I. — Anémies post-hémorragiques
L’anémie consécutive aux hémorragies peut être aiguë °n chronique. flans le premier cas, la perte de sang est brusque? ft se fait en une fois, ou en un petit nombre de fois rapprochées ; dans le second? il s’agit, soif dp pertes de sang répétées pendant up long intervalle de temps, soit d’une anémie aiguë qui n’a pas guéri et est passée à l’état chronique.
L’anémie aiguë post-hémorragique a été bien étudiée au point de vue expérimental (Yierordt, Maf{assez, Lépine, Havem? Buntzen, etc.), surtout chpz Je chien* Dès que l’hémorragie s’est produite, le plasma des tissus arrive dans le sang des vaisseaux pour rétablir le volume primitif du sang. C’est cette dilution du sang qui explique la chute du nombre des globules rouges qui gqijt immédiUteIUeUt l’.hèïbprragie ; cette chute est brusque, mais se prolonge cependant un tpmps notable après que le sang a cessé de couler, spit que la dilution n’atteigne pas de suite son maximum, soit qu’il y ait au début des destructions
(1) Une partie de l’hémoglobine peut être fixée par un corps différent de l'oxygène, et ainsi inutilisée pour la respiration, comme dans’ l’empoisonnement par l’oxyde de carbpne. L’hémoglobine peut être aussi altérée un peu différemment et subir, en totalité ou en partie, des modifications dans sa composition intime. A vrai dire, nous ne connaissons pas du tout cés modifications. Nous pouvons séulément les soupçonner, en observant les modifications histo-ehimiqueg, les modifications de réactions colorantes que présente l’hémoglobine dès globules rouges dans certaines anémies spontanées ou expérimentales (voir plus haut). '
Quand op compare les résultats des dosages du fer et de.s dosages de l'hémoglobine par ia méthode colorimétrique, on constate que les variations, parallèles à l’état normal, cessent de l’être dans les états pathologiques (Bàrd, Jellirïeîi, Mallet). La quantité de fer s’éloigne moins de la normale que la couleur dans la chlorose et l’anémie post-hémorragique ; elle s’éloigne de la normale plus que la couleur dans les états cachectiques et les anémies chroniques. Ces faits permettent de supposer à l’état pathologique des variations dans la qualité de l’hémoglobine, dans sa richesse en fer
globulaires, comme permet de le supposer l’altérabilité plus grande des globules rouges à ce moment, constatée par Chanel.
Plus la perte de sang est considérable, plus la chute des globules est grande, et plus elle met de temps à arriver à son maximum; plus est long aussi le retour à la normale. En moyenne, pour des pertes , allant de 1 à 5 pour 100, toute perte de 1 pour 100 entraîne une chute globulaire un peu supérieure à 10 pour 100; la chute dure un jour et la réparation ne commence à se faire qu’après une semaine, de telle sorte que des pertes de 2, 3, 4 pour 100 amèneront des chutes globulaires de 20, 30, 40 pour 100, qui dureront deux, trois, quatre jours et mettront deux, trois, quatre semaines à se réparer (Malassez). Ces résultats s’appliquent aux expériences faites sur le chien; chez le lapin, les chutes sont un peu plus grandes et un peu plus rapides que chez le chien.
Si l’hémorragie est unique et peu considérable, la valeur globulaire ne change pas, mais si l’hémorragie est notable où s’il s’agit d’hémorragies répétées, même petites, l’hémoglobine tombe en général plus bas que les globules et ne se répare que plus lentement, d’où un abaissement de la valeur globulaire qui persiste pendant la première phase de relèvement du nombre des globules rouges. Ces phénomènes se voient parfaitement chez l’homme à la suite de grandes hémorragies, mais par suite de l’influence qu’exercent sur eux les causes mêmes de l’hémorragie, ils sont quelquefois moins réguliers. Dans les anémies expérimentales comme dans les anémies traumatiques de l’homme, on observe dans le sang, au moment de" la réparation, des globules rouges nucléés qui peuvent quelquefois apparaître nombreux sous forme de poussée (1).
A la suite des hémorragies, il existe donc une première période pendant laquelle le chiffre des globules rouges et celui de l’hémoglobine continuent à baisser parallèlement; la valeur globulaire reste ainsi stationnaire. Dans une seconde période, le nombre des globules rouges se relève rapidement, l’hémoglobine reste stationnaire et se relève ensuite très lentement, la valeur globulaire s’abaisse donc. Enfin dans une troisième période, le nombre des globules rouges continue à s élever, mais lentement ; le chiffre de l’hémoglobine s’accroît rapidement : la valeur globulaire se relève.
Pendant la réparation du sang, le nombre des globules rouges atteint ordinairement un maximum élevé, quelquefois même très su¬
ri) Voyez plus haut.
ANÉMIES
périeur à la normale, mais c’est d’une façon toute momentanée; il survient ensuite un abaissement qui ramène le nombre des globules rouges à son niveau définitif.
Il serait intéressant de savoir, en particulier pour l’indication de l’intervention chirurgicale, quelle est la richesse minima du sang en globules rouges et en hémoglobine qui est compatible avec l’existence. Mais il est presque impossible de donner à ce sujet des indications précises, parce que les résultats expérimentaux différant d’une espèce à l’autre, ne sont pas, sur ce point, applicables à l’homme, et que, d’autre part, les faits cliniques connus ne sont pas comparables les uns aux autres. Trop de facteurs sont, en effet, en cause : manière dont s’est faite l’hémorragie, causes qui l’ont provoquée, état antérieur et résistance personnelle du sujet. On peut dire simplement que des chiffres de globules rouges extrêmement bas (cinq cent cinquante mille, six cent cinquante mille) ont cependant permis la survie et la réparation.