‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 3)Chapitre 12 sur 210 · DÉGÉNÉRESCENCES PIGMENTAIRE, AMYLOÏDE ET CALCAIRE · texte numérisé non relu

DÉGÉNÉRESCENCES PIGMENTAIRE, AMYLOÏDE ET CALCAIRE

reste de la fibre. Le protoplasma s’atrophie, la substance contractile devient plus homogène, puis finement granuleuse, et la striation disparaît. L’hémoglobine musculaire physiologique se transforme en pigment. La fibre perd sa couleur jaunâtre pour prendre une teinte très claire sur laquelle tranchent les grains de pigment (Schæffer). Finalement elle s’atrophie par résorption et il ne reste plus qu’une gaine revenue sur elle-même, ne contenant que des noyaux eux-mêmes altérés et des grains de pigment. Le sarcolemme et le pigment disparaissent les derniers. Ce processus est connu sous le nom d’atrophie pigmentaire.

La dégénérescence pigmentaire peut se développer sur des fibres saines ou déjà malades (atrophie, tuméfaction trouble).

Cette transformation de l’hémoglobine en pigment est un indice d’une altération profonde de l’élément vivant de la fibre musculaire, du sarcoplasma. Elle se produit lorsque le muscle est frappé de mort dans l’organisme vivant, comme, par exemple, dans les infarctus, les abcès, au voisinage de tumeurs, etc. Elle est très fréquente chez les cachectiques où l’on peut observer tous les degrés de l’atrophie pigmentaire (Klippel). Des fœtus qui ont séjourné, après leur mort, quelques semaines dans la cavité utérine, montrent aussi des granulations pigmentaires dans leurs muscles (Cornil).

Y. — DÉGÉNÉRESCENCE AMYLOÏDE

La dégénérescence amyloïde, si fréquente dans les fibres musculaires lisses, est exceptionnelle dans les fibres striées. Pour son étude dans les fibres lisses, nous renvoyons à l’article Vaisseaux , où elle sera traitée complètèment.

Dans les muscles striés, cette dégénérescence est toujours très localisée dans les points enflammés. Elle intéresse le sarcolemme qui s’épaissit, devient vitreux et prend les réactions histologiques caractéristiques, tandis que la substance contractile s’atrophie et disparaît.

Ziegler l’a observée dans les muscles de la langue et du voile du palais où elle s’était développée en formant des indurations nodulaires.

Page 1