TUMEURS DE LA BOUCHE. — ÉPITHÉLIOME
Les lipomes se montrent sous la muqueuse de la joue et quelquefois au niveau de la pointe de la langue et à la partie postérieure des lèvres,
Vépithéliome pavimenteux, lobule, corné ou muqueux, est commun aux lèvres ; on le rencontre aussi dans d'autres régions de la bouche, dans la langue en particulier.
Le cancroide labial siège presque toujours à la lèvre inférieure. Il débute généi*alement à la limite de la muqueuse et de la peau, sous la Torme d'une petite excroissance verruqueuse, inégale, qui se recouvre bientôt d'une croûte gris noirâtre. Si l'on fait l'examen microscopique de la tumeur à son début, on constate, sur des coupes perpendiculaires à la surface, que les papilles sont hypertrophiées el que le corps muqueux interpapillaire a végété en formant des bouchons qui s'étendent plus ou moins profondément dans le derme. Ces bourgeons épithéliaux montrent une évolution épidermique bien diiïérenle de celle qui existe à l'état normal, en ce sens que les cellules, au lieu de subir la transformation cornée seulement lorsqu'elles arrivent dans les couches superficielles, s'accumulent en cerlaios points sous forme de globes épidermiques. Ces bouchons épidermiques, par suite de la néoformation active dont ils sont le >\è^t, subissent une désintégration partielle dont les produits, rejetés à la surface, forment la croûte qui revêt l'excroissance verruqueuse du cancroide. Sur la partie humide des lèvres, les cellules désintégrées ne se desséchant pas, forment une masse blanchâtre qui se détache facilement.
Quelquefois les papilles hypertrophiées prennent un développement considéi-able. Englobées dans la croûte desséchée, elles donnant lieu à une excroissance très saillante, dure et irrégulière^ à une sorle de corne pouvant atteindre jusqu'à 1 centimètre de longueur.
Lorsque la néoformation occupe une région qui renferme des poils el des glandes sébacées, l'épithélium de ces glandes et celui de la gaine épithéliale externe des poils concourent au développement du néoplasme (voy. 1. 1, p. 313 et 314).
Lorsque, par suite de sa marche envahissante, la tumeur s'est éleodue et qu'elle a gagné en profondeur, il survient toujours une ulcération dont le fond est bourgeonnant, inégal, sanieux, recouveri en partie d'une croûte semblable à celle que nous venons de décrire et dans laquelle les cellules épifhéliales désintégrées sont mélangées à du pus et à du sang. Les bords de l'ulcération sont sail-
lants et conslitucnl le bourrelet de consistance ferme, presque cartilaginiforme, qui caractérise les épilhéliomes ulcérés.
Des coupes pratiquées au niveau de ce bourrelet, montrent qu'il est produit par une hypertrophie des papilles et par une végétation du tissu épithélial interpapillaire semblables à celles qui caratiérisent le début de la tumeur.
Le néoplasme envahit peu à peu les parties profondes, tandis qn<' le travail ulcératif dont il est lui-même le siège tend à le délruir»\ mais sans y arriver complètement, sauf dans de très rares exceptions. Finalement les muscles des lèvres sont en partie détruits et le maxillaire inférieur lui-même est envahi. Les ganglions lymphatiques do la région sus-hyoïdienne, toujours altérés, présentent dans leur intérieur des lobules d'épilhéliome semblables à ceux qui constituenl la tumeur primitive.
Uépithéliame de l alangue est le plus souvent pavimenteux, lobule, muqueux ou colloïde (voy. p. 304 à 318).
Son développement est beaucoup plus rapide que celui des lèvre>, et il est tout à fait exceptionnel que son extirpation ne soit pas suivie d'une prompte récidive. Il s'ulcère dès le début; le fond de l'ulcération est papillaire, villeux, inégal, saignant, pulpeux; ses bonis présentent le bourrelet caractéristique. Sur des coupes qui comprennent l'ulcération et les parties sous-jacentes, on constate que les lobules de l'épilhéliome se sont étendus dans les muscles et y ont déterminé les altérations qui ont été décrites plus haut (voy. t. l p. 315).
Vépithéliome tubulé se développe fréquemment dans la mAchoire supérieure, à la voûte palatine et dans le sinus maxillaire; il y fonne des masses composées d'une série de bourgeons arrondis, inégaux, mous, friables, vasculaires. Sur des coupes, le tissu morbide parail formé par un stroma fibreux généralement riche en cellules, limitant des tubes irréguliers anastomosés les uns avec les autres, rempli> de cellules épithéliales qui ne montrent pas d'évolution épidermiqn»* (voy. p. 319 et suiv.). Ces tumeurs se développent très rapidement et récidivent toujours.
Les tubercules de la muqueuse buccale, bien étudiés pendaoi ces dernières années par Ricord, Juliard, Trélat, Féréol, Thaon, Spiliman, etc., débutent par une ou plusieurs petites granulations
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situées à la surface du chorion muqueux, granulations qui deviennent bientôt opaques et jaunes à leur centre. Leur siège de prédilection esl au bord ou à la pointe de la langue ; mais elles peuvent apparaître aussi à la base de cet organe, au voile du palais, et même aux lèvres.
Sur la muqueuse linguale, la néoformation débute par une ou plu- ^ieu^s granulations confluentes situées à la surface du chorion muqueux et déterminant un léger relief. On observe une érosion parfois limitée d'abord à un tubercule dont le fond en cupule contient un peu de pus caséeux. Si l'on suit jour par jour le processus, on constate que des tubercules isolés et superficiels peuvent être complèlement élimines; une guérison spontanée en est la conséquence. Plus souvent Tulcération se produit au niveau d'un groupe de granulations. Cette ulcération se creuse irrégulièrement, et son bord est f'Stonné, parce que chaque granulation primitive se détruit isolémont. Le bord de l'ulcère est épais et habituellement bourgeonnant, M bien que l'examen au microscope d'un petit fragment de ce bord n'y montrerait rien autre que du tissu embryonnaire et des bourdons charnus. A mesure que l'ulcération gagne en profondeur et en étendue, la néoplasie envahit les parties profondes.
L'ulcère tuberculeux a une marche très lente ; il rétrograde quelquefois et parait s'améliorer sous l'influence du traitement local. Le fond de rulcéralion est irréguli«n*, déchiqueté ; il donne une petite quantité de pus caséeux ou grumeleux.
Lorsqu'on examine au microscope des coupes d'une tumeur tuberculeuse ulcérée de la langue, on voit d'abord, à un faible grossisjpraent, que les bords de l'ulcère sont formés par la muqueuse linguale extrêmement épaissie, bourgeonnante et recouverte de ses couches épithéliales. Le fond de l'ulcère montre des bourgeons constitués par du tissu embryonnaire. Le tissu conjonclif de la muqueuse, infîltré de petites cellules, présente souvent des granulations tuberculeuses au niveau des bords mêmes de l'ulcération. Dans la partie ulcérée, au-dessous de la couche bourgeonnante et superficielle composée de tissu embryonnaire, on trouve, dans le lissu qui constitue le fond de l'ulcère, des granulations tuberculeuses. Enfin plus profondément, dans le tissu conjonctif qui sépare les faisceaux de fibres musculaires striées de la langue, il existe des granulations tuberculeuses isolées, très caractéristiques. Toutes ces granulations présentent de nombreuses cellules géantes et des vaisseaux sanguins oblitérés. Autour d'elles , le tissu embryonnaire se
continue dans les interstices des faisceaux musculaires. Ces altérations s'étendent dans le muscle lingual beaucoup plus loin qn'oo
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ne pourrait le supposer d'après l'examen de l'ulcère tuberculem pendant la vie du malade.
La luette et le voile du palais peuvent être altérés dans la tuberculose.
La luette est parfois irrégulière, inclinée d'un côté, rêtractt-e ou incurvée d'une façon permanente. Sa membrane muqueuse est lanU'l lisse, blancbc, tantôt bosselée par suite de la présence de nodulc> tuberculeux saillants. On peut y voir aussi une ou plusieurs peliii's ulcérations tuberculeuses.
Nous avons trouvé dans ces cas, soit une inflammatjon chronique scléreuse de la muqueuse, soit de l'œdème inDammatoirc, soit i--^ granulations tuberculeuses.
La muqueuse de la luette est extrêmemenl mince à l'état nonna!
TUBERCULES DE LA LUETTE. 2i3
(ïoy. fig. 83). Sur une coupe de cet organe, on voit d'abord la muqueuse, puis des glandes acineuses qui occupent la plus grande
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partie de la section et, à son centre, de petits faisceaux musculaires.
Lorsque la muqueuse est chrooiquement enflammée et sclérosée (voy. Qg. M), elle atteint une épaisseur relativement considérable ;
Fil II. — Catfe ie h BiH|a«M tàintU ie 11 luilts. — c, coKhc «iperBcicll ^>it;t. corpt DDqveiiRi p, r^uia p*pilljiiroï b, cborion tr^ dpiiflii da \\ mnqueuHi v, ici wi— m ui* dilaléi ; s, ébm mniculairM du {horion ; g, gluidt4 an (nppo. — GroniiHUMot
elle est constituée par des Taisceaus épais, hyalins, de tissu fibreux séparés par des lits de cellules plates et de cellules lymphatiques. Ses nisseaux sont très nombreux et très gros, bien qu'étant donnée la
fH BOUCUE.
Structure de leurs parois, ils apparlienoenl aux capillaires ou aux
plus petites artérioles et veinules. Ses papilles sont plus développé--' qu'A l'élat normal.