‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 3)Chapitre 41 sur 210 · NÉCROSE. — GANGRÈNE · texte numérisé non relu

NÉCROSE. — GANGRÈNE

en tant que masse plasmodiale et non pas à l’état de cellules libres. Ce plasmode demeure accolé et fondu avec la substance striée et se strie à mesure qu’il s’accroît. Il en résulte qu’à l’extrémité de l’ancienne fibre, paraît pousser une jeune fibre sans solution de continuité. Cette jeune fibre peut se diviser en pinceau, en doigts de gant et possède les réactions d’un élément jeune; mais au point d’union on trouve, entre la portion jeune et la portion ancienne de la fibre, une zone de passage insensible où, en particulier, la striation transversale de cette dernière devient de plus en plus fine, de plus en plus délicate, jusqu’à presque disparaître sur la première (voir Régénération).

A côté de ces mortifications étendues, on peut observer les mortifications limitées des muscles. Ces nécroses partielles sont très rares et se montrent presque uniquement à la suite de traumatismes violents. Pour que cette nécrose se produise in situ, il faut que le trauma rompe simultanément le faisceau musculaire en deux points, afin qu’il demeure abandonné sur place par les bouts supérieurs et inférieurs qui se rétractent.

Yolkmann a obtenu, expérimentalement, par double ligature, une nécrose partielle d’un fragment de muscle qui était opaque, œdémateux, par places infiltré de leucocytes et dont les fibres avaient perdu leurs noyaux. Autour de ce point mortifié, la régénération se faisait mal et incomplètement.

Schnitzler a récemment signalé un fait de mortification partielle de la portion inférieure du biceps, consécutivement à un traumatisme. A l’incision, la portion nécrosée, du volume d’une noix, sèche et d’un jaune cireux, était entourée de toute part par une épaisse couche de muscle sain, dont la séparait une mince capsule conjonctive. Histologiquement, elle était constituée par des faisceaux musculaires ayant perdu leur striation et dont les noyaux dégénérés avaient disparu ou tout au moins ne se coloraient plus. Quelques fibres étaient atteintes de dégénérescence cireuse et se désagrégeaient en boules, mais sans prolifération cellulaire. Il n’y avait pas trace de phénomènes inflammatoires.

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