RÉGRESSION CELLULAIRE. MÉTAMORPHOSES H
éléments qui sont tous de la même « famille », ne diffèrent que par la nature de leur sécrétion : la cellule osseuse ou périostée sécrète de l’os ; la cellule conjonctive, des fibres conjonctives; la cellule adipeuse, de la graisse; et la cellule musculaire, de la substance striée. Cette sécrétion spéciale est liée, non pas tant à l’élément lui-même qu’à ses conditions d'existence, de milieu. Ces conditions en variant modifient les sécrétions. Il est de notion courante que la cellule conjonctive peut se transformer en cellule adipeuse ; l’ostéoblaste et la cellule géante de la moelle osseuse dérivent vraisemblablement tous deux de la cellule cartilagineuse; les cellules du périoste peuvent prendre l’aspect conjonctif et donner naissance à du tissu fibreux; enfin la cellule conjonctive peut exceptionnellement former de l’os vrai. Il n’y a donc rien d’impossible à ce que la cellule musculaire, par suite de modifications survenant dans son atmosphère ambiante, sans cesser de rester elle-même, modifie parallèlement ses sécrétions et se mette à remplir des fonctions nouvelles qui lui sont imposées par sa nouvelle position, à sécréter une substance d’aspect conjonctif, de la graisse ou du tissu osseux, à prendre, en un mot, des caractères la rapprochant, au moins en apparence, d’un des autres éléments de la famille conjonctive placés dans des conditions semblables.
La fibre musculaire, par le fait de sa haute différenciation, se prête moins facilement que d’autres éléments à de pareilles transformations, qui ne pourront se réaliser qu’ après un retour préalable à un état plus indifférent. C’est précisément ce retour partiel ou total à un état indifférent que nous avons étudié dans ce chapitre sous le terme de régression plasmodiale et cellulaire .
Cette évolution déviée du sarcoplasma est, du reste, sous ses diverses formes, un phénomène d’une fréquence extrême dans la pathologie du muscle.
Les cellules musculaires ainsi individualisées, en dehors de toute dégénérescence, par ce processus de la régression cellulaire, subissent, on peut dire constamment, quelqu’une des métamorphoses précédentes. Nous aurons l’occasion d’y revenir souvent dans les pages qui suivent, mais nous en trouverons l’application la plus parfaite en étudiant le mécanisme qui préside à Y atrophie musculaire.
Il est, semble-t-il, beaucoup plus exceptionnel de voir ces métamorphoses affecter les cellules musculaires nées, par néoformation, aux dépens de débris sarcoplasmiques, à la suite de dégénérescences. Les cellules de régénération paraissent se prêter moins aisément à ces transformations que les cellules de régression. Cependant, même
dans ce cas, les métamorphoses ne sont pas impossibles. — A la suite de foyers de myosite, de traumatismes, de corps étrangers, on a vu se développer dans les muscles des nodules adipeux, des fibromes, des esquilles osseuses que, par analogie, il n est pas irrationnel de rapporter à un processus identique à celui observé en suite de la régression cellulaire (voir Lipoïiiutoss intovstiticllô . Lipome ,* Os- Uome).
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