PURPURA
espèces de purpura^ telles que le purpura simple, la péliose rhumatismale ou purpura rhumatismal, le purpura hémorrhagique apyrétique ou maladie de Werlhoff, le purpura fébrile qui constitue les rasch, celui qui succède à certaines affections de la moelle et des nerfs (Faisans), ou à certaines cachexies cardiaques (Rigal et Cornil) et le purpura cachectique sont essentiellement caractérisés au point de vue anatomique par un épanchement sani^uin dans les couches superficielles du derme et dans les papilles. Le purpura se manifeste par des taches de la couleur du sang, sans élevure de la peau, ne disparaissant nullement par la pression du doigt, et qui passent par les couleurs variées el successives des ecchymoses. Sur la section d'une de ces taches pui*puriques durcie dans Taeide os-* mique ou la liqueur de Mûller, on voit que les vaisseaux sanguins sont dilatés dans les papilles et dans le derme. Un grand nombre (le globules rouges sont interposés aux faisceaux connectifs du derme immédiatement au-dessous des papilles; ils sont moins nombreux dans les papilles même, dont les minces faisceaux sont plus serrés.
Plus tard, au lieu de globules rouges reconnaissables, il n'existe plus que du pigment sanguin.
Nous avons vu quelquefois (observations de Jardet (1) et de Leloir), dans des taches hémorrhagiques récentes de purpura cachectique, les vaisseaux des papilles et du derme dilatés d'une façon très remarquable, si bien qu'on se demandait si l'on n'avait pas affaire à de véritables angiomes en miniature. Les capillaires des papilles, par exemple , atteignaient un volume dix ou vingt fois plus considérable qu'à l'état normal, et ils étaient remplis de sang. II existait très peu de globules rouges épanchés dans le tissu conjonctif voisin de ces dilatations. Dans d'autres taches purpuriques un peu plus anciennes, nous avons trouvé, autour des vaisseaux pareillement dilatés et pleins de sang, des cellules migratrices dont un certain nombre étaient remplies de pigment sanguin. Les cellules migratrices ont en effet pour fonction de prendre et de conserver dans leur protoplasma les molécules de pigment lorsque Thémorrhagie interstitielle est en voie de résolution (voy. t. I, p. 486).
On a trouvé parfois une véritable prolifération de l'endothélium des vaisseaux (Hayem) et des capillaires (Leloir).
(1) SoeUté amUamiiiue, 1883.
Les plaques de purpura se terminent par résolution lorsque \t^ faisceaux de fibres ne sont pas écartés par une trop grande qualité de sang et lorsque la circulation n'est pas abolie dans les nuseaux comprimés. Mais dans le cas coatraire, il peut surveninui morliflcalion du tissu conjonctif infiltré. Les plaques hémorrhapques se transforment alors en plaques gangreneuses; leursuriair est noire; Tépiderme est soulevé à leur niveau par de la séro^it transparente ou roussâlre ; les bulles ainsi formées qui contieaoea: un plus ou moins grand nombre de globules sanguins se crèveni, le liquide s'écoule et laisse à nu la partie superficielle du denne, de couleur noirâtre, qui se dessèche ou s'ulcère. Les coupes de L peau mortifiée montrent alors une infiltration par la matière colcrante du sang, des globules rouges altérés entre les faisceaux d. tissu conjonctif, du pigment, etc. (voy. 1. 1, p. 61).
V hématidrose ou sueur de sang est surtout en rappoit avec Tbystérie, ainsi que Parrot l'a démontré; c'est la lésion des stigmatisées. La peau rougit en un point, se tuméfie, puis du sang s'écoule tr gouttelettes rosées ou rouges. Ce phénomène parait résulter d^uo*^ hémorrhagie qui se fait dans les glandes sudoripares plutôt qu^. d'une anomalie de la sécrétion de ces glandes.
TA.CHES piGMENTAiRËS. — Lcs tachos pigmentaires sont souvent. ainsi que nous venons de le voir, la suite de papules ou de tacbtr> dans lesquelles du sang a été exti^avasé. Il existe d'autres affei* tions cutanées dans lesquelles la formation du pigment est exagérée, tels sont les éphélides ou taches de rousseur, les taches de gri'S' sesse et le méUisma^ qui se manifestent sous forme de petites Ucfae^ grises, ardoisées ou noires. Au niveau de ces taches, on trouve uik grande abondance de granulations brunes ou noires dans les cellules du corps muqueux de Malpighi.
Dans certaines cachexies, chez quelques malades atteints de tubeiculose chronique du péritoine et de l'intestin, dans la cachexie paludéenne, dans la pellagre, la cachexie saturnine, on observe pai places ou sur la plus grande partie du corps une coloration foDcn de la peau. La coloration, qui se montre chez les saturnins au nm^^ des lèvres et delà joue, est due à un dépôt de sulfure de plomb dan> les cellules fixes du tissu conjonctif, dans les papilles, au pourtuur des capillaires sanguins. En même temps, on trouve, dans h mailles du derme, un certain nombre de cellules migratrices chargées de grains de sulfure de plomb (Renaut). La coloration noiiilre
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de la peau qui survient chez les malades soumis pendant longtemps à un traitement interne par le nitrate d'argent (argyrie), est également due au dépôt d'argent dans le tissu conjonctif et non dans les cellules épidermiques. Une coloration analogue se montre dans le tissu conjonctif des organes internes, dans le rein par exemple, au niveau des glomérules.
Dans la maladie bronzée d'Addieon (voy. t. II, p. 521) la peau est plus ou moins ardoisée ou olivâtre, comme la peau d'un nègre. Elle est, de plus, tachetée par places de petites plaques plus noires qui se montrent surtout à la face, aux aisselles, aux seins, aux mains, aux lèvres, à la face interne des joues. Sur les coupes de la peau perpendiculaires à sa surface, faites après le durcissement dans Talcool et examinées, sans coloration, dans la glycérine, on constate une pigmentation de tout le corps muqueux, plus accusée cependant au niveau des cellules cylindriques en contact javec les papilles^ comme cela s'observe chez le nègre. Les papilles et la région superficielle du derme offrent aussi des granules pigmentaires situés dans les cellules fixes du tissu conjonctif, principalement autour des vaisseaux.
Par le tatouage, on fait pénétrer dans la peau, à l'aide d'aiguilles, diverses poudres colorées, indigo, vermillon, poudre à canon. La couleur en est indélébile et ne peut être modifiée que par la cautérisation du derme. Cependant les grains colorés peuvent être pris en partie par les cellules migratrices, car on les trouve dans les ganglions où aboutissent les vaisseaux lymphatiques des parties lalouces.
Taches achromiques. — Le pigment cutané, au lieu d'être plus abondant qu'à l'état normal, peut manquer par places ou sur une grande partie du corps. Ainsi, au niveau des cicatrices superficielles, des plaques de la teigne pelade, de certaines plaques de la lèpre anesthcsique, la couleur de la peau est absolument blanche ou moins colorée que les parties avoisinantes. L'albinisme constitue aussi une achromie plus ou moins intense et généralisée.
Taches dischromiques. — Le vitiligo représente une inégalité très remarquable de la distribution du pigment cutané. Cette lésion consiste dans Tapparition de plaques décolorées pins ou moins larges, d'un accroissement lent ou rapide, plus ou moins nombreuses, qui débutent isolément et se fusionnent ensuite et qui sont
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toujours entourées d'une zone de la peau où le pigmeDi s'. Cette hyperchromie du bord de la plaque décolorée conduirait i penser que le pigment , en abandonoant la plaque de vilitigo, n porte et s'accumule à sa circonféreDce. Sur la plaque bUndie qui est mince et sèche, les poils sont toujours blancs. Lorsqu'on eu mine au microscope la peau durcie dans l'alcool, sur des anpe non colorées, verticales, comprenant & laTois la plaque et m
bord, on voit que l'épiderme de la peau avoisinante est très pigmenté. Le corps muqueux tout entier contient des granules brait ou noirs accumulés surtout autour des noyaux des cellules cylindriques implantées sur les papilles. Les papilles elles-mêmes ^)i:i bien développces. ku contraire, au niveau de la plaque centrale, l'épiderme est tout à fait dépourvu de pigment. De plus, se; diverses couches sont amincies; la couche cornée existe, mai* ti couche granuleuse est parfois absente (Le)oir). Les cellules cylindriques du corps muqueux peuvent aussi manquer et le corps muqunu ne présente plus que deux ou trois couches de cellules pavimesleuses. A ce niveau, les papilles du derme sont aplaties, peu saillantes; te derme se limite par une ligne presque horizontale, fl il est aminci lui-même comme chez les vieillards. Les nerfs qui arrivent i^ ces plaques, examinés après l'action de l'acide osmique, pivsentent souvent les lésions de la névrite parenchymateuse caraviérisée par une fragmentation de la myéline, par sa disparition sur une plus ou moins grande étendue des tubes nerveux, par la multiplio lion des noyaux de la gaine de Schwann et même par la disparilino du cylindre d'axe. Ces lésions, décrites par Leloir (1), ont élé vt^ri-
(!) Heeherehei diniqiwi el analomo-palbotogiquei tur la affeelUnu tulaur/i /•"■ gint nerrtuu. Pari», Lccroinier, it Progrét médical, 1881.
CEDfiME CUTAIIË. 7A9
lées par Déjerine, Schwimmer et Pitres. Les glandes de la peau ^ont plus on moins atrophiées, ainsi que les follicules pileux.
Œdème cutahé. — Nous avons défini suffisamment (t. I, p. 480) 'œdème du tissu conjonctif, au point de vue de la physiologie et de 'histologie pathologiques, pour n'avoir pas à revenir sur ces consilérations générales. Lorsque la peau est le siège d'un œdème limité lu généralisé, quelle qu'en soit la cause, elle est tendue, hianche, ■paisse, ainsi que le tissu conjonctif sous-jacent, et elle présente «uvent une sorte de semi-transparence. La pression du doigt déteriiine très facilement un enfoncement qui persiste quelques minutes )u davantage (œdème mou) ou qui exige une certaine pression et a dépression s'efface 3101*3 de suite (œdème dur). Lorsque l'œdème •st très prononcé, la surface de la peau présente des saillies linéaires Ju mamelonnées semi-transparentes, qui parnssent quelquefois mies par des prolongements, de telle sorte qu'on pourrait penser lu premier abord qu'il s'agit de vaisseaux lymphatiques distendus; nais cette apparence est due simplement à un œdème plus ou moins iccusé des papilles.
Si l'on examine au microscope des coupes de la peau œdématiée ■près durcissement par la liqueur de Miiller, la gomme el l'alcool, m reconnaît que les vaisseaux capillaires sanguins sont très appa-
rents et gorgés de sang quoique la peau paraisse à 1 œil nu blanche et anémique. Les faisceaux du tissu conjonctif «ont écirtés les uns
des autres par une cerlaine qiiuniilé de sérosité dans bqaelleoE trouve généralctnent un petit nombre de cellules l]rtDpliilique> libres.
Ouelquefois cet œdème est très prononcé au niveau des papitl^^ Les fibrilles du tissu conjonctif et élastique qui entrent dans Itnr composition baignent dans un liquide transparent coDlenant u nombre variable de cellules miftratrices ; les papilles ont acquis ni volume relativement considérable, tout en conservant leur lorine.
Dans le derme, les épais Taisceaux du tissu conjonctif sont au» séparés par de )a sérosité contenant plus ou moins de cellules migi-Hlrices. Ces cellules forment souvent des amas ou des Ilots irré^vlièremenL disséminés.
Les vaisseaux lymphatiques sont dilatés (Renaul), et, au lieu i. se montrer sous la forme de fentes étroites, comme dans la peit normale, ils présentent celle de larges espaces étoiles, béants; leur section dépasse quelquefois en dimension celle des plus ^tcvaîsseaux sanguins du derme.
Celte dilatation des lymphatiques est constante dans l'œdème dr
la peau. Young (1) avait décrit autrefois les espaces iatcrfasciiu-
(I) Young. Zur Anatomie lies adtmatosen Ilivt. (Winier. Akad. Sitvt'i^- l'" S. 951. 1868).