‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 2)Chapitre 201 sur 239 · DERMITE EXPÉRIMENTALE CAUSÉE PAR LES BACTÉRIES · texte numérisé non relu

DERMITE EXPÉRIMENTALE CAUSÉE PAR LES BACTÉRIES

laires du derme dilatés et remplis de liquide comme des vaisseaux lymphatiques; rioterprétalion donnée par cet auteur était inexacte.

Dermffes. Inflammation diffuse de la peau. — Les iuflammalions diffuses de la peau, cest-à-dire celles qui s'étendent en Dnppe sur une plus ou moins grande étendue de sa surface, sont très communes.

Elles comprennent les dermites œdémateuses causées par un agent irritant tel que la chaleur ou le froid, brûlures et congélations, par les agents chimiques, par des bactéries comme dans i'érysipèle, les dermites suppuratives plus ou moins profondes, telles que les lymphangites et le phlegmon.

Nous commencerons leur étude par l'analyse de Tintlammation ariificielle de la peau.

Dermite expérimentale causée PAR des bactéries. — Nous prendrons comme exemple le résultat de Tinjection dans le tissu cellulaire d'un cobaye de quelques gouttes d'infusion de graines de jéquirity (1). Les bacilles contenus dans cette infusion se multiplient au niveau du point inoculé, et un œdème inflammatoire envahit de proche en proche un espace plus ou moins considérable de la peau el du tissu cellulaire. Douze ou vingt heures après l'injection, le derme apparaît, sur une section verticale, infiltré de sérosité contenant des myriades de bacilles animés de mouvements. Les coupes d*uD fragment de la peau ainsi altérée, pratiquées après le durcissement par l'alcool et colorées au violet de méthyl, montrent une quantité considérable de petits bâtonnets courts, interposés partout aux éléments du derme. Dans les points où la lésion débute, les cellules fixes du tissu conjonctif sont à peine tuméfiées, mais bientôt il se produit une diapédèse de cellules lymphatiques en même temps qu'une inûltraiion de sérosité entre les faisceaux du tissu conjonctif. Les bacilles, en nombre considérable, sont situés dans les espaces interfasciculaires et le long des faisceaux; ils sont généralement dirigés dans le même sens que les fibres. On les observe aussi bien entre les fibres des papilles qu'entre les faisceaux du derme ou entre les cellules adipeuses. La migration des cellules lymphatiques qui s'effectue ensuite acquiert son maximum dans le derme, à sa partie

|i) Corail et Berlioz, Archives de phtjiiologie, 1881.

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profonde, et dans le tissu cellulo-adipeux sous-cutané. Les papiik^ sont infiltrées de sérosité, et une grande quantité de petits bl^aiH^ ou de spores se montre à leur surface, entre elles et le corps mn* queux. Les microbes pénètrent entre les cellules de Tépiderme ^. dans la gaine des poils. L'épiderme se ramollit, et les poils tomb^^or spontanément ou au moindre attouchement; la surface de la|>e.: est imbibée d'un liquide qui contient beaucoup de bâtonnets cour^ et de spores. Les follicules pileux des poils détachés senrent mittout à l'élimination des bactéries du jéquirity. Cette inflammaii»: œdémateuse peut se terminer par une mortification superfici-!. du derme ou par des abcès contenanl du pus caséeux.

On obtient une dermite œdémateuse, analogue à la précédente ^ très prononcée, en injectant sous la peau ou dans les muscles d j cobaye, du sang provenant d'un animal mort de charbon symfir matique.

Érysipèle. — L'érysipèle présente un type de dermite œdéimteuse, d'origine bactérienne, qui se rapproche beaucoup des ppcédentes. Les symptômes locaux, observés du côté de la peau, nfalisent les quatre caractères essentiels attribués à l'inOammation : \i rougeur, la chaleur, la douleur et la tuméfaction. L'érysipèle dbute par une plaque d'un rouge vif, luisante et saillante, doni ! point de départ se trouve généralement aux bords de l'orifice du» muqueuse, à la paupière, au nez, à l'oreille, ou au niveau d'un excoriation. L'extension de la plaque est plus ou moins rapide, pltt ou moins considérable. L'inflammation peut rester localisée dans li région où elle a pris naissance, ou s'étendre par poussées suciv>sives, de telle sorte que, partie de la joue, elle envahit le r.:: chevelu, l'oreille, la nuque, le cou, la poitrine, etc.

La rougeur érysipélateuse disparait par la pression, en laissa sous le doigt une teinte jaunâtre. Le bord de la plaque par leque! se fait son extension se termine brusquement par un boarrelet trf>

net.

Les recherches faites au commencement de ce siède sor TaiKh tomie pathologique de l'érysipèle avaient conduit i considérer reue afleclion soit comme une phlébite (Ribes, Copland, Cruveilhier . soit comme une lymphangite (Blandin).

Ce n'est que depuis quinze ans environ que Ton a étudié d'un» façon précise Tanatomie pathologique de raflection qui nous occu}»-

ÉRT3IPËLE. 773

ulpian {\) fit remarquer que, dans les mailles du derme, on 'Duve une accumulation de cellules lymphatiques. Volkmann et leùdner (i) montrèrent que la présence des cellules lymphatiques ans les mailles du derme devait être rattachée à la diapédèse. enaut en a donné une excellente description histologique (3). Nepveu (4) a montré qu'il y avait des bactéries dans ta sérosité e rérysipète et même dans le sang. Fehleisen a démontré que l'éry-

Pic. 9iS. — Cau|M dï la pfaa da tabula d« l'oreille dmi Vétjin tmr; 01, car(it matjaemj i, cipilliirvi Ijniphitiquoi plcini du gMnW •ouf-catiiic di>i«ndu pir les mihnM (lobiiki; g, [lando lihieiB; A. ti>i i de [lobulci blin»; ■, irldriolit ; D, TJikul» idliiFiiieii y, Elubulsi bl

pèle est causé par des bactéries ; il tes a cultivées et inoculées î lomme.

Ij Arrhivti de pkgiiologie, mnrs t8G8.

il Cenlralbtatt [nr med. W'wntuch., 15 août 1868.

^!( Dict. mq/clop. dfs Se. merf.

t) Complei retirftii de la Soc. de biologU. t, XXII, p. IM. 1870.

774 AlfATOMIE PATIIOLOCIQITR DE LA FEAD.

Sur les' coupes examinées au microscope, on voit des cellul'migrntrices infiltrées dans les faisceaux, surtout autour de$ ni~ seaux sanguins et des capillaires lymphatiques, et dans le tissu soiy cutuoé à la périphérie des lobules adipeux et des vaisseaux tynphaliques. Les cellules migrntrices sont plus abondantes dans lderme que dans les papilles. Les cellules fixes sont tuméfiées et ptuvenl aussi montrer une division de leurs noyaux.

A la diapédèse et à la multiplication cellulaire, tl se joint ud eisudat séro-fibrincux dans le derme et le tissu sous-cutané. On ^'■■■: l'endothélium de certaines fentes lymphatiques tuméfié, et quelques vaisseaux lymphatiques sous-cutanés remplis de cellules migratrices.

Les micrococci qu'on obsei've très facilement sur les coupe: C'-

Fie. 140. — Coupe du dcraïc d>u) l'^r;*>p«lc. e, etpico inlcifiiciculilrc rempli de diplocoui el i* cIuIikIIci ; 1. 1. liun ccia}i>Wi'

iorées au violet de méiliyl ont un diamètre de 0",0003. lis m'

t ù iM ~ Cuupc Jd deruo diiu I r] ipcli V, r. inWaa do dcui ■< Ktui Ijmiilial iguct tonlenint dca globulFi bUnu el ta cbn v- ' rie niknKor ( I tm conja cl f a cclu pi dn I ■«■ laiijoiKl rpl erihilc mgrtmtt. liMemant do 600 diinilrci.

réunis deux par deux ou en chapelets qui présentent souieol un forme sinueuse. Dans les préparations de la peau érysipélaleusr. vt

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