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LE SANG ET LA MOELLE DANS LES INTOXICATIONS

En un mot, infection et intoxication d’origine bactérienne provoquent des processus morbides absolument connexes. Mais, d’autre part, les effets des poisons microbiens doivent être rapprochés de ceux qui résultent de l’action de poisons de nature différente,' organiques (Châtenay) ou inorganiques.

Les recherches pratiquées à ce sujet dénotent une remarquable similitude dans les modalités réactionnelles du sang et des appareils hématopoïétiques au cours des empoisonnements d’origines les plus diverses.

Ne savons-nous pas, en ce qui concerne le sang, que l’arsenic par exemple provoque la polynucléose à la façon des agents infectieux (Metchnikoff, Besredka). Nous avons vu, de notre côté, les injections intra-veineuses de composés arsenicaux (arsénite de potasse) déterminer l’essor des hématies nucléées dans les vaisseaux périphériques.

Ainsi en est-il des composés mercuriels.

On obtient' des réactions normoblastiques très nettes chez les jeunes lapins soumis à l’action du calomel (injection intra-musculaire).

Ces sels minéraux sont capables de stimuler la moelle osseuse, qui extériorise sa mise en activité par des modifications morphologiques typiques du sang circulant (polynucléose, réaction normoblastique). De ces changements dans la morphologie du milieu sanguin rapprochons un fait connu : l’accroissement numérique des globules rouges dans les états d’anémie, quand on utilise l’arsenic, le mercure (Gailliard, Hayem, Malassez, Wilbouchewitch, etc.).

Bien plus, l’élévation du taux hématimétrique provoquée par le mercure (Zeleneff) , par l’arsenic (cacodylate de soude, Widal, P. Merklen), est extrêmement rapide. Elle se manifeste parfois en quelques heures.

Mais les composés minéraux qui, à certaines doses, paraissent stimuler l’hématopoïèse, à doses plus fortes ou trop longtemps prolongées la ralentissent ou l’amoindrissent.

Ainsi le mercure, après avoir guéri une anémie syphilitiqué, deviendra, si l’on en prolonge exagérément l’emploi, un facteur d’anémie (Malassez, Wilbouchewitch).

la réaction des hématies nucléées constatée par MM. Roger et Josué dans la moelle osseuse des animaux soumis à l’influence du sérum antidiphtérique. Nous pouvons nous demander si l’acq\iisition de l’immunité passive contre un agent infectieux ne nécessite pas, à l’instar de l’acquisition de l’immunité active, la mise en branle des cellules hémoglobinifères.

Indépendamment du mercure, d’autres corps sont capables d’altérer l’hématopoïèse. La liste en est presque innombrable; mais, fait intéressant, les anémies ainsi provoquées réalisent les types les plus divers, depuis les plus simples jusqu’à celui de l’anémie pernicieuse (Ehrlicb, Lindenthal, intoxication par l’essence de mirbane).

Quelles sont les réactions de la moelle des os en présence des agents inorganiques ou organiques déterminant les variations dans la morphologie du sang ?

Entre autres recherches, celles de M M. Roger et Josué nous donnent encore des renseignements à ce sujet. Ces auteurs ont expérimenté l’action du phosphore, de l’arsenic, du sublimé. Ils ont vu se manifester tantôt l’hypergénèse du tissu myéloïde, tantôt des lésions dégénératives des éléments spécifiques du tissu myéloïde.

Ainsi trouvons-nous toujours les mêmes processus histologiques, ceux qui indiquent la réaction du tissu de la moelle osseuse, ceux qui en marquent la déchéance au cours des intoxications d’origines les plus diverses (1).

On appelle anémie la diminution de la teneur du sang en globules rouges et en hémoglobine.

Nous n’avons pas à insister sur l’insuffisance d’une telle définition ni à démontrer que l’anémie est un symptôme survenant au cours des. affections les plus diverses, et que de ces affections les unes sont classées, les autres inclassables en raison de l’obscurité dont sont

enveloppées leur étiologie et leur pathogénie.

Nous rappellerons la division classique de ces états morbides en anémiés deuteropathiques et anémies protopathiques (Hayem).

Les anémies deutéropathiques sont attribuables à des influences morbides definies, atteignant secondairement le sang et les appareils hématopoïetiques.

nucléées dans le3 tissu méd^ullafre ''d’irid pro]ifél'ation très marquée des hématies gipares. Lenoble a signalé la mise en circulant T tS aU CTS d’affeclions hémorrapurpuros. Il est impossible en pareil ra« r des normoljlastes au cours de certains morragie dans la détermination des réariin^î a ,et de !'intoxication et de Thécôté Leredde a attiré l’attention sur la m" <lcs ,c? u es hëmoglobinifères. De son de diverses dermatites. Celle-ci est-elle -Cn act*v‘t® de la moelle osseuse au cours par des auto-intoxications? C’est là un ?ar des *ntox*cations d’origine externe,

a un Pûult qui reste à élucider.

Les anémies protopathiques sont celles où l’action pathogène paraît s’exercer primordialement sur le sang et les appareils hématopoïétiques.

Nous mettrons hors cadre les anémies deuthéropathiques. Nous y avons fait allusion à propos des infections et des intoxications.

Nous allons choisir nos exemples parmi ces cas où l’intégrité du sang est compromise d’emblée, où l’altération sanguine est le symptôme essentiel donnant à l’affection en cours sa touche particulière.

Au point de vue expérimental, nous prendrons comme exemple l’anémie post-hémorragique (1). Mais nous remarquerons que l’état morbide n’a dans ces. circonstances que la valeur d’un accident.

Tout autres sont les anémies protopathiques, que nous allons étudier chez l’homme, sous les rubriques d’anémie pernicieuse et d’anémies infantiles pseudo-leucémiques (Hayem, Luzet). Ici les modifications du système hématopoïétique semblent exprimer la localisation foncière de conditions pathogènes à électivité spéciale.

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