CORNU. ET RANVIER. — II
laires auxquelles pourraient assurément être rattachés certains symptômes. Mais quand il S’agit de serrer le problème de plus près, nous nous heurtons à de grosses difficultés. Ainsi, nous avons : d’une part, des symptômes mal caractérisés et mal localisés; d’autre part, des lésions généralisées et diffuses. — Puis, ces lésions des cellules nerveuses s’accompagnent d’autres lésions, développées sur les éléments de la plupart des organes ; en un mot, elles n’apparaissent que comme l'un des effets de l’atteinte portée par la substance nocive à l’organisme tout entier. On comprend que dans de telles circonstances, il soit difficile de déterminer exactement les troubles qu’elles peuvent produire. Par exemple, la faiblesse musculaire, les troubles viscéraux, cardiaques, respiratoires, etc., ne doivent pas leur être imputés avec certitude, parce que tous les organes dont la fonction est troublée peuvent être lésés anatomiquement et dans leurs éléments propres, et dans leur innervation périphérique. Quant aux symptômes cérébraux proprement dits, il convient d’abord d’éliminer le délire, parce qu’il semble difficile d’expliquer par une altération de déficit, comme la chromatolyse, un accident qui dénote la suractivité fonctionnelle. Mais on peut attribuer à ces lésions cellulaires l’obnubilation intellectuelle et les phénomènes, généraux de la dépression nerveuse, symptômes si fréquents au cours de la plupart des intoxications et des infections. — Dans le même ordre d’idées, Nageotte et Œttlinger admettent que ces lésions, lorsqu’elles sont très généralisées, peuvent entraîner l’insuffisance nerveuse et causer la mort par ce mécanisme. En résumé, s’il est satisfaisant de pouvoir enfin assigner un substratum anatomique éventuel à tous ces grands syndromes nerveux des pyrexies et des intoxications, il convient de faire remarquer que le bénéfice jusqu’ici réalisé ne dépasse guère cette notion bien restreinte. Encore faut-il ne pas oublier que ces mêmes symptômes peuvent faire défaut, alors que les lésions sont présentes, et qu’ils peuvent se montrer en l’absence de toute lésion actuellement appréciable.
Quant aux faits de la troisième catégorie, on est bien obligé de supposer qu’ils doivent se distinguer des précédents par des lésion cellulaires plus profondes et affectant une localisation spéciale; mais ce sont là autant d’hypothèses, et les connaissances exactes sur tous ces points nous font encore défaut.
Ainsi, les lésions des cellules nerveuses trouvées dans les infections et les intoxications ne réalisent pas les conditions encore aujourd’hui nécessaires, qui permettraient de les rattacher avec certitude à des
symptômes déterminés. Ces lésions sont légères, généralisées, et les symptômes auxquels elles correspondent peut-être, se montrent trop souvent mal caractérisés et diffus. D’autre part, les notions histologiques actuelles ne permettent pas de distinguer les stades où ces lésions sont sûrement curables, de ceux qui conduisent à la désorganisation complète de la cellule. Des résultats plus satisfaisants ne pourront être obtenus qu’à l’aide d’une méthode plus rigoureuse, qui saura accumuler patiemment les observations et les faits précis, pour démontrer comment tel symptôme ou syndrome nettement individualisé dépend d’une lésion cellulaire, caractérisée à la fois par sa forme anatomique spéciale et par sa localisation.