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TUMEURS UU PHARYNX ET DE L'ŒSOPIIAGE

On a rencontré aussi quelquefois des lipomes qui peuvent arriver jusqu'à la grosseur d'une noisette et qui proéminent sous forme de polypes dans la cavité œsophagienne.

Chez les vieillards on observe fréquemment de petits papillomes verraqueux, aplatis, recouverts d'une couche d'épithélium pavimenteux, blanchâtre, consistant et formé par des papilles simples ou composées. Ces productions, dont le nombre et l'étendue sont fort variables, présentent la plus grande analogie avec les verrues qui se développent si souvent sur le dos de la main. Les pièces sur lesquelles nous avons fait ces observations nous ont été remises par le docteur A. Ollivier.

Des kystes muqueux développés aux dépens des glandes ont été signalés dans le pharynx et dans Toesophage ; ils atteignent à peine le volume d'un pois. Cependant Klebs en a vu deux dans l'œsophage ({iii atteignaient la grosseur d'une noisette. Il existe dans la science deux faits de kystes dermoîdes du phaqnx et de l'œsophage qu'on peut citer à titre de rareté.

Les tubercules qui se montrent assez souvent dans h muqueuse pharyngienne sont extrêmement rares dans celle de l'œsophage.

Les carcinomes du pharynx ne sont pas communs, et lorsqu'ils atteignent cet organe , ils paraissent avoir débuté , soit dans les amygdales, soit dans les os de la base du crâne, soit dans les gan* fiions du cou. Qu'il soit squirrheux ou encéphaloïde, le carcinome détermine une inFiltration rapide de la muqueuse et du tissu sousmuqueux, et forme une tumeur saillante du côté de la muqueuse qui s'ulcère et donne naissance à des bourgeons constitués par le tissu morbide. Son extension est rapide et il envahit bientôt la base (le la langue, le larynx, etc. Les ganglions lymphatiques du cou sont toujours affectés.

Le carcinome ne parait jamais se développer piîmilivement dans l'œsophage, mais il peut gagner cet organe après avoir pris son point de départ dans le pharynx, le cardia, les ganglions lymphatiques ou le (issu conjonctif du médiastin. Il détermine alors un rétrécissement organique et des ulcérations fongueuses plus ou moins étendues.

Vépithéliome pavimenieux se montre au pharynx comme une extension de l'épithéliome lingual, mais il se développe assez fré' quemment comme tumeur primitive dans l'œsophage. 11 débute dans la muqueuse elle-même. Nous avons pu observer une fois la participation des glandes muqueuses de l'œsophage à son développement.

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Ces glandes, en effet, étaient tuméûées à la limite de la néoformation, leurs culs-de-sac, élargis et remplis de cellules pavimenteuses, se laissaient difficilement distinguer des traînées épithéliales voisines appartenant au néoplasme. L'épithéliome était constitué, dans ce fait et dans plusieurs autres que nous avons observés, par de laides traînées d'épithélium pavimenteux n'ayant pas subi l'évolution épidermique (épithéliorae pavimenteux tubulé). L^épithéliome lobule à globes épidermiques est encore plus fréquent. L'inflltration du tissu de la muqueuse s'étend habituellement dans toute la circonférence de l'œsophage et dans une longueur variable de 2 à 10 centimètres environ, suivant la forme d'un anneau. La surface de la muqueuse est blanche, anémiée ; la section de la tumeur est également blanche et sèche. La masse morbide, qui est épaisse de 5 à 8 millimètres ou davantage, et qui s'étend depuis la surface de la muqueuse jusqu'à la couche musculaire, détermine une sténose, avec rigidité du conduit. Celui-ci est dilaté au-dessus de la partie rétrécie. Plus tard, lorsque la tumeur s'étend à la couche musculaire et aux parties voisines, en même temps que les portions primitivement atteintes s'ulcèrent, le conduit œsophagien peut laisser passer les aliments. Le siège le plu» habituel de ce cancroïde est la partie moyenne de l'œsophage au niveau de la bifurcation de la trachée. Les gariglions voisins sont d'assez bonne heure transformés et infiltrés d'éléments épithéliaux. Parfois ils conservent leur forme, leur capsule, restent isolés et peuvent n'avoir que le volume d'une amande, bien qu'ils contiennent du tissu morbide, lequel au microscope est tout à fait semblable à celui de la tumeur primitive. Ces ganglions atteignent assez souvent un volume considérable, celui d'un œuf de dinde par exemple; ils sont alors complètement transformés, ramollis à leur centre, et quel: quefois) après avoir contracté avec la trachée une union intime, ils s'ouvrent dans Tintérieur de ce conduit.

Il arrive souvent que la tumeur primitive comprime ou altère le nerf récurrent et cause une aphonie complète.

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