‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 2)Chapitre 99 sur 239 · LÉSIONS DU TISSU GONJONGTIF DANS LA CIRRHOSE · texte numérisé non relu

LÉSIONS DU TISSU GONJONGTIF DANS LA CIRRHOSE

telle sorte qu'on peut les en séparer assez facilement, ce qui est impossible dans la cirrhose monolobulaire. Les coapes de ces Ilots examinées au microscope montrent d'abord qu'ils sont cloisonnés à leur intérieur par des travées fibreuses qui les divisent en segments arrondis, et que ces travées se continuent avec l'enveloppe commune; seulement cette coque fibreuse commune est de beaucoup plus épaisse et plus résistante que les cloisons secondaires. Chacun des gros grains est donc composé de petits îlots renfermés dans une seule enveloppe fibreuse. Sur des coupes étendues du foie examinées à un faible grossissement, on reconnaît que le tissu fibreux qui forme la gaine épaisse commune à plusieurs territoires élémentaires est constitué par le tissu conjonctif qui accompagne soit des rameaux de la veine porte, soit plusieurs branches de la veine sus-hépatique réunies par des travées fibreuses. Entre les domaines vasculaires atteints, il existe un nombre variable de ramifications portes et sushépatiques respectées, correspondant aux îlots secondaires qui, par leur agglomération, constituent la grosse granulation de la cirrhose multilobulaîre. Le foie cirrhose, qu'il soit hypertraphié ou atrophié, peut être uniquement constitué par ces granulations volumineuses, mais souvent aussi, à côté d'elles, il s'en trouve de volume variable ol de toutes petites.

Maintenant que nous avons étudié la disposition topographique des îlots de la cirrhose monolobulaire et périlobulaire, nous allons t'iaminer les modifications intimes que subissent les divers éléments qui entrent dans la structure du foie.

Lésions du tissu conjonctif. — L'épaississement du tissu conjonctif constitue le caractère essentiel de la maladie. C'est le tissu conjonctif qui accompagne les troncs veineux de la veine porte et de la veine sus-hépatique qui est altéré de préférence. Comme cette lésion est presque toujours causée par l'abus des liqueurs alcooliques, on peut supposer, suivant toute probabilité, que le passage et le séjour de l'alcool dans le sang de la veine porte et du foie sont les <auses de l'inflammation chronique du tissu conjonctif qui avoisine ses vaisseaux. Ce tissu conjonctif enflammé est composé par des fibrilles entre lesquelles se trouvent, dans certaines cirrhoses rapprochées de leur début, une assez grande quantité de cellules rondes migratrices ou de cellules fusiformes (fig. 439). Lorsque le tissu conjonctif s'organise complètement, ses fibrilles s'épaississent et forment de véritables faisceaux, semi-transparents, homogènes, hyalins, et

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alors les cellules qui les séparent s'aplaUsseal comme daos le tissu conjoDCtif adulte. On observe, dans la série des cirrhoses, toutes le» modifications du tissu conjonctif et tous les intermédiaires entre le

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tissu embryonnaire el !e tissu fibreus adulte ou cicatriciel. Cependant il ne iaudrait pas croire que ces modalités du tissu conjonctif soient toujours en rapport direct avec l'époque présumée du début de la maladie. Ainsi dans telle cirrhose hyper irophique durant depuis un ou deux ani%, on trouvera des masses de tissu embryonnaire tandis que, dans le foie d'un homme mort accidentellement d'uoe maladie intercurrente el qui n'avait pas présenté de signes évidents de cirrhose, on verra des travées interlobulaires épaisses formée? par de gros faisceaux fibreux séparés par des cellules plates. La maladie est en effel très variable suivant les sujets, suivant la sensibilité de leurs tissus à l'intoxication alcoolique, suivant la continuité on l'intermittence de celte intoxication. On comprendra facilement qut le tissu conjonctif du foie soit fortement enflammé et d'une façon subaiguë dans tel cas donné, tandis qu'il le sera à un faible degré et très lentement dans tel autre, si bien qu'une cirrhose chronique pourra s'établir sourdement et progresser avec une exti'ême lenteur chez ceilains individus.

Les vaisseaux appartenant à la veine porte et à la veine sus-hépatique el les canaliculcs biliaires subissent aussi, dans ces travt'e> fibreuses, des modifications considéi'ables que nous étudieroo» bientôt.

Lésions de la capsule de GUsson et du péritoine. — Nous avons dit que la capsule de Glisson, à la surface du foie, était toujours épaissie, adhérente, difficile & détacher, el que ces altérations étaient surtout

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marqvées au niveau des dépressions et des sillons qui séparent les lobules. Toutefois les cicatrices de la capsule ne sont jamais, daos la ciirhose, aussi profondes, aussi dures et ramifiées, que celles qui correspondent à des gommes syphilitiques.

Le péritoine péri-hépatique est exceptionnellement intact dans la cirrhose hypertrophique ou atrophique bien caractérisée. Tantôt, la péritonite étant très peu marquée, on découvre, à la surface du foie, surtout dans les dépressions interlobulaires, de petites granulations i peine visibles à l'œil nu ou des filaments villeux; d'autres fois il se produit des fausses membranes fibreuses, lamellaires, qui flottent librement à la surface du foie ou qui Punissent par des adhérences au diaphragme ou aux oi^anes voisins. D'autres fois les fausses membranes sont recouvertes de fibrine, qui nage dans le liquide de Fascite. La péritonite, plus ou moins aiguë, peut même être généralisée, et il se produit alors souvent dans le péritoine des ecchymoses ardoisées ou noirâtres.

Lorsqu'on examine au microscope une coupe de la capsule de Gli<sou perpendiculaire à sa surface et comprenant les végétations du péritoine, on observe d'abord un épaississement de la capsuIe.On apprécie ainsi la structure de ces végétations et on reconnaît qu'elles sont tantôt sessiles et terminées par un renflement (voy. /, fig. 440), tantôt longues et minces, divisées et subdivisées, à extrémité libre, ou soudées à une végétation voisine. Ces végétations, examinées à un fort grossissement, paraissent composées de faisceaux de tissu conjonclif, séparés par des cellules plates ; quelques-unes, plus minces, sont formées par un seul faisceau, grêle et très long. La plupart des grosses végétations possèdent des vaisseaux; les plus petites n'en présentent pas toujours; toutes sont recouvertes de cellules épithéliales. Celles-ci peuvent se montrer en amas, en couches épaisses, à la surface des végétations. Ces cellules sont plus tuméfiées, leur protoplasma est plus considérable et plus granuleux que celui des cellules normales du péritoine. Elles ressemblent aux grosses cellules épithéliales du péritoine enflammé.

Les vaisseaux de ces végétations se laissent injecter assez facilement lorsqu'on fait une injection par la veine porte. On peut donc penser que, devenant le point de départ d'adhérences avec les organes voisins, elles favorisent le retour du sang de la veine porte au cœur par des voies collatérales.

État des vaisseaux sanguins et de la circulation dans la cirrlwse.

as FOIE.

— Daos les cirrhoses réceotes à tissu embryonnaire, les bi-anches interlobulaires de la veine porte et les veines sus-hépaliques sont ealourées de cellules rondes, et leur paroi présente elle-même des cellules analogues, assez abondantes, infiltfées dans la membrane citerne. Dans rUot cirrhotique, le tissu conjonclif qui acoimpagne les capillaires est quelquefois parsemé des mêmes éléments. Les capillaires et les petits vaisseaux y subissent la même altération que dans

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l'inflammation; les cellules qui composent leur paroi se tuméfient; elles deviennent embryonnaires, et le tissu prend des qualités d^ mollesse et de friabilité qu'il ne possédait pas jusque-là.

Les vaisseaux poiles exlnilobulaireset intralobulaires et les petites branches de l'artère hépatique siégeant au milieu du tissu conjonclif de la cirrhose récente ou à tissu embrj'onaaire peuvent se laisser cou-

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