‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 2)Chapitre 49 sur 239 · TUBEHCDLES HE LA LUETTE · texte numérisé non relu

TUBEHCDLES HE LA LUETTE

Dans UD cas de tuberculose subaiguë de ta luette que dous avons f!\umiaé, la muqueuse était également très épaissie et infilEvéc de cellules lymphatiques ; ses vaisseaux capillaires nombreux et volumineux, la plupart de formation nouvelle, étaient remplis par un ihrombus dont les maiites de fibrine contenaient des globules blancs fl quelques globules ronges (voy. fig. 85).

Cette oblitération des vaisseaux sanguins existait dans toute l'étenliut; de la luette. Sur les coupes passant au travers des granulations, on voyait souvent des cellules géantes très maniTesles situées au milieu des vaisseaux dans l'intérieur du thrombus fibrineux inlravasculairc. La ri{{;ure 87, dessinée à un Tort grossissement, ne laisse aucun doute à cet égard.

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Les coupes, pratiquées au niveau des petites ulcérations superficielles de la muqueuse, montrent une dépression cratériforme au niveau de laquelle le revêtement épithélial fait défaut. Cette érosion p>t recouverte de pus easéeux. La muqueuse épaissie présente, au bord et au-dessous de l'ulcération, de nombreuses granulations ou Tollicules tuberculeux. On peut reronnaître encore que quelques-uns de ces derniers ne sont autre chose que des vaisseaux remplis de tibrinc au milieu de laquelle se sont formées des cellules géantes (ïoy. fig. 87et88).

<>tle description des tubercules de la luette s'applique absolument aui granulations et aux ulcérations tuberculeuses du voile du palais et de la paroi postérieure du pharynx. La tuberculose du voile du

palais détermine un épaississement très notable de la muqueuse antérieure ou buccale et de la muqueuse postérieure. Le tissu conjonctif du chorion et celui qui entoure les glandes acineuses sonl infiltrés de cellules lymphatiques et de tissu tuberculeux.

Les granulations tuberculeuses de la surface du chorion siègent souvent au niveau de l'ouverture du conduit d'une glande en grappe et le long de ce conduit. Le plus souvent alors le conduit excréteur de la glande est dilaté et rempli de cellules cylindriques ou indifférentes qui s'y accumulent. De même que cela a lieu dans les glande> acineuses du larynx et de la trachée, des granulations tuberculeuses et des cellules géantes peuvent se développer au milieu même des acini glandulaires.

Les tubercules lépreux se montrent sur toute la muqueuse buccale, sur les lèvres, la face interne des joues, la langue, surtout à sa base, sur la luette, le voile du palais et les amygdales. Ils présentent la même structure que dans la peau oii nous les décrirons en détail.

Parasites. — Les parasites qu'on observe sur la muqueuse buccale sont très communs et très variés. Il suffit, pour les examiner, de prendre avec un cure-dents un peu du tartre dentaire qui s'accumule entre les dents et de le délayer dans une gouttelette d*eau sur la lamelle porte-objet. On trouve alors, en même temps que des corpuscules salivairesy une quantité considérable de schyzomicètes appartenant aux genres bacillus, vibrio et micrococcusy et des infusoires ciliés.

Genre bacillus. — Le leptothrix buccalis (Robin) existe à Tétai normal sur les papilles de la langue. Cette algue microscopique végète sur les cellules épithéliales qui forment un enduit plus ou moins épais aux papilles. On la trouve aussi constamment dans le tartrr^ dentaire, entre les grosses molaires, etc. Elle est caractérisée par des touffes de filaments trèsiénus, assez longs, droits ou incur\és, parlant d'une masse grenue qui est leur matrice, et siégeant dan^ les cellules épithéliales superficielles modifiées, ou à la surface de celles-ci.

Les filaments du leplothrix qui comptent parmi les plus longs el les plus volumineux du genre bacillus^ sont formés de segments cloisonnés ou articulés bout à bout. Ils atteignent de 25 à 50 u, en moyenne, mais si l'on observe la langue et le tartre dentaire des individus à jeun, avant qu'ils se soient lavé la bouche, on en trouve qui

PARASITES DE LA BOUCHE. — BACILLUS. — SPIROCHŒTE. — VIBRIONS. ZZi

oDt iOO et SOO I» de longueur. lis continuent à pousser après la mort, si bien qu'on peut voir à Tôeil nu les touffes qu'ils constituent sur la langue des cadavres. La structure des cellules qui forment les segments de chaque filament présente à considérer une membrane hyaline, un protoplasma hyalin et des granulations décrites par Robin (1853) comme les spores de ces algues. Ils se développent par la segmentation des corpuscules de leur matrice ou zooglœa et par leurs spores.

Le hacillus trcmulus et le bacilliis subtilis qu^on rencontre aussi dans le tartre dentaire se rapprochent beaucoup du leptothrix, mais sës filaments sont moins longs et un peu moins épais ; leurs articles sont aussi plus courts. Les bâtonnets du bacillus tremulus sont animés de mouvements de translation en masse, de tremblements ou de mouvements giratoires. Leur enveloppe mucilagineuse hyaline est très facile à observer. Les bâtonnets du bacillus subtilis sMnflêchissent et ondulent pendant leurs déplacements. La longueur de ces bâtonnets est de 10 à 16 ^; leur épaisseur est de 1 /a.

Le spirochœte denticola (Cohn, Koch) vit non seulement dans le mucus qui borde les gencives, mais aussi dans le tartre dentaire et sur la langue. Le filament extrêmement mince qui le constitue est contourné en forme d'hélice. La longueur de Torganisme tout entier est de 10 à 20 f* ; l'épaisseur du filament est de 0,2 à 0,3 f*. Il se déplace lentement en tournant autour de son axe longitudinal.

Ce spirochœte, qui est très semblable sinon identique au spiro- (hœle plicalilis découvert par Obermeier dans le sang des individus alleintsde typhus récurrent, parait avoir, dans la bouche, des rapports intimes avec les cellules salivaires. D'après Arndt, les spores du spirochœte se développeraient dans le protoplasma des cellules idivaires.

Ge!(re vibrio. — Le bacterium termo se présente sous deux formes, isolé et très mobile ou en zooglœa et immobile. Ce sont de courts cylindres oblongs de 2 f* de longueur sur 0,6 à 0,8 f* d'épaisseur, dont le mouvement autour de leur axe longitudinal, »'n avant, en arrière, est tantôt lent, tantôt tellement rapide qu'ils îortent bmsquement du champ du microscope. D'après Koch, War- Qing,elc.,ils posséderaient un cil vibratile. Ils sont souvent associés deux par deux ou réunis en colonies. Ce microbe est, comme on le

sait d'après les travaux de Pasleur, l'agent essentiel de la septirémîe. 11 existe consliimmcnt dans le mucus buccal, où il trouve dans les détritus alimentaires qui y séjournent toujours un milieu des plus favorables à son développement.

On rencontre aussi constamment un vibrion qui d'après Rapin (1), peut être rapporté au vibrio lineola ou rugula. Il a de 4 à 6 u de longueur et 0,8 ^ d'épaisseur; il jouit de mouvements variés, de rotation, de tournoiement ou de translation si rapides qu'il disparait brusquement hors du champ d'observation. 11 est constitué par de petits articles sphéroïdiaux séparés par des étranglements à peine visibles.

MiCROCOCCUs. — Dans les préparations du mucus obtenu par le raclage de la langue ou du tartre dentaire, on trouve toujours des micrococcus à l'état d'isolement ou de groupement en colonies. Les colonies ou zooglœa sont constituées par une masse gélatineuse transparente parsemée d'une infinité de petits corpuscules plus ou moins arrondis, réfringents, immobiles et qui se colorent fortement par les couleurs d'aniline (2). Ces colonies de micrococcus s'attachent souvent aux prolongements épithéliaux des papilles filiformes de la langue.

Ce micrococcus qui paraît devoir être rangé dans le groupe des bactéries chromogènes joue un rôle important dans la coloration des enduits de la langue. C'est à lui en particulier que Raynaud et Malasscz ont attribué l'enduit noirâtre de la langue connu sous le nom de nigrilie. Les taches noires de la langue présentent à Tipil nii deux zones, Tune centrale noire, l'autre périphérique pointillée de noir comme un verre légèrement fumé. Ces taches débutent par un

(I) Rapin, Contribution à Vétudedet bactéries de la bouche, Tlièsc, Paris, 1881.

(2; Pour obtenir de bonnes colorations des bactéries, on se sert du violet de iiiêtTlunilincGB, de la fabrique de Saint-Denis, ou du violet de g:entiane, de la fabrique de Berlin, recommandé par Weigert, à 1 pour 100. Après avoir laissé le tartre dentaire baif^ner dans quelques gouttes de la solution pendant une demi-licure environ, on recouvre \r liquide coloré d'une lamelle mince et on l'examine. Pour conserver la préparation, on peut la laisser se sécher, ou bien faire passer sous la lamelle une goutte de glycérine additionnée de carbonate de soude; mais il vaut mieux étiler d'abord le tartre dcntrtire en une couche mince sur la lame de verre, le faire sécher à rétuve, puis le colorer au violet. On lave la préparation à Tcau distillée, à racool absolu ; on rhumccte rnsuilc avec une gouttelette d'essence de girolle qu'on enlève avec du papier à fdtrer et enfin ou la conserve dans le baume du Canada. Ces diverses manipulations ont pour effet dVnle^er, il est vrai, une grande partie des bactérie?, mais il en reste toujours suflisamment \hhit les étudier. On peut encore, ci^ qui est plus simple, délayer le tarlrc dentaire dan< une goutte de la solution violette, laisser .sécher, ajouter une goutte de baume du G.uiadJ et recouvrir de la lamelle.

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