VI. — CONTUSION. — PLAIES. — RUPTURES
Les différents traumatismes agissant sur un muscle ont comme résultats communs la rupture d’un certain nombre de fibres et la production d’une hémorrhagie plus ou moins abondante.
Dans la contusion, l’hémorrhagie varie depuis l’ecchymose légère jusqu’à l’infiltration sanguine étendue ou à l’hématome (voir ce mot); les éléments contractiles peuvent être intéressés en petit nombre ou presque en totalité, comme dans le broiement par exemple. Il en est de même dans les plaies confuses, dans l’arrachement et la morsure.
Les plaies par instrument piquant n’interrompent la continuité que de quelques fibres et, à moins qu’un gros vaisseau ne soit traversé, ne déterminent qu’un faible épanchement sanguin, parfois presque nul.
Les instruments tranchants , lorsqu’ils agissent perpendiculairement à la direction des fibres, amènent tout d’abord une rétraction des deux lèvres delà plaie qui, s’évasant à la surface du muscle, prend une forme de coin ou de cupule. Le sang épanché remplit la plaie et s’infiltre plus ou moins loin dans l’épaisseur des faisceaux revenus sur euxmêmes. Ultérieurement, le caillot s’organise et, s’il ne survient pas de phlegmon, d’abcès par infection de la plaie, la guérison s’obtient au prix d’une cicatrice plus ou moins étendue.
Les hémorrhagies musculaires ont été traitées à part dans un chapitre précédent auquel le lecteur se reportera pour tout ce qui a trait à cette partie de la question. Il en est de même des abcès, phlegmons, etc., etc., qui rentrent dans le chapitre Myosites aiguës .
Nous ne nous occuperons donc ici particulièrement que des ruptures musculaires, tant traumatiques que spontanées, les autres lésions traumatiques pouvant histologiquement leur être parfaitement rapprochées.
Ces actes traumatiques, ces ruptures musculaires nous représentent le type de la myosite dans son application la plus simple.
Ruptures musculaires. — Les ruptures musculaires sont complètes, comprenant le muscle dans toute son épaisseur; partielles, n’intéressant qu’un seul ou qu’un petit nombre de faisceaux; enfin, fibrillaires, lorsque quelques fibres seulement sont interrompues dans leur continuité.