RATE
HISTOLOGIE NORMALE
La rate apparaît à la section de couleur rouge foncé ; elle est gorgée de sang, ce qui explique le terme de glande vasculaire sanguine, qui lui avait été donné par les anciens anatomistes.
Sur ce fond rouge, à peine visibles chez l’homme, très nettement
apparents chez — = -
tantôt arrondis.
mononucléaires, ainsi que des heœaties et même du pigment ocre, mais, comme nous l’avons fait remarquer dans notre thèse, iis sont en très petit nombre dans la pulpe.
Dominici a insisté aussi sur la rareté des phénomènes de phagocytose dans la pulpe à î’état normal. Les macrophages sont bien peu actifs au niveau des cordons de Billroth, bien qu’ils existent en quantité prodigieuse, collés contre les travées de tissu conjonctif, avec leurs noyaux pâles à peine visibles, et leurs corps qui semblent avoir fusionné en un immense plasmodium.
Ces leucocytes app phocytes, grands ir Hayem; enfin quelqc éosinophiles. Ceux-ci.
nent surtout à la série lympfaogène : lymicléaîres basophiles, hématoblasles de ucocytes polynucléaires neutrophiles et ès ûominici, semblent apparaître surtout acrophages (Dommici; qui jouent ici un i logettes de la pulpe.
Malassez, Bizzozero ont affirmé le rôle hématopoiétique de l’organe, Neumann considère que cette fonction serait périmée pour la rate depuis la fin de la vie intra-utérine.
Dominici dit que larate du lapin adulte renferme quelques hématies nuciéées.
Les connexions du système folliculaire et de la pulpe ont fait l’objet de nombreuses controverses.
Il semble qu’il n’y ait pas de démarcation bien tranchée entre les alvéoles du système folliculaire et les logettes de la pulpe. Peu à peu, en effet, on voit apparaître des globules rouges dans les logettes lymphatiques; ceux-ci sont apportés par les capillaires irradiés de l’artériole centrale qui a traversé, sans s’y terminer, le corpuscule de Malpighi.
L’analogie de la raie et du ganglion (i) est-elle absolue et la différence réside-t-elle seulement dans la position de ces deux organes, ou bien la fonction de la rate n’est-elle pas plus complexe que celle du ganglion? Certains hématologistes, Dominici en particulier, attribuent à la rate, à côté de sa fonction lymphoïde, indiscutablement prépondérante pour lui, une fonction myéloïde analogue à celle de la moelle
Cette fonction est indiscutable, comme nous le verrons, chez le fœtus, et même à l’état adulte dans certaines espèces animales; elle est, d’autre part, susceptible de reviviscence chez l’homme adulte au
et les myélocytes, souche des leucocytes polynucléaires, véritables leucocytes du sang.
Sale chez le fœtus. — La rate joue pendant la vie fœtale un rôle important dans la formation des hématies ; chez le fœtus humain, la formation deshémaliesnuelééescesseavantlaflnde la vie intra-utérine; d’après Hayem elle persiste davantage chez les jeunes mammifères, si bien qu’il a pu trouver des hématies nucléées dans la veine splénique chez un chien d’un an.
Les recherches de Van der Stricht sur le développement de la rate des vertébrés nous montrent nettement les diverses phases par lesquelles passe ce tissu :
La rate passe d’abord par un stade (embryon de bœüf de 7 centimètres) pendant lequel elle est constituée par un tissu adénoïde dans les mailles duquel on trouve des leucoblastes et des érythroblastes nucléés, sans qu’il y ait encore ni corpuscule, ni pulpe différenciés. Plus tard cette différenciation se produit et l’on distingue les corpuscules, formés de lymphocytes se reproduisant par karyokinèse, et la pulpe splénique, dans laquelle on retrouve les cellules myéloïdes (mégacaryocytes et hématies nucléées surtout, myélocytes granuleux moins
staphylococcique signalée plus haut, à exagérer la fonction lymphopoiétique du corpuscule et l’activité macrophagique de la pulpe. Pour assister à l’éveil du tissu myéloïde, il faut prolonger un certain nombre de jours l’état infectieux expérimental; la rate ne se comporte plus comme un ganglion, mais comme la moelle osseuse : les hématies nucléées surabondent et se mulliplient; enfin, on voit pulluler des éléments considérés comme appartenant en propre au tissu de la moelle osseuse active, des myélocytes basophiles et surtout neutrophiles.
D’après Dominici, la transformation myéloïde n’est d’ailleurs encore que partielle et l’on n’observe la prolifération active de toutes les variétés de cellules myéloïdes que si l’on associe à l’action de l’infection éberthienne l’action anémiante d’un certain nombre de sai-
LÉSIONS DE LA RaTE DANS LES ÉTATS ISFECTIEUl lÜÔi
l'infection;; elles font place, dans un grand nombre de cas, surtout dans les infections mortelles à des phénomènes dégénératifs qui suppriment en partie ou en totalité les fonctions physiologiques de
Ces phénomènes sont de deux ordres : ils consistent tantôt en lésions nécrotiques qui portent sur la cellule tout entière, tantôt en phénomènes plus irritatifs que dégénératifs, qui' frappent surtout le noyau cellulaire.
Les phénomènes purement dégénératifs qui frappent le corpuscule de Malpighi, bien étudiés déjà au- cours de la fièvre typhoïde, par Siredey dans sa thèse, ont été observés par nous dans cette même maladie et dans la plupart des autres maladies infectieuses : tous les éléments du corpuscule sont touchés, aussi bien les lymphocytes que les leucocytes mono ou polynucléaires de nouvelle formation ; le protoplasma se vitrifie, ses contours disparaissent et bientôt les cellules • voisines se confondent; le noyau persiste plus longtemps, il se fragmente en grosses granulations d’abord, puis en grains plus petits, se réduit en une véritalde poussière et finit par disparaître.
L’autre mode de destruction porte surtout sur le noyau cellulaire; il semble que celui-ci ait été frappé en plein travail dé division directe ou indirecte et que cette atteinte ait exagéré, perverti même, les phénomènes de division normale, avant d’arriver à détruire la cellule. Ces aspects de perversion dans la division nucléaire semblent être de deux ordres qui répondent l’un à la division directe du noyau, l’autre à sa division indirecte.
Dans le premier cas, qui s’observe surtout dans la fièvre typhoïde et semble porter de préférence sur le leucocyte mononucléaire, le noyau apparaît étiré, renflé sur certains points, aminci sur d’autres, bossué ou bizarrement contourné; dans quelques cas même, il est démesurément augmenté d’importance et l’on est en présence de véritables noyaux gigantesques, ayant dix à vingt fois le volume du noyau normal ; dans ces noyaux, où la membrane nucléaire semble presque toujours conservée, la chromatine est inégalement répartie, tassée sur
certains points, presque absente sur d’autres; elle ne paraît pas avoir
augmenté de quanlilé.
Dans le second, dont le type se voit surtout dans la diphtérie, l’on assiste à une prolifération nucléaire encore plus curieuse; la membrane nucléaire a disparu; la chromatine, qui semble très augmentée de quantité, s’est fragmentée et répartie en un certain nombre dé
segments plus ou moine arrondis, fixant- très fortement les couleurs
dans les maladies infecüeuses prolongées, une dîminulion des lymphocytes du corpuscule.
L’artériole centrale est enfin, le plus souvent, notablement modifiée ;
lionnelles et de graves lésions dégénératives.
La rate est le plus souvent, d’après nos observations, de volume normal; elle est fréquemment le siège d’ecchymoses sous-capsulaires déjà signalées par CErtel.
Les corpuscules de Malpighi sont souvent hypertrophiés, les lymphocytes très tassés; ils sont souvent le siège de foyers de nécrobiose (CErtel, Besançon).
stitielles qui vont en s’accentuant au fur et à mesure que la cachexie est plus proche; les parois des vaisseaux capillaires sont fréquemment épaissies, les travées conjonctives de même, surtout au niveau de leur insertion capsulaire.
A celte période qu’on désigne comme une période d’atrophie viscérale la rate est beaucoup moins volumineuse que dans les périodes précédentes ; elle est cependant plus volumineuse qu’à l’état normal, dans quelques cas cependant il y a semblable atrophie (85 grammes) ;
chyme splénique plus ou moins épaissi et dilacéré. Ce parenchyme présente souvent des altérations dues au processus pathologique, qui a prédisposé la rate à la production de l’hématome.
- A l’intérieur des parois on voit du sang coagulé, des caillots mous, des débris de parenchyme, les globules ne sont pas altérés.
L’hématome peut suppurer, il peut se rompre; ou bien la partie liquide se résorbe et il ne reste plus qu’une masse fibrineuse, solide, qui a pu être confondue avec un néoplasme. L’hématome peut enfin.
s’atrophie.
Dans certains cas, il se développe autour de la rate un véritable phlegmon périspiénique, analogue au phlegmon périnéphrétique.
dérable. L’artériole qui se rend à un petit infarctus est toujours oblitérée de la même façon.
La couleur des infarctus est variable selon qu’on examine l’organe à une époque plus ou moins rapprochée de leur apparition.
Lorsque les infarctus sont récents, la couleur de leur surface de
urtout à la périphéri
surtout à la péri¬
phérie des foyers hémorragiques.
La limite externe de cette zone était marquée par une région ou les travées s’aplatissaient et disparaissaient comme s’il y avait eu com-
DÉGÉNÉRESCENCE AMÏLOIDE
La dégénérescence amyloïde frappe fréquemment les éléments de la rate. La rate serait même, d'après Hoffmann, l’organele plus souvent
Ranvier).
LÉSIONS DE LA I Dans les maladies ch
jours dure et épaisse ; lions ou des plaques
1 l’épaisseur des corpuscules de la substance
Dans un second cas, où la rate pesait 950 grammes, les corpuscules de Maipighi avaient disparu, là sclérose interstitielle était plus pro-
1" Cirrhose atrophique bivcineuse. — Lu rate est, le plus souvent, hypertrophiée, et a au moins le double de son volume normal; on l’a vue atteindre 1000 à 1200 grammes; dans des cas plus rares, elle est atrophiée.
La périsplénitè est. la règle et l’on voit souvent dé nombreuses végétations sur le feuillet péritonéal qui recouvre la rate; la capsule elle-même est épaissie ; sur une surface de section, la rate est de couleur lie de vin et l’on voit des cloisons fibreuses blanchâtres sillonner le parenchyme.
Les travées conjonctives qui partent de la capsule et les travées du réticulum sont en général épaissies, et les cellules lymphatiques de la pulpe diminuées de nombre; les sinus veineux sont distendus.
grammes) ; dans quelques cas très rares, elle a été trouvée diminuée (65 grammes) (Gilbert et Castaigne).
La forme de la rate est, en général, conservée, la périsplénite est parfois très marquée, pouvant aller jusqu’à constituer des plaques cartilagineuses assez étendues. Tantôt le tissu est ramolli, diffluent, tantôt ferme; dans un cas de Landrieux et Milian, la surface externe présentait de nombreuses bosselures.
Les lésions histologiques varient selon les observations.
Dans un cas rapporté par Kiener, les lésions n’avaient pas le caractère de la rate classique des cirrhoses atrophiques ou des cardiopathies. Ces lésions consistaient dans une hyperplasie du système lymphoïde, non seulement au niveau des corpuscules, mais encore le long des artérioles.
Lereboullet dit avoir surtout observé des lésions congestives.
Dans la plupart de ses observations, les sinus de la pulpe étaient gorgés de sang. Les corpuscules de Malpighi étaient peu hypertrophiés. Il n’y avait que peu de périsplénite et d’épaississement des travées; ces lésions dominaient, au contraire, dans le cas de Landrieux et Milian.
Lereboullet siguale un certain degré d’hypergenèse du tissu lymphoïde et, dans quelques faits, une réaction myéloïde ébauchée, mais cette réaction est peu accentuée en comparaison de la congestion.
Des grosses rates observées chez les malades atteints de cirrhose biliaire il faut rapprocher certaines grosses rates survenues chez des individus ayant présenté préalablement de l’ictère (spUnomégalies méta-ictériques de Gilbert et Lereboullet). L’hypertrophie de la rate
hydatides de la rate se montrent habituellement avec des productions analogues du foie et du péritoine. E. Wagner a vu dans la rate humaine un exemple de pentastone denticulé, entouré d’un kyste calcifié (Cornil et Ranvier).