‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 2)Chapitre 87 sur 239 · FOIE CARDIAQUE · texte numérisé non relu

FOIE CARDIAQUE

jonctif qui les entoure à l'état normal cU de distance en distance, par une cellule hépatique aplatie et possédant encore son noyau. Ces capillaires dilatés, remplis de sang, séparés par un peu de tissu conjonctif, forment, dans la zone rouge, à son centre ou irrégulièrement disséminés, de petits foyers, qui ressemblent beaucoup aui tumeurs sanguines du foie, à cela près que le diamètre des cavités vasculaires est plus considérable dans ces dernières. Dans le Toie muscade, ces parties apparaissent sur une section de la zone rouge comme des espaces plus clairs, réticulés, à mailles pleines de globules sanguins.

Plus tard, le foie primitivement hypertrophié se rapetisse et s'atrophie. Il est alors inégal à sa surface. Sur une section de Torgane, les Ilots paraissent plus petits qu'à l'état normal, et la substance rouge semble au premier abord plus inégalement distrihuée. De plus, on trouve souvent du tissu conjonctif de nouvelle formation autour des veines centrales des ilôts et de la veine sushépatiqne, ce qui empêche la coloration rouge centrale d'être aussi uaiforme qu'au début du processus. Sur des coupes on voit en effet au microscope une zone de tissu conjonctif de nouvelle formation autour de la veine centrale dilatée. Dans cette zone, il existe quel* ques cellules connectives à noyau ovoïde. Les cellules hépatiques .>ont atrophiées, finement granuleuses, réduites souvent à un petit amas de granulations protéiques et graisseuses. Les capillaires ne M>Dt pas toujours aussi dilatés que dans les formes précédentes. Ce qui domine alors, c'est une sclérose autour de la veine hépatique.

On a dit qu'il pouvait se produire ainsi une cirrhose véritable, comparable a la cirrhose d'origine alcoolique.

Cette complication est très rare ; cependant nous avons observé, dans un cas de rétrécissement avec double insuffisance de l'orifice rnitral et de Torifice tricuspide, que les vaisseaux périlobulaires étaient entourés aussi d'une zone de sclérose. 11 y avait, autour de certaines des branches interlobulaires de la veine porte, non de toutes, du tissu conjonctif fibrillaire contenant des cellules et formant de petits cercles englobant aussi l'artériole hépatique et les ramuscules biliaires qui accompagnent la veine porte. Mais le tissu conjonctif nouveau ne formait pas des cercles complets autour de chaque lobule hépatique romme cela se voit dans la cirrhose bien accentuée ; il constituait seulement des manchons isolés autour de certaines veinules portales. Sur des coupes, ces manchons apparaissent de distance en distance autour des lobules comme de petits Ilots ronds de tissu conjonctif.

diculairemeot à la direction des veines sus-hépatiques, elle dono** des cercles réguliers, dont tout le centre est rouge, tandis que h périphérie est grise. Cette distribution de parties rouges et gris**> du même ilôt est assurément ce qui avait fait admettre par Ândrnl l'existence à Tétat normal de deux substances diflerentes dans I*: foie. On a comparé celle couleur à celle de la noix de muscade et on a donné à cette lésion le nom de foie noix de muscade ou foie caidiaque. Cette dernière dénomination n'est pas absolument exacl»\ puisqu'on observe aussi la même lésion dans les maladies pulmonaires, et il vaut mieux désigner cette altération sous le nom d'atrophie rouge j sous lequel elle est généralement connue.

Lorsqu'on examine des sections minces du foie atteint de celte lésion, on voit, au cenlre de la partie rouge, la veine centrale !p > dilatée. Quelquefois même on peut apercevoir à l'œil nu son ouv»*rlure. Le reste de la région rouge de l'îlot montre des capillaires lrp> élargis, deux ou trois fois plus volumineux qu'à l'élat normal H remplis de sang. Les cellules hépatiques interposées aux capillair''> sont, par contre, aplaties et atrophiées. Elles possèdent néanmoin> leur noyau, mais leur protoplasma est finement granuleux eu même temps qu'il est le plus souvent le siège de granulations pigmentaires brunes d'origine hématiquc. On y a même rencontré des cristaux d'hématoïdine. Quelques-unes de ces cellules présentent aussi d»-granulations jaunes de pigment biliaire. Celles-ci peuvent siéger dao^ le centre de l'îlot aussi bien qu'à la périphérie de la partie rouge.

À sa parlie périphérique grise, Tilot est constitué par des capillaires de volume normal ou moins accru que les précédents et par des cellules en dégénérescence graisseuse complète. Celles-ci montrent de grosses granulations ou même une ou deux grosses goultelettes, qui les distendent complètement en leur donnant une fonn^ sphérique.

Tel est le premier degré de cette lésion, qu'on peut résumer en disant que le sang de la veine sus-hépatique distend la veine o^ntraie et les capillaires centraux de l'Ilot en imprégnant les ceilult^v de matière colorante sanguine et en les atrophiant, pendant que lisang de la veine porte, stagnant à la périphérie, abandonne aux cellules qui s'y trouvent la graisse qui vient de la digestion.

Bientôt sui^viennent des lésions plus profondes. Les capillaire> dilatés, après la destruction atrophique plus ou moins complète des cellules qui llesjséparaient, viennent au contact les uns de^ autres; leurs parois ne sont plus séparées que par le tissu con-

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