‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 2)Chapitre 89 sur 239 · ATROPHIE JAUNE AIGUË DU FOIE · texte numérisé non relu

ATROPHIE JAUNE AIGUË DU FOIE

inaleiise de la veine porte suivie de perforation, ou dans les observations très exceptionnelles d'anévrysme de Tartère hépatique.

Eq résumé, les congestions hépatiques accompagnent la plupart des lésions de nutrition du foie ; elles marquent le début des inflammations et des cirrhoses. En outre, elles constituent par elles-mêmes 110 état morbide permanent et tout spécial dans les maladies du iOîur.

Nous distinguerons trois espèces principales d'hépatites : l'hépatite parenchymateuse , Thépalite suppurative et Thépatite interstitielle ou cirrhose. La première est caractérisée surtout par les lésions inflammatoires et dégénératives des cellules hépatiques.

Hépatite parenchymateuse. — C'est à peine si le mot d'hépatite convient à certains des faits désignés sous le nom d'hépatite parenchymateuse, surtout si l'on considère la suppuration comme étant le dernier terme d'une inflammation, car cette forme spéciale ne parait jamais être suivie de la formation d'abcès.

A. Atrophie jaune aiguë du foie. — De toutes les hépatites parenihymateuseSy la mieux déterminée et la plus complète au point de vue anatoraique est celle qui a reçu le nom d'atrophie jaune aiguë du foie (ictère grave ou ictère hémorrhagique, ictère typhoïde). Elle est caiactérisée par de l'ictère, des hémorrhagies, de la fièvre, du délire, du coma, et se termine toujours par la mort.

Ces accidents, il est vrai, ne correspondent pas toujours à l'atrophie jaune aiguë du foie, car on les observe à la suite d'une série de lésions hépatiques accompagnées de rétention de la bile, dans la lithiase biliaire, dans le cancer, etc. Bien plus, il est des ictères idiopalhiques, se présentant avec tous les accidents de l'ictère grave •t suivis de mort, sans qu'on trouve à l'autopsie les lésions caractéristiques de l'atrophie jaune. Yulpian et d'autres observateurs aussi rompétents en anatoinie pathologique en citent des exemples.

Dans le relevé de Frérichs, sur 177 cas d'ictère grave, il en est 7 dans lesquels la lésion hépatique faisait défaut. Cette affection présente bien d'autres inconnues, ainsi que nous le verrons bientôt en étudiant sa physiologie pathologique. Cependant nous devons dire que

nous avons toujours trouvé les lésions caractéristiques de Talrophie jaune aiguë chez un grand nombre de sujets qui avaient succombé à un ictère grave idiopathique.

Chez les malades bien observés, on peut constater, pendant la courte durée de leur maladie, que le foie, de volume normal ou accru d'abord, diminue progressivement. A l'autopsie, l'organe esl plus ou moins atrophié ; son volume est à peu près normal, si le mal a peu duré. Il est toujours plus mou qu'à l'état physiologique et sa mollesse est d'autant plus grande, qu'il esl plus petit. Sa capsule, amincie, se laisse plisser lorsqu'on la pince entre les doigts. Si, le foie étant sur la table d'autopsie, on le saisit entre les mains et qu'on lui imprime un ballottement, il parait mou et flasque à un degré tel, qu'on dirait avoir affaire à une masse semi-liquide. La couleur de sa surface est jaunâtre, ocrée ; sur une surface de section, même couleur, même flaccidité. Il se laisse déchirer avec la plus grande facilité. En le raclant avec un scalpel, on obtient un liquide louche, jaunâtre et opaque. Sa surface de section affecte la même coloration dans tous ses points, et les lobules ne se distinguent plus les uns des autres.

La vésicule et les canaux biliaires contiennent très peu de bile, ou bien une bile peu colorée, quelquefois même transparente.

En examinant au microscope le liquide opaque obtenu par le raclage, on y voit un petit nombre de cellules hépatiques ayant leur forme et leurs dimensions habituelles. Celles qui ont conservé leur diamètre normal sont finement grenues; elles montrent des granulations protéiques, des granulations graisseuses et une quantité assez considérable de pigment jaune biliaire. La plupart des cellules sont beaucoup plus petites qu'à l'état normal ; leurs bords sont amincis. Les autres se divisent en fragments formés d'un protoplasma granuleux contenant des granulations graisseuses et biliaires. Dans certains points très ramollis, il peut n'y avoir plus aucune cellule hépatique conservée avec sa forme et ses diamètres physiologiques. Le liquide ne contient alors que de petits amas de matière granulograisseuse pigmentée, au centre desquels il n'y a pas toujours des noyaux. Ceux-ci, en effet, deviennent libres par l'effet du ramollissement du protoplasma de la cellule.

Telle est la série des lésions des cellules hépatiques, commençant par l'état trouble et l'infiltration biliaire et aboutissant à la fragmentation et au ramollissement destructifs.

ATROPHIE JAUNE AIGUË DU FOIE. Md

En même temps, le tissu conjonclif périphérique aux ilols et même celui qui accompagne les vaisseaux capillaires des Ilots, su- Mrail, d'après la majorité des auteurs, une infiltration albumiaoiibrineuse, el on y trouverait des cellules lymphatiques épanchées. Telle est en particulier l'opinion de Frérichs. Cette inÛamnialioD du lissu conjonctif périphérique de l'îlot serait la lésion initiale de l'atrophie, d'après Winiwarter, qui l'aurait rencontrée dans un cas it'alrophie où le décès aurait suivi de vingt-quatre heures seulement le début du mal. Cet auteur admet en outre en pareil cas, à l'exempte dellolm et Hûttenbrenner, que la segmentation des cellules hépa-

rtitHUDi fallUin?< diM l'ilnpliie jmno lijp» du Taie. >', 'Cdiin de II niiM csilnls d'on lobuls ; b, Uttu dci ullulci Upiliqusi alrophïéea ; a, ciniui hiliiirei iolnloboliini; b, una] bïLuife inlrrlffbiiUirt.

irques amène leur transformation en cellules de tissu conjonctif : ce qui, croyons-nous, est une erreur d'interprétation. Nous n'avons jamais vu d'épaississement ni d'inflammation notables du tissu conjoDClir périlobulaire dans la maladie qui nous occupe. Dans un (ait publié dans les Archives de physiologie 0871) et provenant d'une aulopsie du semce de M. le professeur Sée, l'un de nous a vu, auloiir des Ilots hépatiques, le réseau des canaux biliaires pénétrant dans le tiers el même dans la moitié externe des îlots hépatiques. 11 s'agissait dans ce cas d'une atrophie jaune aiguë assez ancienne et parvenue à un stade très avancé de la deslruclion des cellules hépatiques. Sur les coupes obtenues après le durcissement de l'organe dans l'alcool absolu, on voyait ces canaux au milieu d'un tissu Gbroîde. lÀ les cellules hépatiques avaient complètement disparu et il ne restait plus que la charpente fibro-vasculaire de l'ilot. Quant aux canan biliaires, ils étaient bien caractérisés par l'existence

d'une membrane anhyste pour les canaux inlerlobulaires les plus gros, et par leur revêtement de petites cellules épilhéliales cubiques. De ces canaux partaient des canaux plus petits, où la membrane était plus difTicile à voir et qui étaienl revêtus des mêmes cellule» cubiques ou du cellules plus aplaties remplissant complètemeal le calibre des canaux. Ces canaux formaient un réseau très net dao» toute la partie de l'Ilot dont les cellules avaient disparu ; leurs rWlules épilhéliales, qui ne contenaient point de pigment ni de granulations graisseuses, se coloraient très bien par le carmin. On ne pouvait les confondre ni avec des traînées de cellules hépatiques, ni avec des vaisseaux sanguins. Sabourin, dans une observation d'ictère grave publiée dans la Revue de médecine du 10 juillet 1H8i, a observé, en outre de la lésion destructive des cellules hépatiques, un épanchemenl de leucocytes dans les espaces portes et un cerlain degré d'angiocholile des canaux biliaires périlobulaires. Cette ob>eivalton peut par conséquent être rapprochée de la précédente; mais les lésions inflammatoires observées dans le tissu conjoDctifdeseïpaces portes et dans les canaux biliaires périlobulaires sont loio d'être constantes ni fréquentes, car nous ne les avons pas vues dan> plusieurs foies atteints d'atrophie jaune aiguë que nous avons observés dans ces dernières années. Lorsqu'on examine des coupes

..I caILhIbi du LiMD conjonclir timbrjDoriAirv c iT€rMil« d* ÏVM (ha caniui biliiiru. — CraHi»

très miDces et étendues de foies ayant subi celte altération, traitées par le ptDceau pour en chasser les éléments libres, on observe un

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