‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 2)Chapitre 64 sur 239 · ULCÈRE SIMPLE DE L*ESTOMAG · texte numérisé non relu

ULCÈRE SIMPLE DE L*ESTOMAG

Ulcère simple de l'estomac. — L'ulcère simple de l'estomac a été décrit pour la première fois par Gruveilhier qui l'a nettement béparé du groupe des tumeurs cancéreuses.

L'ulcère simple est caractérisé par une perte de substance plus ou moins régulièrement circulaire, à bords nettement coupés, de telle sorte que la muqueuse s arrête au niveau de l'ulcère sans présenter un rebord manifestement bourgeonnant ni renversé. Le fond de l'ulcère est pâle, fibreux, grisâtre, et, comme il est soumis à rinfluence du suc gastrique, il présente habituellement à sa surface une couche en voie de destruction moléculaire. Ces pertes de substance sont dues en effet à une véritable digestion d'une partie limitée de l'estomac dans laquelle la circulation a cessé complètement.

L'ulcère simple débute par une érosion superficielle qui n'intéresse que la muqueuse; celle-ci et le tissu conjonctif sous-muqueux ^nl envahis et détruits; le fond de l'ulcère est alors constitué par les libres musculaires mises à nu. Ces fibres disparaissent ellesmêmes peu à peu et il ne reste plus, des parois de l'estomac, que la tunique péritonéale. Lorsque enfin cette dernière fait défaut, la raWté stomacale est limitée par les organes voisins avec lesquels la tunique péritonéale a contracté des adhérences. Aussi voit-on le foie, le pancréas, les ganglions lymphatiques plus ou moins érodés par le suc gastrique, constituer le fond de fulcère.

Après que la muqueuse, le tissu sous-muqueux et les couches musculaires ont été éliminés par les progrès de la destruction moléculaire, on a devant les yeux une ulcération plus ou moins vaste, dont les bords sont taillés en talus ou en gradins, le fond ou sommet ayant une étendue moins grande que l'orifice ; elle affecte la forme d'un entonnoir dont la partie évasée répond à la face libre de la muqueuse, et l'extrémité aux couches profondes.

Pour expliquer cette disposition, qui du reste n'est pas constante, CD peut supposer que l'ulcère répond au territoire nourri par une artériole. Or celle-ci, à partir de la face péritonéale de Testomac, se divisant et se subdivisant dans les couches musculaires, dans la tunique sous-muqueuse et dans la muqueuse, présente dans son ensemble la forme d'un cône dont la base est à la surface muqueuse (p. 275) : c'est toute la région nourrie par une artériole qui sera détruite par l'ulcération. Il en résulte souvent que, sur un ulcère assez profond qui a intéressé toutes les tuniques de l'estomac, le bord de l'ulcère, formé par la muqueuse coupée à l'eraporte-pièce,

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offre une étendue plus grande que la perte de substance de la couche sous-muqueuse, et celle-^ci est elle-même plus grande que celle des tuniques musculeuses ; d'où la disposition de Tulcère en gradins. Cependant cette disposition ne se montre pas toujours, et assez souvent Tulcère est plat et très irrégulier à ses bords.

Sur les bords taillés à pic de Tulcère el au niveau de son fond, on trouve, dans la plupart des cas, une ou plusieurs artères plus ou moins volumineuses qui sont entièrement coupées par le travail ulcératif et dont la lumière est quelquefois fermée par un bouchon de tissu conjonctif de nouvelle formation. Les malades atteints de cette lésion meurent souvent avec des vomissements sanguins considérables. On découvre facilement la cause de cet accident ; Tartère ulcérée qui a fourni le sang de l'hématémèse ultime contenant un coagulum formé après la mort.

L'étendue des ulcères simples de l'estomac est très variable : Cruveilhier en a décrit un qui mesurait 165 millimètres dans son plus grand diamètre, et qui s'étendait du pylore au cardia suivant la petite courbure. Dans ce fait, le fond de l'ulcère était formé par le foie, le pancréas el l'arc du côlon.

Lorsque la lésion siège à la grande courbure ou à la face anlél'ieure de Testomac, elle peut amener une perforation et une périlonite générale ou localisée par des adhérences.

L'ulcère est tantôt unique, tantôt multiple. (1 siège soit à la petite courbure, soit au pylore, soit au cardia, soit à la face postérieure, plus rarement à la grande courbure, au grand cul de-sac ou à la face antérieure de l'estomac. Il peut même envahir la partie inférieure de l'œsophage ; enfin il se développe parfois primitivement dans le duodénum.

Lorsqu'on fait une section de la paroi de l'ulcère, on voit qu'elle est formée par les tissus préexistants ; le tissu conjonctif y est seulement un peu épaissi, mais il n'y a pas de suc, comme dans le canrer. ni rien qui rappelle le néoplasme d'une tumeur.

La couche glandulaire examinée à la limite de l'ulcération, là où elle est bien conservée, montre ses glandes très allongées, ce qui est dû à ce que le tissu conjonctif de cette couche est plus épais et plus riche en cellules qu'à l'état normal. Les cellules épithéliales des glandes sont conservées dans leur intégrité. Au-dessous des glandes, le tissu conjonctif est épaissi. Dans ce tissu, à la limite de l'ulcération, on trouve constamment des lésions des vaisseaux

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