‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 3)Chapitre 33 sur 210 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE DU MUSCLE CONSIDÉRÉ EN TANT QU’ORGANE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE DU MUSCLE CONSIDÉRÉ EN TANT QU’ORGANE

^ Nous avons, dans la première partie de cet article, étudié les diverses altérations que peut présenter la fibre musculaire striée considérée à l’état isolé. Nous avons ainsi passé successivement en revue ;ses dégénérescences et sa régénération, puis les phénomènes très particuliers et complètement opposés aux précédents de la régression cellulaire, ainsi que l’hypertrophie et l’atrophie simple qui en dérivent, en nous efforçant, autant que possible, de mettre en évidence la façon selon laquelle réagissent, au cours de ces divers processus, chacun de ses éléments çpnstitutifs : fibrilles striées, noyaux, protoplasma et. sarcolemme. Malgré l’imperfection de nos connaissances actuelles, on aura pu vérifier l’importance du sarcoplasma dans ces réactions pathologiques et constater, ainsi que nous le disions dans l 'Introduction, combien la conception protoplasmatique ou cellulaire de la fibre striée, opposée à sa conception fibrillaire, facilite l’intelligence de ses modifications pathologiques et donne d’unité à l’ensemble de ces lésions.

Mais la fibre contractile n’est pas seule à réagir dans le muscle, et il importe de tenir compte des autres tissus entrant dans sa composition. Dans cette seconde partie consacrée à l’anatomie pathologique du muscle, prise dans son ensemble, nous aurons à étudier la façon dont se comportent et réagissent les uns sur les autres ces différents tissus (fibre striée, tissu conjonctif, vaisseaux, etc.) et ceci, non seulement dans les affections limitées au muscle seul, mais aussi au cours des diverses affections générales.

Dans les chapitres qui suivent, nous supposerons connues les lésions élémentaires des vaisseaux, du tissu conjonctif et de la fibre striée ; nous nous contenterons donc de les indiquer succinctement, et renverrons souvent, pour les détails histologiques, au premier volume de ce Traité ou à la première partie de cet article, nous bornant à insister sur certains cas particuliers qui n’auraient pu trouver place dans l’étude générale qui précède.

On s’étonnera peut-être de nous voir accorder de longs développements à des affections plutôt rares, alors que d’autres, beaucoup plus fréquentes, seront traitées plus brièvement. Ayant à étudier ici la pathologie du muscle, nous n’avons pas voulu nous borner à passer successivement ses lésions en revue. Trop souvent comprise ainsi, cette pathologie musculaire offre un décousu qui la rend peu attrayante et qui n’a pas peu concouru à la défaveur dont elle jouit auprès des anatomo-pathologistes. Il est surtout important, croyonsnous, de mettre en évidence les rapports existant entre ces diverses lésions, autant, du moins, que le permettent nos connaissances actuelles, et de s’efforcer d’en faire ressortir quelques-unes des lois générales qui semblent régir tout ce chapitre de la pathologie. On lui donne ainsi une unité qui, jusqu’ici, lui a trop fait défaut et qui jette une singulière lumière sur toute une catégorie de lésions aujourd’hui encore mal élucidées parce qu’elles sont mal comprises. La conception protoplasmique et cellulaire de la fibre musculaire pathologique est une de ces données générales qui nous servira de ligne de direction dans les pages suivantes où nous trouverons de nombreux exemples appuyant et développant ce que nous avons dit plus haut sur la régression cellulaire de la fibre striée et les métamorphoses des cellules musculaires. Nous avons donc cru devoir subordonner l’étendue de chaque chapitre, non pas à la fréquence de l’affection, mais bien à l’importance des lésions au point de vue de la pathologie générale du muscle et des conclusions générales que l’on en peut tirer.

A côté de ces chapitres dont le développement s’imposait pour les raisons que nous venons d’énoncer, il en est deux ou trois autres qui, au point de vue strictement histologique, ne méritaient que quelques lignes et auxquels nous avons consacré quelques pages. Ce sont des sujets relativement récents pour lesquels les Traités d’Anatomie pathologique renvoient aux Traités de Pathologie et ceux-ci aux Traités d’Anatomie pathologique. Leur description se trouve ainsi confinée dans des monographies spéciales, parfois difficiles à se procurer. Nous avons pensé être utile au lecteur en leur accordant ici une place,

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