GRANULATIONS DU PHARYNX
du chorioa, au-dessous de la région occupée par les follicules clos. Dans les granulations qui accompagnent la pharyngite aiguë, les follicules sont bourrés de cellules lymphatiques et beaucoup plus volumineux qu'à l'état normal. C'est leur tuméfaction qui cause le relief de la granulation. Mais l'inflammation du tissu conjonctif de la muqueuse à ce niveau entre aussi pour une part dans la constitution de la granulation.
Les granulations pharyngiennes se rencontrent constamment dans une forme assez fréquente de la pharyngite chronique connue sous le nom de pharyngite granuleuse ou glanduleuse (Guéneau de Mussy). Cette lésion, qui se lie quelquefois à des maladies cutanées chroniques et souvent à la phthisie, ou à l'usage journalier de l'eau-devie, est liée le plus souvent à un processus chronique caractérisé par les modifications des follicules clos que nous venons de décrire et par des altérations des glandes muqueuses du pharynx.
Sur la surface du pharynx habituellement congestionnée, on voit les saillies des glandes acineuses plus prononcées qu'à l'état normal. Au centre du relief glandulaire, le conduit excréteur de ces glandes r'sl souvent entouré d'un liséré blanchâtre dû à la désagrégation et à rimbibition des cellules épithéliales ; le conduit élargi contient quelquefois du mucus puriforme, et il peut y avoir à son niveau une ulcération superficielle. La même inflammation se montre dans les dépressions de la muqueuse situées au centre des follicules clos a;rglomérés qui existent dans les parties supérieures du pharynx. Les follicules clos sont tuméfiés.
Lorsque la lésion est plus ancienne, il s'est produit en quelques points une atrophie des glandes acineuses et des follicules clos consécutive à leur inflammation. La muqueuse est irrégulière , amincie par places et elle présente de petites cicatrices qui résultent d'ulcérations superficielles; elle est épaissie dans d'autres points par suite de la tuméfaction des glandes acineuses, des follicules clos et du tissu conjonctif qui les avoisine. Les vaisseaux sanguins et particulièrement les veines, sont dilatés et forment un relief à la surface ; il existe de véritables varices pharyngiennes. L'altération <le$ glandes acineuses peut aller jusqu'à déterminer des dilatations kystiques, formées aux dépens d'acini ou de conduits glandulaires; on y trouve même de petites concrétions calcaires.
La pharyngite chronique est quelquefois liée à la présence de j/ra-
2^0 PHARYNl ET ŒSOPHAGC
nulations tuberculeuses développées dans le tissu conjoncttr supei fw ciel du chorioD. Ces granulations, dont le centre est rapidement opaque, peuvent devenir le point de départ d'ulcères analogues à Tulcère tuberculeux de la langue. Les tubercules isolés ou agroiné» du pharynx, les ulcérations plus ou moins étendues qui en résultent, sont absolument les mêmes, au point de vue hislologique, que ceux que nous avons décrits dans le voile du palais (voy. t. II, p. iii etsuiv.). Les lésions des glandes acineuses sont identiques. Lorsque' les tubercules siègent dans les follicules clos isolés ou groupés du pharynx, comme cela n'est pas rare au niveau de la base de la lan^u»' et dans la région supérieure de la voûte du pharynx, ces tuberculp> présentent dans leur mode de développement et dans leur configuration les mêmes caractères que ceux des amygdales (voy. t. il, p. iii).
La voûte du phannx, si riche en tollieules clos, offre souvent un^ tuméfaction inDammaloire de ces follicules et de la muqueuse ell*"* même. Cette tuméfaction peut être assez considéi^le pour que If^ trompes d'Euslache soient obstruées et qu'une surdité passagère ou déHnitive en soit la conséquence. C'est ce qui arrive quelquefois «^ la suite de la scarlatine et de la fièvre typhoïde; c*est ce qu'on observe aussi chez les crétins. Ceitains cas de surdi-mutité paraissent avoir leur cause essentielle dans ces oblitérations des lromp«^^ d'EustacIie par l'hypertrophie chronique des follicules lymphatiqup> (Klebs).
Les abcès réiro^haryngiens peuvent succéder à une inflammation très intense de la muqueuse, ainsi qu'on Ta obsené dan> la scarlatine. D'autres fois, ils sont consécutifs à l'action locale d*un poison caustique, à des corps étrangers implantés profondémt'nt dans la muqueuse phanngienne et déterminant une inflammalion du tissu conjonctif sous-muqueux. Le plus souvent, le pus de ces ah<v> vient des corps vertébraux et de leur périoste (carie vertébrale, mal de Pott cenical). L'abcès qui soulève la muqueuse pharj-ngiennt* est plus ou moins considérable; il a de la tendance à fuser vit^ les parties déclives, autour de l'orifice pharyngien ou il détermine l'œdème de la {flotte, ou bien le long de l'œsophage dans le médiastin postérieur. Son ouverture peut avoir lieu spontanément dans Ij cavité pharyngienue , ce qui e^t le cas le plus hourenx, mais fl!-' peut aussi se faire dans les conduits respiratoires.
ŒSOPHAGITES. 361
ŒsoPHAGiTES. — U arrive souvent qu'après la mort, le cardia se relâchant, les matières contenues dans Testomac pénètrent plus ou moins haut dans l'œsophage et déterminent des altérations cadavériques de ce conduit. Son revêtement épithélial est désagrégé, ramolli, il forme une couche blanche, pulpeuse, et la tunique musculeuse présente quelquefois une couleur verdâtre.
Les inflammations superficielles qui viennent à la suite des exanthèmes fébriles, sont moins prononcées dans l'œsophage que dans la bouche et le pharynx : telles sont les pustules de la variole qui, à l'autopsie, se présentent, soit isolées, soit confluentes et formant alors des plaques à contours sinueux, recouvertes d'une couche d'épithélium dissociée et infiltré de pus.
Dans le pemphigus généralisé, l'œsophage présente aussi quelquefois des plaques semblables à celles que l'on observe dans la variole confluente.
L'administration de l'émétique à l'intérieur peut aussi déterminer dans l'œsophage de petites pustules qui sont suivies d'ulcérations superficielles.
L'inQammation de l'œsophage se rencontre quelquefois dans la icarlatine en même temps que la pharyngite de cette fièvre éruptive. L'éruption pharyngienne de la rougeole peut aussi s'étendre dans l'œsophage.
La diphthérite gagne aussi parfois la muqueuse œsophagienne. Il no faudrait pas confondre les fausses membranes diphthéritiques avec les plaques également blanches et pulpeuses qui sont constituées par des mucédinées du muguet, mêlées à des cellules épithé« liales.
Une autre série de causes d'œsophagites consiste dans l'ingestion de liquides très chauds, irritants ou corrosifs. Lorsque des agents niustiques ont été mis en contact avec la muqueuse œsophagienne, il se produit, après l'imbibition des couches épithéliales et du tissu conjonctif de la muqueuse, des eschares qui déterminent autour d'elles une inDammation suppurative éliminalrice. Les parties nécrosées laissent, après leur élimination, des ulcérations plus ou moins étendues et plus ou moins profondes, dont le fond atteint généralement la tunique musculaire. Le tissu conjonctif sous-muqueux, dans les parties voisines de l'ulcère, et le tissu conjonctif qui sépare les taisceaux musculaires sont infiltrés de cellules embrvonnaires. Plus
:2ri8 PHAnYNX et œsophage.
lard, si le malade guérit, la cicatrice se formera par rorganisation des bourgeons charnus en tissu conjonctif, et par la formation d'un épilhélium nouveau à leur surface. Mais peu à peu le tissu conjonctif de nouvelle formation revient sur lui-même et amène un retrait cicatriciel et par suite un rétrécissement du conduit œsophagien,
L'œsophagite est quelquefois déterminée par des corps étrangers^ qui, en raison de leur volume, n'ont pu ni être extraits, ni être poussés dans Testomac. Des ulcérations, des abcès et même des perforations peuvent en être la conséquence.
L'œsophage peut également être perforé de dehors en dedans, par suite de l'extension d'un foyer inflammatoire ayant son point de départ dans les ganglions bronchiques ou trachéaux tuberculeux ou caséeux. Des abcès du médiastin s'ouvrent aussi quelquefois dans l'œsophage.
La syphilis porte très rarement son action sur la muqueuse œsophagienne. Cependant il existe plusieurs observations avec autopsie dans lesquelles un rétrécissement cicatriciel de ce conduit a été attribué à la syphilis. Les rétrécissements fibreux de l'œsophajïe sont souvent multiples; ils sont plus ou moins étendus. A leur niveau, on trouve des brides cicatricielles plus ou moins saillantes et un tissu fibreux qui s'étend à la tunique musculaire. Celle-ci esl pénéralemeni épaissie au même niveau, ce qui est dû à une néoformation abondante de tissu conjonclil entre les faisceaux contractiles. Le conduit oesophagien est dilaté au-dessus de l'obstacle, et celle dilatation peut même revêtir la forme d'un diverliculuni latéral. Le siège le plus commun des rétrécissements est au niveau du larynx et à la partie inférieure de l'œsophage au-dessus du cardia.
Tumeurs du pharynx et de l'œsophage. — Les polypes fibreux qui font saillie à la voûle du pharynx et qui prennent naissance sur les os de la base du crâne ont été étudiés à propos des fosses nasales (t. II, p. 30).
Les fibro-myôrnes de forme ronde et pelits, développés primitivement dans la couche musculaire de l'œsophage, font quelquefois saillie à sa surface muqueuse : ils sont composés de faisceaux de tissu conjonctif et de fibres musculaires lisses. Ils atteignent au plus la grosseur d'un pois, et ne causent généralement aucun «iccidcnt.