismes qui causent cette maladie son: des bacilles, tandis que Pasteur et Thuillier n'ont trouvé que itî micrococci qui siègent dans le sang. Sur des pièces de la peau qui nous avaient été données par Nocard, nous avons vu, dans les nir seaux dilatés des papilles, des micrococci qui circulaient avec lesao}: sans produire de thromboses.

Congestion œdématelse de la peau. — Lorsque rhyperhén::»' s*accompagne d'une distension névro-paralytique des vaisseaux* i la sérosité s'épanche dans le (issu conjonctif. Il se produit ainsi uo œdème accompagné de congestion, une tuméfaction de la peac limitée, sous forme do boutons ou de plaques aiTondies, circiDé''\

ÉRYTHÈHE PAPULEUX. — ÉRTTHÈME MULTIFORME. 763

(l'étendue variable. Il est facile de se rendre compte du rôle des nerfs cl des vaisseaux dans lu production de ces œdèmes congestifs. Chez certaines femmes nerveuses, l'impression du bord tranchant de Tongle sur la peau détermine des lignes rouges d'abord au moment où les capillaires se dilatent, puis œdémateuses, blanches, élevées, saillantes lorsque la dilatation névro-paralytique favorise la sortie du sérum et son épanchement dans le tissu cellulaire. Autour de la partie aeuminée, qui est distendue et blanche, on observe une zone rosée ou rouge. Par un mécanisme analogue, des saillies papuleuses blanches, entourées d*une zone de congestion, naissent parfois sous Toogle quand on gratte le point douloureux qui vient d'être piqué par une puce ou un moustique, et des éruptions papuleuses accompagnées de démangeaisons se montrent sous l'inQuence de causes diverses. On range dans ces dermatoses congestives et œdémateuses lérythème papuleuxy Vérythème exsudatif multiforme ou polymorphe de Hébra, Vuriicairej Vérythème noueux et le pityriasis rosé,

Érythème papuleux. — L'érythème papuleux, qui siège surtout aux parties découvertes, est caractérisé par des papules plates, arrondies, isolées ou groupées, souvent congestionnées, rosées ou d'un rouge vineux, dont la couleur et le relief disparaissent en totalité ou en partie par la pression du doigt et qui guérissent spontanément et rapidement. Nous avons examiné des coupes de ces papules prises sur le vivant et durcies dans Talcool. Les couches épidermiques sont intactes et la migration des cellules dans le corps muqueux de Malpighi y est rare, si nous en jugeons par notre propre expérience. On trouve quelques cellules cylindriques du corps mu* queux en division indirecte. Les papilles sont tuméfiées ainsi que le derme. Tout le tissu conjonctif du derme est infiltré de sérosité; on y voit un assez grand nombre de cellules migratrices qui sont surtout accumulées autour des vaisseaux de la base des papilles et autour des follicules pileux et des glandes.

Vérythème exsudalif multiforme de Hébra est une affection aiguë caractérisée par la multiplicité .et la variété de l'éruption. Il siège de préférence à la face dorsale des mains, aux avant-bras, aux pieds, aux jambes, à la face, au front; l'éruption est généralement symétrique. On voit tantôt des taches disséminées de l'étendue d'une tète d'épingle ou d'une lentille, de couleur rouge-cinabre, pâlis-

sant sous la pression du doigt, plates ou un peu saillantes au-dessus du niveau de la peau. Ces taches augmentent rapidement d'étendue, deviennent cyanotiques; ou bien leur centre pâlit, tandis que leur bord reste rouge (érythème annulaire) ; ou bien, au milieu du centre blanc, on voit se produire une tache rouge (érythème iris). Les taches se transforment souvent en papules d'érythème papuleux ou d'urticaire. Sur ces papules, il se développe parfois de véritables vésicules (érythème vésiculcux, herpès iris) ou des bulles (érythème buUeux). La durée de l'éruption varie d'une à cinq ou six semaines.

V érythème noueux (dermalite conlusiforme) se manifeste par des intumescences ou nodosités profondes et proéminentes de la grosseur d'une noisette et quelquefois d'une noix, dures, siégeant le plus souvent aux deux jambes et à la face dorsale des pieds, plus rarement aux avant-bras et aux cuisses. Ces nodosités passent rapidement de la couleur rosée ou rouge à la couleur bleuâtre, jaunâtre, verdâtre, en même temps qu'elles diminuent de volume. Elles sont accompagnées quelquefois d'ecchymoses et même d'un épanchemenl sanguin sous-cutané. Au point de vue anatomique, elles consistenl en une infiltration séreuse de toutes les couches du derme et du I issu conjonctif sous-cutané, avec diapédèse de globules rouges et de globules blancs et stase du sang dans les vaisseaux.

XJurticaire se manifeste par des plaques rouges ou blanches à leur centre et rosées à leurs bords, formant des élevures aplaties, arrondies ou irrégulières, réunies parfois en anneaux, d'une durée éphémère et résultant d'un œdème congestif semblable aux éruptions précédentes.

Le pityriasis rosé de Gibert, pityriasis rubra disséminé (Bazin), érythème papuleux desquamatif (Vidal), pseudo-exanthème érythémato-desquamatif de Besnier, est caractérisé par des papules supeificielles, à poussées successives, entourées d'une zone érylhéinateuse, formant par leur confluence des dessins variés, disques, croissants, et qui se terminent par une desquamation furfuracée. Nous avons examiné un fragment de papule enlevé sur le vivant et constaté les mêmes lésions que dans l'érylhème papuleux. Les papilles et le derme présentent quelques cellules migratrices; on constate, dans les cellules cylindriques du corps muqueux, des noyaux en voie de division indirecte et un petit nombre de cellules migralricos entre les cellules du corps muqueux.

Taches uémorrhagiques. Purpura. Pétéchies. — Les divei-ses

Page 1