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MÉTHODE DE NISSL. SUBSTANCE CHROMATIQUE

continue dans les dendrites ou prolongements protoplasmiques, mais elle cesse dans le cylindraxe ou axone, comme l’ont noté Benda, Simarro, Schaffer. Elle revêt divers aspects morphologiques (blocs, stries, bâtonnets, fuseaux, grains, état poussiéreux), et ces aspects se combinent toujours dans une même cellule, au moins pour la moelle humaine, sans jamais avoir un dispositif invariable, comme l’avaient

Fig. 159. — Deux, autres grandes cellules radiculaires de la corne antérieure, moelle épinière d’un homme adulte. — (Méthode de Nissl, grossissement de 700 diamètres.)

Etat parapyknomorphe de la substance chromatique (grains plus petits, moins nombreux surtout dans la, cellule A). Chromatolyse périphérique normale. Dans la cellule B, axone sans chromatophiles. — A remarquer dans les deux cellules le polymorphisme des chrômatopbiles (blocs, stries, bâtonnets, grains, poussière, etc.).

cru à tort les premiers observateurs, Nissl et Ramon y Cajal en particulier. Toutefois, signalons, d’après Benda et Nissl, quelques détails de structure assez fixes, mais d’importance secondaire. Ainsi, bâtonnets et fuseaux se montrent plus spécialement à la périphérie de la cellule et dans ses dendrites, tandis que les granulations et les blocs occupent surtout la région périnucléaire; l’état poussiéreux appartient

plutôt au centre de la masse protoplasmique. Dans les prolongements protoplasmiques, à leur point de bifurcation, il existe constamment un bloc triangulaire de substance chromatique, appelé cône de remplissage par Benda, cône de bifurcation par Nissl.

Les cellules radiculaires, comme les autres éléments somatochromes, peuvent présenter une intensité de coloration plus ou moins considérable, proportionnelle au tassement et à l’abondance de leurs chromatophiies. A ce sujet, Nissl a établi une sorte d’échelle à gradation descendante, en distinguant les cellules pyknomorphes, parapyknomorphes et apyknomorphes. Déjà avant Nissl, Flemming, Mauthner, Flesch et ses élèves, Koneff, Gitiss, Rotlarewsky, avaient distingué dans les ganglions les éléments chromophobes (cellules pâles), et les éléments chromophiles

Fig. 160. — Cellule radiculaire de la corne antérieure, moelle épinière d’un homme de cinquante ans mort sans phénomènes nerveux.

A remarquer les modifications marquées des chromatophiles ; la déformation considérable; le déplacement du noyau avec membrane plissée et volume diminué ; légère surcharge de pigment jaune. Ces cellules anomales existent toujours, en nombre variable (huit à seize), sur une coupe de moelle chez l’homme. — (Méthode de Nissl, grossissement de 700 diamètres).

(cellules foncées); même ces auteurs pensaient que toutes ces variétés de coloration pouvaient indiquer dans la masse protoplasmique un chimisme diffrent. Quelle que soit la valeur de cette dernière hypothèse, il convient de rappeler que les cellules radiculaires de la moelle humaine, examinée dans les conditions habituelles et à l’état normal, présentent entre elles une très grande variabilité quant à leur substance chromatique (morphologie, épaisseur et abondance), si bien que l’observateur rencontre difficilement deux éléments absolument identiques (fig. 458-162). De plus, une même cellule n’est pas uniformément colorée dans toutes ses portions. En conséquence, nous devons admettre chez 1 homme, à 1 état normal, le polymorphisme des chromatophiles et ne pas attribuer une valeur pathologique, même légère, à leurs simples variations ou modifications, surtout quand ces dernières atteignent un petit nombre d’éléments.

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