NOYAUX DE PNEUMONIE FIBRINEUSE
pendanl des mois et même pendant un an ou davantage. Elles sont alors tantôt de couleur jaunâtre, tantôt de couleur grise, hépatisceset imperméables à l'air; elles présentent sur une surface de section une couleur grise en même temps qu'une sécheresse remarquable et très peu de vascularisation. Les iiots de pneumonie catarrhale chronique sont tout à fait semblables aux masses de la pneumonie caséeuse de l«i tuberculose, et cependant ils existent quelquefois sans qu'il y ait de tubercules. Nous en avons observé un fait chez un enfant de trois ans, syphilitique, et qui avait toussé et présenté des signes de bronchopneumonie depuis le second mois de sa naissance. Dans ce cas, les lobules jaunâtres et secs présentaient, sur des coupes, des alvéoles remplis de petites cellules atrophiées, contenant elles-mêmes de fines granulations graisseuses; leurs capillaires étaient petits ou atrophiés, sans globules rouges ; les cloisons alvéolaires n'étaient pas épaissies. Dans des lobules gris ou rosés, les alvéoles contenaient des cellules êpilhéliales rondes ou irrégulièrement polyédriques et quelques cellules lymphatiques. Les bronches lobulaires étaient tapissées d'un êpilhélium à cils vibratiles et remplies de cellules lymphatiques. Autour de ces bronches, on trouvait une zone épaisse de tissu fibreux vasculaiisé de nouvelle formation.
D. Nodules de pneumonie fibrinev^e. — On trouve quelquefois des lobules de bronchopneumonie disséminés, plus ou moins nombreux, dans lesquels le tissu altéré présente à l'œil nu et au microscope les caractères de la pneumonie fibrineuse ou pneumonie lobaire aiguë. 11 existe quelquefois aussi en même temps une hépatisalion complète de la partie inférieure des lobes pulmonaires. La répartition de celte lésion est différente de celle qu'on observe dans la pneumonie fibrineuse lobaire aiguë, mais Taltération est la même. Le tissu est imperméable à l'air, il présente à l'œil nu, sur une section, l'apparence granitée et les grains rosés ou gris de la pneumonie fibrineuse. Sur les coupes examinées au microscope, les alvéoles pulmonaires se montrent distendus par un exsudât fibrineux dont les fibrilles enserrent dans leurs mailles des cellules lymphatiques. Nous renvoyons, par conséquent, pour plus de détails, à la pneumonie fibrineuse que nous étudierons plus loin. La marche et les symptômes de celte maladie sont les mêmes que ceux de labronchopneumonie.
Nous avons vu que le tissu conjonctif qui accompagne les bron-
108 UISTOLOGIE PATHOLOGIQUE SPÉCIALE DE L*APPARE1L RESPIRATOIRE.
ches et Tarière pulinoaaire dans les lobules malades et que les cloisons libreuses qui circonscrivent les lobules étaient souvent tr»> enflammés et inPiItrcs de cellules lymphatiques dans la brondiopneumonie. Mais les cloisons des alvéoles ne sont pas épaissies, oi dans cette maladie il n'y a pas, à proprement parler, de pneumonie interstitielle.
La plèvre est toujours enflammée à un certain degré toutes lesfui> qu'une pneumonie catarrhale assez étendue siège immédiatemeot sous la membrane séreuse. Cette pleurésie est généralement très légère, sans épanchement, caractérisée seulement par un état trouble et ua léger épaississementdc la plèvre viscérale qui est alors rccouveil»* d'une couche très mince de fibrine. Cependant il est des cas, dau> la bronchopneumonie de la fièvre typhoïde notamment, où la pleurésie est plus intense ; de plus, lorsque des noyaux de pneumonie lobulaire suppurée sont situés sous la plèvre, ils peuvent déterminf^r une pleurésie aiguë plus ou moins généralisée.
Ce qui distingue la bronchopneumonie, c'est, en premier lieu, nous le répétons, que l'inflammation des bronches lobulaires en est le point de départ et que les lésions inflammatoires les plus ancioDne> et les plus intenses occupent les parois de ces conduits et l«*ur pourtour. En second lieu, les lésions multiples, la congestion, Tatélectasié, les noyaux de pneumonie lobulaire, la pneumonie catarrhale difl*use, sont irrégulièrement distribuées et elles atteignent simultanément ou successivement les deux poumons. Ces caractères en font une espèce tout à fait distincte et difl^érente de la pneumonie lobaire.
Ajoutons que la bronchopneumonie emprunte souvent à la spé( ilicité de la maladie qu'elle complique des caractères tout particuliers. On trouvera, par exemple, dans la bronchopneumonie conséculi^*^ à la diphlhéritc, des fausses membranes diphthériliques avec leur réticulum fibrincux et leur microsporon dans les grosses et pelile> bronches; dans la variole, des pustules ou des fausses membranes des bronches présentant la structure que nous avons indiquée. Dans la fièvre typhoïde, il existe parfois des infarctus pulmonaires casi'eu\ ou en suppuration, et quelquefois des pseudo-membranes à la surface des bronches. Lorsque, dans ces diverses maladies, on examine au microscope l'exsudat contenu dans les alvéoles pulmonaires, on y trouve des spores de micrococus isolés ou réunis deux par deux ou en chapelet et souvent aussi de petits bâtonnets , éléments qui tous sont animés de mouvement. Dans les maladies infectieuses*
LÉSIONS DBS FIBRES ÉLASTIQUES DO PODMOM. 109
fièvre puerpérale, seplicémîe, etc., les alvéoles conlienneni des vibrions et le poumon alteinl de broQchopneumonie est souvent parsemé d'abcès miliaires.
Dans un cas de broncliopneumonie observée à l'autopsie d'un sujet
fie. -il. — All^aliun» (Ici fibres dlaitiiiue* diins un tas de bronchopneuinonii:. i. ita» (liiiiqnct lioilint on tJiMe pulmoiuin. Eli» onl coiuorré dioi lour eoDllEunlioii sèn
GnmiBnaRil de 90O diiinlrH.
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D, ?voi Obn-ëliiliqua ^i népire deux eltrialiii polmoniiral ; f, I
Funli^iini EriiueuHf. — GniiEiKe niant de ISO diaïaïlm.
s>^hilitique mon dans le service de M. Bouchard à la Ciiarité (187â),
110 HISTOLOGIE Pathologique: spéciale de l'appaueil respiratoire.
nous avons trouvé une altération des fibres élastiques du poumon. Les faisceaux de fibres élastiques étaient épais, réfringents, vitreux, rigides, fragmentés par des cassures nettes, transversales ou irrégulières; ils étaient souvent dissociés en long, et les fibres isolées pivsentaient cette même réfringence, cette même tuméfaction, la raéme facilité à se casser et à se fragmenter en molécules. La plus grande partie des fibres élastiques des portions du poumon atteintes de bronchopneumonie était altérée. Ces fibres élastiques n'étaient modifiées par aucun réactif; Tacide acétique cependant les gonOait un peu et rapprochait les points fracturés de façon à rendre moins visibles les interstices qui séparaient les fragments. Les préparations obtenues après durcissement dans le liquide de Mûller, la gomme et l'alcool, ont montré les mêmes lésions qui, dans les parties ou elles étaient .le plus prononcées, coïncidaient avec une période régressive de la pneumonie catarrhaie et avec une atrophie partielle des \'aisseaux capillaires.
Formes cliniques de la bronchopneumonie. — Nous avons surtout étudié jusqu'ici les lésions diverses de la bronchopneumonie prises en particulier; il nous reste à exposer les types anatomiques suivant lesquels ces lésions se groupent habituellement et qui répondent à des formes cliniques déterminées.
a. — La forme de bronchopneumonie aiguë la plus rapidement fatale est le catarrhe suffocant ; sa lésion anatomique essentielle est la bronchite capillaire, c'est-à-dire l'inflammation suppurative aiguë des bronches de tout calibre. A l'autopsie on trouve en outre, dans les poumons, des noyaux de bronchopneumonie, de la pneumonie catarrhaie à la base des poumons, de Tatélectasie à leurs bords, de l'emphysème qui s'est produit très rapidement, et une congestion pulmonaire généralisée et très intense.
b. — Dans un autre type plus commun de bronchopneumonie aiguë, la pneumonie catarrhaie domine : c'est la pneumonie lobulaire généralisée de Barrier, la bronchopneumonie à forme pseudo' lobaire de Damaschino, la spléno-pneumonie de JolTroy. La paitie postéro-inférieure des deux lobes inférieurs du poumon ou ces lobes dans toute leur étendue sont envahis par la pneumonie catarrhaie; le sommet et la partie antérieure des lobes supérieurs sont quelquefois emphysémateux, mais il n'y a de pneumonie catarrhaie qu'à la partie inférieure de ces lobes. Des Ilots affaissés d'atélectasie se remarquent