ALTÉRATIONS DES GLOBULES BLANCS
Modifications portant sur la résistance et l’ altérabilité des globules blancs.
La résistance et l’altérabilité des globules blancs sont encore peu connues. Certains auteurs ont considéré les globules blancs comme excessivement altérables. Il est vrai qu’il en est ainsi dans le sang sorti des vaisseaux; mais vis-à-vis des sérums artificiels, et il en est de même dans le liquide des exsudats, les globules blancs se conservent plus longtemps que les globules rouges ; cela tient à ce que ces derniers perdent facilement l’hémoglobine qui les laisse reconnaître, à un moment où les leucocytes sont encore conservés. L’altérabilité des globules blancs du sang sorti des vaisseaux explique l’existence de certaines formes altérées qu’on rencontre dans les préparations et qui se manifestent par un état diffus du noyau qui - devient difficile à colorer, par le gonflement du protoplasma qui devient transparent, par la dissémination des granulations contenues dans le protoplasma.
Ces formes altérées se voient davantage dans certains sangs pathologiques, en particulier dans certaines anémies, et surtout dans la leucémie ; il est possible qu’une partie de ces modifications se passe dans les vaisseaux, mais la plupart de celles qu’on observe sur les préparations définitives sont des altérations artificielles, dues à une fixation imparfaite, et portant surtout sur les cellules dont le noyau est très riche en suc nucléaire.
Il existe cependant des altérations morphologiques des leucocytes très précises, très faciles à reconnaître, qui permettent d’affirmer que la cellule est dégénérée et morte; ce sont les phénomènes de chromatolyse et de pvcnose présentés par le noyau. Ces phénomènes sont bien connus aujourd’hui, parce qu’on a pu les étudier sur des objets d’étude favorables, et les suivre même au microscope, au fur et à mesure de leur formation, dans la lymphe des batraciens. Le noyau perd sa structure, le réseau chromatique disparaît, la chromatine semble
Fig. 118. — Différents aspects des altérations du noyau des leucocytes. — Lymphe péritonéale de l’axolote. Fixation obtenue par l’acide osmique, coloration à l’hématoxyline, conservation dans la glycérine étendue. — Grossissement de 545 dia-
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se dissoudre dans le suc nucléaire (chromalolyse), le noyau se colore d’une façon homogène; en même temps, sa consistance change et semble devenir plus fluide. Puis, il peut présenter des modifications différentes : ou bien le noyau se résout en une seule masse sphérique homogène (le noyau polymorphe lui-même peut présenter cet aspect et en imposer pour un leucocyte mononucléaire); ou bien le noyau se fragmente directement en un nombre variable de grains sphériques inégaux prenant très vivement- et d’une façon homogène les matières colorantes nucléaires (pycnose); ou bien encore, le noyau se vacuolise et se fragmente ensuite. Les granules chromatiques peuvent se libérer du protoplasma. Ces phénomènes sont vraisemblablement des phénomènes de simple cadavérisation qui suivent la mort du noyau, plutôt que des phénomènes de dégénérescence proprement dite exprimant la maladie de cet organe (1);
Dans le sang normal et même pendant la leucocytose, ces phénomènes n’ont pas encore été vus. C’est là une constatation négative intéressante, car elle semble nous montrer que les leucocytes ne meurent pas dans le sang de la circulation générale. Dans la myélocytémie, où le nombre des leucocytes arrive à être considérable, on s’attendrait à trouver fréquemment ces figures; or, nous les avons bien observées, mais tout à fait exceptionnelles (2).