‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 2)Chapitre 212 sur 239 · TUBERCULES SYPHILITIQUES. — GOMMES DE LA PEAU · texte numérisé non relu

TUBERCULES SYPHILITIQUES. — GOMMES DE LA PEAU

Les tubercules syphilitiques (1) représenlent des papules grossies et profondes, établissant un intermédiaire entre les papules et les gommes. Ils sont isolés ou groupés; leur siège est à la face, au niveau des orifices cutanés des muqueuses, au front, au cou, aux jambes. On en dislingue deux variétés, la syphilide tuberculeuse sèche et la syphilide tuberculo-ulcéreuse.

Les premières, caractérisées par une couleur cuivrée analogue à celle des papules, se groupent en segments de cercles ou en cercles complets, se recouvrent de squames épaisses, presque croûteuses, bien qu'il n'y ait pas d'ulcération, et peuvent guérir en laissant après elles des cicatrices blanches ou pigmentées. L'infiltration par des cellules et la destruction partielle du tissu conjonctif ti*ansformé en tissu cicatriciel peuvent s'effectuer sous un épiderme intact ou faiblement irrité.

Les tubercules ulcérés sont isolés ou plus souvent groupés. Ils s'étendent parfois à une surface considérable de la peau du crâne, de la face, du front, du nez, des joues, de la partie postérieure du tronc, des épaules et des membres. Les ulcérationsj donnent lieu à des pertes de substances étendues, dans lesquelles les cupules ou dépressions répondant aux tubercules détruits se réunissent en formant des figures circinées. Les ulcérations sont profondes et taillées à pic dans une peau épaissie et dure, infiltrée de petites cellules ; les bords de l'ulcération sont rouges et enflammés, quelquefois très hypertrophiés.

Par l'examen microscopique, on constate dans le derme et les papilles des lésions inflammatoires analogues à celles du phlegmon ; leur tissu conjonctif, bourré de cellules rondes, se mortifie par blocs plus ou moins volumineux.

Entre les tubercules syphilitiques et les gommes cutanées (2), il n'y a qu'une différence de degré, si bien que Fournier décrit les uns avec les autres. Les gommes sont des inflammations du tissu sousdermique qui se propagent au derme, et finissent par s'ouvrir en donnant lieu à une perte de substance profonde, cratériforme, plus considérable à son fond qu'à son orifice cutané, par où le tissu enflammé et mortifié s'élimine lentement à la façon du bourbillon d'un furoncle. Pendant leur période de formation ou de crudité, les

(1) Nous avon» donné, tome I, page 218, la description du chancre induré. (2)Vo7ez, pour les gommes considérées en général, tome I, p. 223 à 233.

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gommes sont caracLérisées par une tuméfactioa profonde, indoloo'. qui passe souvent inaperçue. Ace moment, les coupes de la pmi montrent que les couches superficielles , l'épidertne , la coDch' dermo-papillaire et la partie moyenne du derme, sont intactes (li Peu à peu la tumeur s'accrott; elle peut acquérir, exceptionnelleméat, il est vrai, le volume d'un œuf de poule. A sa période d'état, le tissu adipeux el la moitié inférieure du derme sont bourrés li^ petites cellules, ayant remplacé la graisse, étouflant les faisceaux ilu tissu conjonctif ; les vaisseaux, dont les parois sont épaissies el é^^lemenl infiltrées, sont parfois oblitérés, remplis de fibrine et de crlhites lymphatiques. A In suite de ce processus, il survient une ntom-

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fication, un état cnséeux de l'exsudal et du tissu dermique. Tu';' les patties situées dans la profondeur du <îerme, cl on partinili r glandes sudoripares, sont enflammées (voy. lig. 37-i). ilienlôl il -. produit une inllammation ulcéralive. A partir de ce moment, cornmence une élimination lente des produits mortifiés, qui peut dui-r un ou deux mois et qui est suivie d'une cicatrice déprimée. Tjsouvent les gommes gagnent le périoste, lorsque la peau atteint, celle des jambes par exempte, est voisine d'un os.

ULCËnSS DE LA PEAU.

Nous n'étudierons dans ce chapitre que le chancre mou ei U* ■<" perforant du pied.

(I) Corni). Lepnu lur la fijphUii. p. 819.

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