LARYNX
HISTOLOGIE NORMALE
Le larynx présente à considérer : 1* une membrane muqueuse (épithélium et chorion) qui revêt sa surface interne ; 2" une charpente flbro-cartilagineuse ; 3" des muscles, des vaisseaux et des nerfs.
à la grande abondance de ce tissu.
3” Les muscles destinés à mouvoir toutes ces parties sont striés. La distribution des vaisseaux sanguins dans les diverses couches de la muqueuse n’offre rien de bien spécial : ils forment un réseau capillaire superficiel. Le nerf larjmgé inférieur se compose surtout de tubes nerveux larges, et le nerf laryngé supérieur de tubes minces. Ce dernier se termine dans la muqueuse en formant un réseau profond et un réseau superficiel de fibres pâles ; on trouve, sur leur trajet, de petits ganglions microscopiques.
Le catarrhe aigu peut être primitif; il est alors causé le plus souvent soit par le froid, soit par l’aspiration de poussières ou de gaz irritants. Il est dit secondaire, lorsqu’il accompagne un exanthème fébrile (scarlatine, rougeole, etc.). La rougeur congestive et inflammatoire, ainsi que le gonflement de la muqueuse laryngée, s’observent
/ngite cbronique granuleuse. Des lésions de laryngite cbronique peuvent aussi s’observer dans la tuberculose, la syphilis et d’autres affections du larynx.
D’une façon générale, la muqueuse est congestionnée, brune ou grisâtre ; elle sécrète un liquide muqueux ou puriforme ; elle est épaissie et ses glandes sont hypertrophiées.
Cette hypertrophie des glandes détermine parfois un relief assez considérable delamuqueuse. Il peut se faire que la couche des glandes hypertrophiées atteigne, au-devant des aryténoïdes, une épaisseur de
et se recouvre par places de petites croûtes qui laissent voir des érosions, lorsqu’elles se détachent, à la suite de la toux par exemple. La laryngite diabétique est caractérisée par un état sec et cuivré du revêtement épithélial, avec hémorragies sous-muqueuses.
Du reste, dans toutes ces variétés de laryngite chronique, si l’épithélium, sous l’influence de causes variables, se macère, se mortifie èt s’élimine en certains points, on peut observer des érosions, des ulcérations et de petites hémorragies.
LiRÏHGITES DA.VS LES INFECTIONS AIGUËS.
Nous étudierons surtout les lésions du larynx dans la diphtérie, la variole et la fièvre typhoïde.
Laryngite diphtérique ou croup. — La laryngite diphtérique est tantôt primitive, tantôt consécutive à une extension de la maladie développée primitivement dans le pharynx ou dans les parties inférieures des voies aériennes. Elle s’observe surtout chez les enfants.
bientôt la muqueuse présente des taches opalines et brillantes, puis des fausses membranes blanchâtres ou grisâtres, parfois verdâtres ou même noirâtres, plus ou moins étendues, plus ou moins épaisses.
apprécie l’épaississement assez .est imbibé d’un liquide rosé.
Ces inflammations laryngiennes peuvent se terminer par un œdème rapidement mortel. Elles occasionnent aussi quelquefois de la pérlchondrite et des abcès profonds.
Laryngite de la fièvre typhoïde. — La laryngite de laflèvre typhoïde est plus ou moins profonde et présente plusieurs variétés distinctes.
a. — Chez les individus morts avec des complications pulmonaires et bronchiques, on trouve presque toujours une inflammation catarrhale superficielle du larynx. Sur les coupes de la muqueuse, on reconnaît que les couches épithéliales sont éptdssies et plus riches en cellules lymphatiques qu’à l'état normal. Les glandes acineuses
les formes pseudo-membraneuses y sont rares.
On a observé, dans la varicelle, un énantbème caractéristique au niveau du larynx. Habituellement, son évolution est bénigne et la guérison est la règle. Dans un cas rapporté par MU. Roger et Baveux et qui se termina par la mort malgré le tubage, ces auteurs ont trouvé l’épiglotte infiltrée, dure, les cordes vocales tuméfiées, et, sur l’une d’elles, une érosion cratériforme ; par les cultures, ils ne purent isoler que quelques cocci non spécifiques.
A la période d’état de la coqueluche, il existe fréquemment une laryngite catarrhale légère. Des ecchymoses et même de petits héma-
ément les tissus p.
mqueux.
pnncipalemenl
serpigineuses,
caractéristiques au niveau des cartiiages thyroïde et cricoïde.
On rencontre rarement, au contraire, des granuiations tuberculeuses visibles à l’œil nu, dans la laryngite tuberculeuse chronique. Tout au plus peut-on en découvrir parfois à la limite des érosions, sous la forme de petits ilôts grisâtres ou jaunâtres à peine sailiants.
Au reste, les lésions se présentent ici sous des aspects très
Prenons d’abord comme type de description un exemple d’intensité moyenne.
Lorsqu’on examine le larynx dans un cas de ce genre, par la partie supérieure, avant de l’ouvrir, on voit que le bord libre de l’épiglotte est souvent tuméfié, épaissi, soit régulièrement, soit d’une façon inégale, et présente des dépressions plus ou moins marquées, bien que
; CHftOKIQUES
)nt superficielles- ou pi s et granuleuses.
tement mécontîaissable. -
L’épiglotte, qoi est k partie du larynx la moins fréquemment envaiqu’elle est infiltrée, une teinte
inadmissible. Parfois on a pu se demander si l’on était en présence d’une production d’origine purement tuberculeuse ou si l’on avait affaire à une néoplasie vulgaire envahie secondairement par l’infiltra-
L’œdème de la glotte, ou plutôt des replis aryléno-épiglottiques, fréquemment signalé autrefois dans le cours de la phtisie laryngée, n’est qu’exceptionnellement un œdème véritable, au sens histologique du mot, c’est-à-dire un épanchement de liquide dans les mailles du tissu cellulaire. La tuméfaction aryténo-épiglottiqueest habituellement composée d’un tissu lardacé, de consistance sarcomateuse, et l’examen, histologique établit que l’œdème ne tient qu’une place très contestable dans l’épaississement de la région entièrement infiitrée d’éléments tuberculeux (Doléris, Gouguenheim). Cette lésion a été décrite sous le nom de pseudo-œdème.
L’œdème qui accompagne les périchondrites et les lésions des cartilages peut être de même ordre, mais ii peut aussi appartenir à une autre variété de pseudo-œdème. Il ne s’agit alors ni de sérosité pure.
ni d’infiltration tuberculeuse : les mailles du tissu conjonctif sont
muqueux de l’épiglotte et ( indemnes. On les trouve parfois au centre de. follicules tuberculeux. Dans les nerfs un peu plus volumineux, ia gaine conjonctive est souvent malade : tantôt elle est simplement inflltrée à la périphérie, tantôt elle est envahie, détmite, et les leucocytes s’insinuent dans l’intérieur
Le lupus du larynx, lésion fort peu commune, peut être envisagé comme une variété de tuberculose torpide, atténuée, à bacilles rares. Il ne s’est développé primitivement snr le larynx que dans un très petit nombre dé cas ; d’ordinaire il est le résultat de l’extension de localisations lupiques au niveau du nez, des lèvres, du pharynx. Les lésions siègent généralement sur l’épiglotte et le vestibule laryngien ; les cordes et les bandes ventriculaires sont exceptionnéllemenf intéressées. Sur une coupe, on voit une infiltration diffuse de cellules rondes avec .quelques cellules géantes et de très rares bacilles de Koch.
Syphilis du larynx. — Le larynx peut être atteint dans la syphiUs
grisâtres ou diphtéroïdes. Plus rarement, on voit des papules érosives , anaiogues à celles de la peau. Le bord libre de i’épiglotte et les cordes vocales senties parties les plus fréquemment intéressées. Les plaques muqueuses sont produites surtout par le gonflement et la prolifération des celiuies épithéliales.
Les lésions les plus importantes sont celles de la période tertiaire. Biles se manifestent sous forme d'infiltrations, diffuses ou limitées, et d’ulcérations, évoluant côte à côte. Leur siège de prédilection est l’épiglotte; mais on les rencontre aussi dans toutes les régions du larynx.
L’infiltration diffuse est rarement limitée à la muqueuse : elle gagne habituellement la couche sous-muqueuse et souvent même les muscles et le périchondre. Des tuméfactions épaisses, d’un rouge velouté, modifient alors plus ou moins profondément la configuration intérieure de l’organe (laryngite hyperpiasique généralisée).
L’infiltration iimitée donne iieu à des saiilies hémisphériques, rougeâtres, véritables gommes syphilitiques, se distinguant bien des parties voisines, saines ou infiltrées aussi.
Ces infiltrations et ces tumeurs présentent tous les caractères histologiques du syphilome (voy. L I, p. 228 et suivantes).
Les ulcérations qui leur succèdent ont des bords rouges, saillants, taillés à pic, et un fond d’apparence gris-verdâtre, lardacée. Elies peuvent s’étendre à une portion considérabie de la muqueuse laryngienne et même à ia trachéè. Lorsqu’elles siègent sûr l’épiglotte, elles la rongent en commençant par son bord libre. Elles donnent souvent naissance à des végétations bourgeonnantes. Ces ulcérations peuvent guérir sous l’influence d’un traitement approprié : ie tissu conjonctif embryonnaire devient du tissu conjonctif adulte, le revêtement épithélial se reforme, mais le tissu conjonctif cicatriciel revient sur lui-même, et il peut en résulter un rétrécissement du larynx ou de la trachée.
La périchondrite avec suppuration peut être l’origine d’un phlegmon péri-laryngien.
Laryngites de quelques autres infections chroniques. — La lèpre du larynx occasionne une infiltration nodulaire, rigide, analogue aux localisations cutanées de la maladie, et donnant lieu à des papules plus ou moins saillantes, roses, livides ou violacées, parfois pâles et
auteurs, de façon primitive ou comme conséquence d’une iaryngite aiguë simple ; le plus souvent elle survient sous i’influence de i’une des causes de ia laryngite ulcéreuse et succède à des ulcérations profondes (flg. 385).
Dans les laryngites intenses et de longue durée, lorsque le tissu
plissent de moelle embryonnaire, et des corpuscules osseux apparaissent bientôt. Ces lésions des cartilages sont communes, nous l’avons vu, dans la phtisie laryngée.
La périchondrite lente, qui s’accompage de l’ossilication des carti-’ lages, peut être suivie de la suppuration du périchondre (périchondrite suppurative). Le pus décolle et sépare le péricnondre du cartilage, qui se trouve ainsi isolé de sa membrane nutritive et se mortifie. Dans les cartilages nécrosés à la suite de la fièvre typhoïde, MM. Cornil et Ranvier ont observé que la substance fondamentale du cartilage était
moment où se fait l’ossification du larynx : dans les faits publiés jusqu’à ce jour, les malades étaient, en effet, presque tous âgés de qua-
Bes ostéomes ont été notés à la face interne du cartilage cricoîde.
Nous n’avohs pas en vue ici, bien entendu, les enchendromes ou les exostoses qui se développent au cours des inflammations chroniques, en particulier dans la tuberculose.
Lymphadénomes. — Les lymphadénomesont été observés plusieurs fois dans la muqueuse du larynx, de la trachée et des bronches, sous la forme de nodules mous, plus ou moins aplatis, plus ou moins volu- . mineux. Parfois ils donnent lieu à nine infiltration diffuse de la muqueuse (Virchow). Ils sont définis par leur structure essentielle qui est celle du tissu lymphatique.
On a signalé aussi des lymphangiomes, tumeurs formées par des ectasies des vaisseaux lymphatiques.
Angiomes. — Les angiomes sont rares. On les rencontre surtout à la commissure antérieure des cordes et sur l’épiglotte. Ces tumeurs offrent une surface lisse ou irrégulière, leur couleur est rouge ou bleuâtre ; leur volume se modifie aisément d’un moment à l’aulre- Elles résultent d’ectasiès veineuses ou capillaires. Les grands espaces caverneux sont entourés de tissu conjonctif fibreux, ayant subi sou-
Cancers. — Nous décrivons sous ce nom les sarcomes et les épithéliomes.
Les sarcomes siègent surtout sur l’épiglotte et ses replis, sur les cordes vocales, mais aussi en d’autres points dû larynx. Ils sont souvent insérés largement, et, dans quelques cas, presque pédiculés. Ce sont fréquemment de vastes tumeurs verruqueuses, de couleur rouge ou jaunâtre, formées de mamelons distincts saignantassez facilement. Macroscopiquement, ces tumeurs peuvent être confondues avec les épithéliomes. Du reste, il existe, sur la tumeur, tant qu’elle n’est pas ulcérée, de nombreux prolongements épithéliaux en voie de prolifération excessive. Mais cette exubérance épithéliale ne donne lieu qu’à une végétation en surface, au-dessous de laquelle on trouvé la tumeur proprement dite constituée par le tissu du sarcome. On peut observer ici toutes les variétés du sarcome (sarcome àcellules rondes, àcellules fusiformes et à cellules géantes ou myéloplaxes, fibro-sarcome, mélanosarcome).
Les épithéliomes sont beaucoup plus fréquents que les sarcomes. Indépendamment des tumeurs qui ont leur point de départ dans le