Manuel d'histologie pathologique
toxiques. Il subit les conséquences des troubles qui surviennent dans la circulation sanguine (oblitération ou rupture des vaisseaux). Enfin, son évolution anormale peut donner naissance à des productions qui rentrent dans la catégorie des tumeurs. Les causes des modifications pathologiques qu’il présente sont donc les mêmes que celles qui altèrent les autres tissus. Seulement, les lésions qui s’y développent localement, sous l’influence de chacune de ces causes, méritent d’être décrites à part, en raison delà physionomie spéciale qu’elles empruntent
aux propriétés physiques et à la texture propres au tissu nerveux. Nous
la dégénération, puis la disparition des cellules ganglionnaires du
centre auquel elles aboutissent. On sait aussi, d’autre part, que l’interruption d’un faisceau de fibres entraîne la dégénération wallérienne dans le segment de ce faisceau qui se trouve séparé de son centre, et, plus tard, la dégénération rétrograde dans le segment qui attient encore à ce centre ; qu’elle entraîne éventuellement une atrophie plus
L’arachnitis pariétale fait partie de la pachyméningite, et l’arachnitis viscérale est inséparable de la leptoméningite.
Dans ce chapitre de la méningite aiguë, nous ne nous occuperons que de la leptoméningite, qui est celie que l’on rencontre le plus habituellement.
Leptomemngües atguSs.
L’inflammation aiguë des méninges est, comme pour les autres sé-
lus exceplionnelleie pus et on trouve
xpliquent.les consé-
méningo-encéphalites (chorée chronique, états démentiels),, tumeurs et antres lésions en foyer de l’encéphale, ou bien à des lésions chroniques des os du crâne.
On en reconnaît deux variétés : les leptoméningites, les pachyméningites.
La leptoméningite peut se montrer à l’exclusion de lésions céré-
production lisse, très mince, transparente, si ténue qu’elle peut passer inaperçue à un examen superficiel.
Les cas où on se trouve ainsi en présence d’une néomembrane mince sont les jïIus favorables pour l’examen histologique. Il est clair que dans les cas de stratifications nombreuses seules les coupes pratiquées ^perpendiculairement à la surface de la dure-mère peuvent donner d^utîles renseignements.
On peut distinguer d’après leur siège un variétés d’hémorragies méningées :
Les hémorragies sus-duremériennes siègent
globules, constituant une simple ecchymose. Les foyers pe être du volume d’une tête d’épingle ou d’une lentille, 1< atteignent les dimensions d’on œuf de poule et au delà.
: dénommé, peut-être improprement, œdème physiologique.
œDÊME cÉnÉURiL. — Bien que Ranvier ait montré que le tissu des centres nerveux ne se laissait pas pénétrer par les injections interstitielles, il n’en est pas moins certain que l’intervalle laissé entre les éléments nerveux et entre les fibrilles névrogliques est occupé par du liquide. C’est l’augmentation de la quantité de ce liquide interstitiel qui constitue, à proprement parler, l’œdème cérébral.
L’œdème cérébral peut être généralisé et diffus ou, au contraire, localisé sous forme de foyers plusou moins étendus, plus ou moinsnombreux.
Le cerveau, atteint d’œdème généralisé, est plus volumineux, plus pesant qu’à l’état normal. A la coupe, on constate que sa consistance a diminué. La surface de section est humide, spongieuse, la substance corticale est plus pâle, la substance blanche plus mate, la limite entre
L’œdème circonscrit, qu’il s’accompagne ou non d’œdème généralisé (Raymond, Lévij, consiste en taches de décoloration, de forme
En 1868, Hayem, cherchant à réagir contre cette opinion trop absolue, n’obtint cependant par l’expérimentation que des encéphalites suppurées, et chez l’homme il ne trouva, après des recherches étendues, que trois observations personnelles qu’il put donner comme ressortissant à i’inilammation de l’encéphaie. En conséquence il conclut à l’existence mais aussi à la rareté de l’encépHalite primitive.
Actueilement, maigré le perfectionnement des techniques et la multiplicité des recherches, l’accord est loin d’être fait relativement à
lion en général. De ce nombre sont d’abord les lésions rencontrées dans la plupart des processus infectieux, toxiques ou toxi-infectieux et
des modifications difficilement appréciables et, à l’examen histologique, de porter uniquement sur tes éléments nobles, principalement sur les
avec des altérations similaires frappant les éléments des autres vis-
ments nobles qui ont été décrites au chapitre des généralités. Nous ne ferons que mentionner également les lésions circonscrites relevées
monie, variole, fièvre typhoïde, etc.) se révélant surtout à l’œil nu par des plaques congestives, et au microscope, par de la congestion vasculaire, une sorte d’œdème interstitiel et des altérations des cellules et des tubes nerveux analogues à celles qui s’observent dans tes faits de la catégorie précédente. Ici encore la diapédèse et ia réaction névroglique manquent ou bien sont trop atténuées pour que l’accord
ovales, polyédriques ou en minces croissants; iis ressemblent dans certaines cellules aux noyaux névrogliqûes, dans d’autres ils prennent l’aspect de ceux de la cellule nerveuse : ils ont un nucléole bien
Ces éléments paraissent tout à fait analogues à ceux décrits dans la sclérose tubéreuse hypertrophique.
Encéphalite suppurée.
Un dernier groupe comprend l’encéphalite suppurée : l’abcès du
occupent en même temps un cer-
L’abcès limité à l’encéphale est d’habitude secondaire, il est précédé par la suppuration d’une
osseuse (la plus commune, étant localisée au rocher), phlébite des '■'1 sinus, particulièrement du sinus
latéral de la veine jugulaire, du sinus pétreux supérieur, du sinus . . . . caverneux. Tantôt, au contraire,
d’une cellule nemus"e. (Riche et de^Gothard.) la CaUSe est Située pluS OU mOÎnS
loin : suppuration d’un organe
quelconque, plus particulièrement de l’appareil pleuropulmonaire.
L’abcès d’origine otique, de beaucoup le plus commun, qu’il soit situé’ dans la substance blanche ou dans les noyaux gris, est séparé du pus de l’oreille par une couche de tissu sain; la collection est indépendante de la lésion primitive : l’abcès est dit « à distance ». On trouve souvent aussi comme intermédiaire entre la lésion crânienne et l’abcès une collection extra-duremérienne ou bien une fistule réunissant les deux foyers.
L’abcès d’origine otique comme ceux d’origine traumatique siègent
ABCÈS DU CERVEAU 2t
presque toujours du même côte que la plaie ou 1 otite qui leur a donne
dant les rencontrer dans l’hémisphère du côté oppose.
Les abcès consécutifs aux lésions de l’appareil respi-
l’embolie
Description macroscopiverture delaboîtecranienne,
d’une collection
superficielles accompagnant l’abcès. On peut trouver du pus épanché dans la cavité arachnoïdienne, soit que l’ouverture de la collection
soit que celle-ci se soit produite pendant l’autopsie.
les ventricules. La thrombose des sinus dans la dure-mère est encore un indice de la lésion. Lorsque l’abcès est superficiel, il fait à la surface
visibles. Lorsque l’abcès est volumineux, mais situé dans la profondeur, on peut sou]
. SCLÉROSE CÉRÉBRALE ATftOPBIQDE • 27
• . comporte aucune des, formes histologiques considérées actuellement oomme, étant caractéristiques de la syphilis, en çe sens qu’on n’y trouve ni gommes .nodulaires ou diffuses, ni lésions prédominantes
Sclérose cérébrale atrophique,
La sclérose cérébrale atrophique est l’une des causes anatomiques de l’idiotie, de rimbécillité et des paralysies cérébrales infantiles.
On doit lui rattacher la lésion décrite par Cotard sous le nom d’atrophie cérébrale infantile, dénomination, qui nous paraît préférable à celles de microgyrie et microcéphalie, proposées par Broca et employées actuellement par un grand nombre d’auteurs étrangers.
La lésion dont il s’agit ici paraît bien spéciale à l’enfance. Toutefois Freud pense que certaines observations dues à Strûmpell, à Schüle tendraient à établir l’existence de lésions à peu près identiques
iilue (Pozii).
in degré plus
HISTOLOGIE PATHOLOGIQOL DU SYSTÈME NERVEUX moins nombreuses, elles communiquent souvent les unes avec les
Le plus souvent, dans un cerveau atteint de sclérose atrophique, , rencontre, mélangées en proportions variables, les lésions macro-
désintégratiû
On peut, à ce sujet, faire trois suppositions, en distinguer par conséquent trois variétés.
Quelques-unes, les plus petites, sont nettement d’origine vasculaire, puisqu’elles représentent simplement la dilatation excessive des gaines et des espaces périvasculaires. D'autres sont des foyers de ramollissement ou d’hémorragie devenus kystiques; ce qui le prouve
Hydrocéphalie.
'3i BISTOLOGIE P/
On désigne par ce mot toute collection séreuse siégeant à l’intérieur de la boite crânienne. Nous sommes obligés de la définir ainsi parce qu’on en distingue deux variétés : une hydrocéphaiie externe et une hydrocéphaiie interne.
La première consiste dans une accumulation de sérosité sitnée entre la face de l’encéphale et la face profonde de la dure-mère ; son siège précis est incertain et n’est peut-être pas toujours ie même. Eiie peut résulter d’une distension des mailles de la pie-mère créant, par refoulement et par rupture, une cavité plus ou moins grande, peu ou pas cloisonnée.
Elie coïncide alors, le plus souvent, avec une atrophie ou une destruction étendue de la substance cérébrale et ne constitue guère que le degré le plus élevé de l’œdème piemérien d’origine
En outre, il est possibleque sous l’influence d’un processus inflammatoire, peut-être même par transformation d’un foyer hémorragique, un liquide séreux plus ou moins coloré s’accumule et s’enkyste
phalie.
Il ne faut pas oublier la grande fréquence de celle-ci dans le tableau anatomique des sciéroses cérébraies et méningo-cérébraies. On trouvera à ces différents chapitres la description bistoiogique des
l’accumulation du liquide n’est pas due non plus seulement à une transsudation du liquide, mais à une véritable hypersécrétion de l’épU thélium ventriculaire hypertrophié.
Sclérose hypertrophique tubéreuse.
Bourneville et Brissaud ont décrit une variété de lésions se rattachant a la sclérose cérébrale : la sclérosé hypertrophique.
Bans les cas de ce genre, on décortiqué d’ordinaire aisement le cerveau. Les méningés se montrent, en effet, rarement épaissies. On
peut cependant rencontrer quelques cas d’adhérences de la pie-mère
aux parties qui avoisinent les tubérosités.
variable, dont le volume peut aller de celui d’un pois à celui d’une grosse noix. .4 côté de ces parties sclérosées sphériques, d’autres présentent l’aspect de bandes transversales. . .
central de préférence dans ceux à type fusiforme (fig. 10). Ces cellules correspondent aux éléments rencontrés dans les gliomes neuroformatifs et dans l'encéphalite réactionnelle (lig. 28 et fig. 5 et 6).
Les vaisseaux, dans les nodosités, sont d’ordinaire peu nombreux; leurs parois sont épaissies concentriquement et souvent en dégénérescence hyaline.
A la périphérie de ia nodosité, son tissu seeonfond insensiblement avecletissuvoisin. il n’y a donc pas de zone d’enkystement. Le passage se fait sans transition entre les parties saines et malades. Les éléments nerveux reparaissent plus nombreux dans un tissu névroglique
Dans les portions où le processus parait être à son début, on
constate la tonte du tissu nerveux à mesure que la névroglie prolifère.
persistantes, même dans les cas très avancés, où l’agencement est de plus en plus troublé par le développement excessif du tissu névroglique.
De même que dans la sclérose atrophique, les nodosités ou les plaques de sclérose sont susceptibles de se creuser des cavités. Nous ne reviendrons pas sur la structure de celles-ci ni sur leur .mode de