‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 2)Chapitre 25 sur 239 · NOYAUX DE PNEUMONIE LOBULAIRE · texte numérisé non relu

NOYAUX DE PNEUMONIE LOBULAIRE

tibrincuse, les alvéoles contiennent simplement des cellules lymplia« ligues et épilhélioïdes (voy. fig. 44) .

Dans un stade plus avance de l'inllammation, la bande de tissu conjonctif infillré depus,qui circonscrit la lumière de la bronche, est encore plus épaisse, plus bourrée de cellules; les vaisseaux capillaires ne contiennent plus que des cellules lymphatiques, et la suppuration a détruit coraplètement la paroi de la bronche. Quelquefois les alvéoles pulmonaires contigus à la bronche sont remplis de globules de pus, et la fibrine qu'ils contenaient primitivement est devenue granuleuse. Les cloisons de ces alvéoles se ramollissent et se détruisent à leur tour, et il se fait ainsi tout le long des brocchioles acineuses et de la bronche intralobulaire un abcès péribronchique. Nous reviendrons bientôt sur cette lésion.

Ainsi, dans un lobule enflammé, nous trouvons plusieurs nodules péribronchiques présentant la configuration, très bien indiquée par Baizer, de. leurs zones successives de pneumonie librineuse et de pneumonie catarrhale ou de congestion. Les alvéoles atteints de pneumonie librineuse sont comprimés et aplatis par la pression qu'exerce sur eux la paroi épaissie de la bronche. Tout le lobule est envahi par l'inflammation catarrhale ou splénisalion.

Quelquefois aussi le tissu conjonctif périlobulaire est épaissi et présente une certaine quantité de cellules lymphatiques. Si les lobules atteints par la pneumonie lobulaire siègent à la périphérie du poumon, immédiatement sous la plèvre, et si Ton en fait une section perpendiculaire à la surface de la séreuse, il est facile de s'assurer que le tissu conjonclil qui limite le lobule du côté de la plèvre est enflammé. De plus, les vaisseaux lymphatiques sous-séreux sont loujours remplis, au niveau des lobules malades, de cellules lymphatiques en grand nombre et quelquefois de fibrine coagulée sous forme de fibrilles entre-croisées. Enfin la plèvre, qui tapisse les nodules superficiels de pneumonie, présente toujours les signes anatomiques d'une pleurésie caractérisée par une exsudation de fibrine '^oagulée et formant un réseau dans les mailles duquel sont englobées des cellules lymphatiques.

Les nodules de pneumonie lobulaire, dont nous venons d'indiquer les détails histologiques, sont caractérisés à l'œil nu par un engouement et par une induration de leur tissu. Lorsqu'on les a bien séparés des parties voisines, ils plongent ou restent entre deux eaux

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lorsqu'on les place dans un vase rempli d'eau. Leur conteur est variablfi; elle est rouge foncé au début de rindammation, grise ou un peu jaunâtre lorsque riodainmalion est à un stade plus avanré. Lorsqu'ils siègent à la périphérie du poumon, ils font une saillie très évidente sous la plèvre. L'insufflation y fait généralement pénétrer un peu d'air, mais sans leur donner l'aspect du tissu pulmonaire normal. Lorsqu'on les fend, on voit la bronche centrale dilatée, pleine d'un pus jaunâtre et crémeux. Leur surface de section est généralement lisse, quelquefois granuleuse par places, de couleur roujre, grise ou jaunâtre, et ils laissent écouler un peu de liquide coloré par le sang ou par le pus.

Ces nodules sont habituellement de la grosseur d'un lobule pulmonaire; ils peuvent atteindre la grosseur d'une noisette ou même la dépasser par suite de la réunion de plusieurs d'entre eux. Ils soDt entourés par le tissu pulmonaire qui est tantôt très congestionné, rouge sur une surface de section, tantôt simplement rosé.

B. Abcès péribronckiques, grains jaunes, vacuoles. — L'infiltration de la paroi des bronches inlralobulaires par une gran'ii'

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quantité de cellules lymphatiques conduit directement à la formation d'abcès péribronchiqucs ; il suffit pourcela que la k'sion sVtpnJi'

ABCÈS PÉRIBRONCHIQUES. 103

er que la suppuralion gagne les alvéoles voisins après avoir détruit la paroi de la bronche. C'est ce qui arrive quelquefois. Au milieu des nodules de pneumonie, nous avons trouvé récemment, chez une jeune femme morte à la suite de la rougeole, des grains jaunes ou de petits abcès ayant la forme ramifiée et tubulaire des bronches. Sur les coupes de ces pièces durcies, on voyait, au centre de l'abcès, du pus coagulé (voy. fig. 45) ; la paroi bronchique, qui ne présentait plus aucun vestige des cellules cylindriques, était épaisse et formée presque entièrement de cellules lymphatiques. Cependant on y découvrait, à un fort grossissement, quelques fibrilles de tissu conjonctif et élastique. Elle rappelait par sa disposition la bande infiltrée de pus qui limite la bronche enflammée (voy. fig. M) dans le nodule péribronchique ; à la périphérie, on voyait des alvéoles pulmonaires pleins de cellules lymphatiques, privés en partie de leurs cloisons et se confondant avec la masse de pus qui avait pris la place de la paroi bronchique.

A la limite de ces abcès péribronchiques, il existait une zone formée d'alvéoles pulmonaires remplis d'un exsudât fibrincux. Ces alvéoles étaient très manifestement comprimés par l'abcès et aplatis dans le sens de cette compression. Enfin, autour de celte zone de pneumonie fibrineuse, il y avait de la pneumonie catarrhale.

Dans d'autres points de ces abcès péribronchiques, il n*était plus possible de reconnaître le moindre vestige de la paroi primitive des bronches qui en avaient été le point de départ, et la cavité de l'abcès élail circonscrite par des alvéoles atteints de pneumonie suppurée. A la limite de ces abcès, on ne voyait plus de globules rouges dans les vaisseaux capillaires, et ces derniers, en voie de destruction, contenaient seulement quelques globules blancs.

Ces abcès péribronchiques, dont le mécanisme a été très bien décrit par Damaschino, Balzer et JolTroy, déterminent, lorsqu'ils arrivent à la surface de la plèvre, une pleurésie et même quelquefois une perforation de cette membrane.

Les grains jaunes ou granulations purulentes peuvent, comme il vient d'être dit, résulter de la suppuration péribronchique ou suppuration de plusieurs infundibula terminaux en communication avec une bronchiole acineuse enflammée. Lorsqu'on pique une de ces petites granulations avec la pointe d'un scalpel, il s'écoule une gouttelette de pus bien lié, ce qui les difllfrencie des tubercules avec leî^quels ott pourrait les ronfondre.

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Les vacuoles, lésions fort rares du reste, sont des cavités non anfraclueuses situées à la surface du poumon ou dans sa profondeur, communiquant avec les bronches donl elles sont la contiaiialion, et contenant, soit de Tair, soit du muco-pus, soit des gaz el du pus à la fois. Elles sont du volume d'un pois à un œuf de pigeon. Les auteurs qui les ont signalées les regardent soit comme des bulles d'emphysème (Rillietet Barthez, Hardy el Béhier,Vulpian), soit comme des bronches dilatées ou des abcès bronchiaux (Gairdner, Balzer), soit comme des abcès (West, Damaschino).

C. Pneumonie catarrhale^ pneumonie épithéliale^ splénisation. — On désigne sous les noms de pneumonie catarrhale, de pneumonie épithéliale ou spléuisation, un état anatomique du poumon dans lequel les alvéoles pulmonaires sont plus ou moins complètement remplis de cellules épilhéliales modifiées et d'un certain nombre de globules blancs et de globules rouges au milieu d'un exsudât liquide granuleux. Cet état ne diffère de la congestion inflammatoire que par la quantité beaucoup plus considémble des c el- Iules épilhéliales et des cellules lymphatiques épanchées dans lo> alvéoles pulmonaires. La pneumonie catarrhale entre pour une part dans la formation des noyaux de pneumonie lobulaire que nous venons de décrire, et elle existe toujours à la périphérie de ces noyaux, c'est-à-dire autour de la zone de pneumonie fibrineuse ou supputée, qui est directement en contact avec la bronche. La pneumonie catarrhale s'étend toujours plus ou moins loin autour des noyaux de pneumonie lobulaire, et elle se continue en s'atténuant dans le parenchyme pulmonaire congestionné.

Mais de plus il existe presque toujours, dans d'autres points du poumon atteints de bronchopneumonie, et plus spécialement dans les lobes inférieurs, au bord postérieur du poumon ou dans la paili'' inférieure de son lobe supérieur, des masses de pneumonie catarrhale plus ou moins considérables.

Les parties altérées présentent un aspect variable suivant l'ancienneté de la lésion, de telle sorte qu'on peut distinguer trois de^rro dans son évolution.

Dans le premier degrés la surface du poumon est rouge foncé el modérément tendue; son tissu est mollasse, plus lourd qu'à l'état normal, peu ou point crépitant, résistant sous le doigt qui cherche â l'enfoncer; tantôt le poumon plonge lentement au fond de Teau,

{■HEUMOKIE CATARRHALE. 10!)

Uolôl il reste entre deux eaux. Lorsqu'on l'insufile, il se laisse un ]ii\i pénélrcr par l'air et, en certains points, il devient rosé, sans reprendre loulefois son apparence normale. Sur une surface de seclioQ, OD voit sortir des petites bronches un liquide muco-purulent, opaque et contenant quelques bulles d'air; la surface sectionnée se recouvre d'une nappe d'un liquide opaque sanguinolenL ; après qu'on ' l'a essuyée, on voit qu'elle estunirormémenl colorée en rouge, et qu'elle ne préi^ente pas de granulations. Cette apparence du poumon lofait ressembler au tissu de la late, d'où le nom de splénisalion qui lui a été donné. Il n'y a pas de différence notable entre cet état et l'en^'ouement pulmonaire, tel qu'il existe au début de la pneumonie lobaire aiguë que nous étudierons bientôt.

A l'eiamen microscopique des coupes de pièces durcies, on voit que les vaisseaux capillaires qui rampent sur les cloisons alvéolaires Minl turgideset font saillie dans l'intérieur des alvéoles. Quelques «Uules épilhéliales tuméfiées, granuleuses, de forme globuleuse ou irrégulières, avec des angles mousses, sont encore çàel là adhérentes à la paroi des alvéoles. Beaucoup de ces cellules sont détachées et

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libres dans l'alvéole, où elles sont tantôt polyédriques, tantôt sphériques. Elles possèdent un noyau ovoïde ; quelques-unes contiennent deux ou trois noyaux. A côté de ces éléments, il existe des globules

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rouges et quelques cellules lymphatiques granuleuses et grosses. La cavité alvéolaire est remplie de ces éléments qui siègent au milieu d'un liquide contenant des granulations fmes.

Dans un second degrés la couleur du poumon malade est moin^ rouge ; son tissu est plus imperméable à Tair et il plonge plus rapidement dans Teau; cependant Tinsufllation peut encore y faire pénètrer un peu d'air ; sa surface de section laisse écouler moins & liquide lorsqu'on presse le tissu entre les doigts. Ce liquide t*< moins coloré en rouge par le sang ; il est grisâtre et mélangé de p(>tiu grumeaux opaques. Après avoir essuyé la surface de sedion, oi. voit que le tissu pulmonaire a une couleur rosée, pointillée de gn>. Parfois on y distingue, lorsqu'on le regarde avec attention, de pelil^^s taches grisâtres, plus petites que les granulations de la pneumoDic lobaire aiguë et non saillantes. Les bronches contiennent un exsulK muco-purulent.

L'examen au microscope des coupes de ces parties du poumon permet de constater que les vaisseaux capillaires des alvéoles sont moins remplis de globules rouges que dans le cas précédent. Ct'> éléments sont aussi plus rares dans l'intérieur de l'alvéole. Lecavités alvéolaires sont pleines de cellules épithéliales tuméfiées et libres, irrégulièrement polyédriques ou sphériques, à protoplasma granuleux, possédant souvent deux ou trois noyaux, et de quelque> cellules lymphatiques. C'est là le type delà pneumonie épithéliale. Il est rare qu'on rencontre dans quelques alvéoles un fin réticulum do fibrine.

Arrivée à cette période qui dure plus ou moins longtemps, la pneumonie catarrhale peut se résoudre. Les cellules épithéliales et les cellules lymphatiques qui n'ont pas été expectorées deviennent pranulo-graisseuses, se déforment, se fragmentent et sont résorbées sous forme de granulations par l'intermédiaire des vaisseaux lymphatiques. Des cellules s'appliquent contre la paroi des alvéoles et restent encore pendant un certain temps tuméfiées avant de s'aplatir et de revenir à l'état normal.

La pneumonie catarrhale se termine quelquefois par la suppuration. Sur une surface de section, le poumon donne alors une nappe de liquide puriforme, et les alvéoles sont remplis de cellules lymphatiques.

Il arrive parfois que des masses de pneutnonie catarrhale persiMent

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