SYPHILIS DU PHARYNX
II est rare que rempoisonnement mercuriel détermine une irritation du pharynx, à moins qu'il ne s'agisse d'une action toute locale du bichlorure de mercure ou du nitrate acide de mercure. Cependant nous avons observé un œdème inflammatoire de la partie inférieure du pharynx et des replis aryténo-épiglottiques, coïncidant avec une stomatite ulcéreuse et de la glossite dans un empoisonnement suraigu, leiminé par la mort, consécutivement à la cautérisation d'un lupus de la face par le nitrate acide de mercure.
La pharyngite diphthéritique succède souvent à la diphthérite des amygdales et du voile du palais ; les plaques pseudo-membraneuses rerouxTent la face postérieure du voile du palais et de là envahissent, ^it les fosses nasales, soit la paroi postérieure du pharynx. Lorsque la diphthérite passe, comme cela a lieu si souvent, de l'amygdale au larynx, ou du larynx à Tamygdale et aux fosses nasales, la portion du pharynx qui séparé ces parties en est souvent plus ou moins atteinte. Les fausses membranes diphthéritiques y présentent la même structure que sur les amygdales et le voile du palais(voy. t. II, p. 235).
La fièvre typhoïde déterminé fréquemment la tuméfaction des follicules clos qui siègent à la partie inférieure du pharynx. Ces (petites tumeurs, qui ont la même apparence que les follicules clos isolés et hypertrophiés de l'intestin grêle dans la même maladie, sont constituées par une infiltration des follicules et du tissu conjonctif avoisinant par des cellules lymphatiques. Leur ulcération commence par la partie acuminée de la petite tumeur et envahit lensemble de toute la formation nouvelle. Ces lésions coïncident habituellement avec la laryngite de la fièvre typhoïde que nous avons décrite, tome II, à la page 48.
La paroi postérieure du pharynx n'est pas aussi communément atteinte parla syphilis que le voile du palais et les amygdales. Cependant on y voit quelquefois des plaques muqueuses qui s'y présentent avec les mêmes caractères que sur la muqueuse buccale et qui s'accompagnent d'inflammation et de granulations de la muqueuse pharyopienne.
Des néoplasmes gommeux se développent parfois au-dessous de la muqueuse, au niveau de l'apophyse basilaire, et peuvent y acquérir UD volume considérable. Les pertes de substance, les ulcérations végétantes lorsqu'ils se réparent sont parfois très étendues. A la
264 PHARYNX ET ŒSnpiIAGE.
suite de ces ulcérations prorondes, il s'établit des adhérences iniimes, une véritable soudure entre la paroi postérieure du phanD\ et le voile du palais. Le pharynx est alors séparé en deux caviiéi ; l'une, supérieure, située au-dessus du voile du palais el qui communique avec les fosses nasales; l'autre, inférieure, limitée en liaul par le voile du palais et communiquant avec ta bouche. Si le voil' n'est pas lui-même perforé, la respiration ne peut plus se faire quipar la bouche. Juiius Paul a réuni un (çrand nombre de ces U'iU dans un mémoire qui a été traduit par Verneuil et inséré dans I'-; Archives de médecine, 1805, vol. U.
Granulations du pharynx. — Dans toutes les phannpites aipi.'; intenses, en particulier dans celles de la diphlhérîte, de la scirla- (ine, etc., on observe des granulations i'OU(;cs qui fout une sailli" variable à la surface de la muqueuse. Ces (granulations, qui font coips avec la muqueuse, sont constituées par des follicules clos hyperlrophiés autour desquels la muqueuse estenllainniée elle-même.
Lorsqu'on examine des coupes de ces granulations, on voil en elfr-t à leur surface le revêtement épithélial épais et le corps papillaii'' au-dessous duquel le chorion est plus ou moins inûllrc de celluli-lymphatiques. Le relief de la granulation est presque entièremcin
formé par le follicule clos qui en occupe le centre. Quelquefois, an lieu d'un seul follicule, on en trouve deux ou trois contifriis. L<' conduit excréteur des glandes acineuses passe entre ces follifulfs ou à leur bord, quelquefois même au milieu de l'un d'eux, mais lc> acini glandulaires siègent plus profondément, d;uis le tissu conjomûf