‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 2)Chapitre 213 sur 239 · MAL PERFORANT DU PIED · texte numérisé non relu

MAL PERFORANT DU PIED

Chancre mou. — Le chancre mou débute par une petite papule I laquelle succède très rapidement une pustule qui se rompt en donlant lieu à une ulcération dont Textension se fait en largeur et en profondeur. Dès le premier septénaire, le chancre est à sa période i*état, constitué par une perte de substance plus ou moins profonde, iratériforme, dont les bords sont taillés à pic, renversés, décollés, dont le fond est bourgeonnant et anfractueux, sécrétant un pus sanieux. Les ganglions inguinaux tuméfiés sont assez souvent le siège d'une suppuration qui s'ouvre et donne lieu à un ulcère chancreux. Sur les coupes du chancre mou, on reconnaît que Tépiderme, la couche papillaire et la partie superficielle du derme sont détruits au niveau de Tulcération, et que le fond de cette dernière est tapissé de bourgeons charnus. D'après cet exposé succinct, on peut juger les différences anatomiques qui séparent le chancre mou du chancre induré. Ce dernier en effet est papuleux au début; les couches épidermiques y sont longtemps conservées, bien qu'altérées, et le corps papillaire n'y est pour ainsi dire jamais détruit. Le chancre induré est un néoplasme qui épaissit le derme, tandis que te chancre mou est une inflammation à caractère destructif et ulcéreux.

On trouve, dans la sérosité du chancre mou, des micrococci isolés ou des diplococci qu'on a réussi à cultiver. Mais les cultures inoculées à un individu déjà porteur d'un chancre mou ne donnent pas d'inoculation positive (Julien), tandis que le pus du chancre mou, inoculé dans les mêmes conditions, reproduit toujours un chancre raou.

Mal perforant du pied. — Le mal perforant est une lésion ulcéreuse profonde, à marche envahissante, de la plante du pied. Il débute par un durillon qui fait place à un ulcère arrondi , taillé à pic, limité par un bourrelet épidermique à fond rougeâtre, villeux, sécrétant un liquide séro-purulent. Il s'étend progressivement en profondeur de façon à atteindre les os et les articulations, et, lorsque le mal a été enlevé complètement, il n'en a pas moins de tendance à récidiver.

Le derme est perforé comme à l' emporte-pièce; le stylet introduit dans la perte de substance fait découvrir le plus souvent un trajet fistuleux qui mène sur un os atteint d'ostéite. Une section comprenant l'ulcère et la peau avoisinante présente à considérer d'abord le bourrelet épidermique du pourtour de la perte de substance. La couche ^'ornée qui le recouvre acquiert souvent une épaisseur d*un centi-

mètre. Du côté de l'ulcération où il atteint sa plus grande épat^ seur, il est coupé à pic et montre ses couches stratifiées. H se f*^-!}tinue de Tautre côté, en s'amincissant , avec l'épiderme normal Les papilles sont très hypertrophiées et allongées au pourtour i- Tulcère. Le derme est épaissi, chroniquement enflammé ; ses vaisseaux sont embryonnaires, et le tissu lardacé, analc^e à celui d^^ bourgeons charnus, qui le constitue, se continue jusqu'à Tes altéra. atteint lui-même d'ostéite raréfiante.

Celle singulière affeclion, qu'on avait considérée tourà lourcomnh le résultat d'une lésion athéromateuse (Péan, Delsol, Dolbeaa, etc. ou d'une simple compression (Leplat, Larrey, Sédillot, Despr^ Gosselin, Pilha et fiillroth), ou d'une ostéite, parait devoir être rvtachée aujourd'hui à une névrite. Poucet (de Gluny) (1) a trouvé I premier, dans les nerfs qui se rendent à l'ulcère, des lésions analogues à celles que l'on observe dans le segment périphériqu d'un nerf sectionné. Duplay et Moral (3) ont vérifié l'exactitude (it observations de Poucet.

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