‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 3)Chapitre 48 sur 210 · HYPERTROPHIE PHYSIOLOGIQUE OU FONCTIONNELLE · texte numérisé non relu

HYPERTROPHIE PHYSIOLOGIQUE OU FONCTIONNELLE

insuffisante et considère comme constante, dans les hypertrophies, une multiplication de fibres qui s’opérerait par néoformation suivant le processus qu’il avait étudié dans la convalescence de la fièvre typhoïde (boyaux cellulaires de la régénération). Bardeleben a décrit dans les intercostaux hypertrophiés sous l’influence d’une dyspnée prolongée, la genèse de nouvelles fibres aux dépens de cellules qu’il regardait comme conjonctives. Mais il s’agissait évidemment, ici, de phénomènes de régénération de fibres dégénérées.

Plus près de nous, Letulle estime, au contraire, qu’une augmentation de volume de toutes les fibres, légère et passant facilement inaperçue, suffit pour expliquer l’augmentation de volume totale du muscle hypertrophié. La plupart des auteurs dénient, du reste, à la fibre musculaire adulte la possibilité de se multiplier, et de se diviser sans dégénérer, alors qu’elle a acquis son complet développement.

Ce que nous avons pu observer nous engagerait à conclure dans un sens tout opposé et à regarder l’hypertrophie fonctionnelle comme relevant, non pas exclusivement, mais surtout d’une augmentation du nombre des fibres, augmentation se produisant par division longitudinale de ces éléments en dehors de toute dégénérescence.

Nos recherches ont porté sur le droit antérieur de l’abdomen qui, dans les derniers mois de la grossesse, présente, malgré son étalement, une hypertrophie variable, du reste, suivant l’âge de la femme, ses grossesses antérieures et son état de santé général. En choisissant des sujets ayant succombé à des accidents aigus, nous avons pu observer les modifications relevant du seul état gravide à l’état de pureté, sans dégénérescences et sans phénomènes de régénération.

Sur les coupes longitudinales, les fibres en voie de multiplication par division longitudinale étaient très fréquentes. Cette division se fait en un point quelconque de l’épaisseur de l’élément qui se trouve ainsi séparé en deux portions, tantôt égales, tantôt de diamètre différent. Lorsque la séparation des deux éléments s’est achevée sur toute leur longueur, il est difficile de prouver qu’ils dérivent tous deux d’une môme fibre primitive.

Il n’en est pas de même lorsqu’elle est incomplète et donne ainsi naissance à des fibres en Y, en N ou en M constituant un petit réseau strié à larges et longues mailles fusiformes entre lesquelles se placent du tissu conjonctif et des capillaires. Les fibres qui se divisent et se subdivisent ainsi sont un peu plus larges que des fibres normales (45 à 55 p), leur striation est parfaitement et complètement conservée; elles ne présentent aucune trace de dégénérescence, mais leurs noyaux

sont un peu augmentés de nombre. Le début du processus aboutissant à la division longitudinale est marqué par une hyperplasie partielle du sarcoplasma qui s’accumule suivant une ligne le long de laquelle se rangent les noyaux. A ce niveau, apparaît une fissure qui se complétera par la suite et entraînera la division de la fibre, mais qui se dispose toujours de telle sorte que les noyaux sont reportés les uns à droite, les autres à gauche de la lente ainsi produite. Chacune des fibres ainsi développées se trouve donc revêtue par une mince couche de sarcoplasma semé de noyaux. Ultérieurement le sarcolemme se complète et vient engainer séparément chacun des éléments ainsi formés.

Ainsi, au moins dans les cas que nous avons pu étudier, l’hypertrophie fonctionnelle était le fait d’une hypertrophie numérique , relevant d’une multiplication physiologique des fibres musculaires adultes. Cette multiplication, sollicitée par une augmentation de travail, s’effectuait, grâce à une hyperplasie partielle du sarcoplasma, par division et subdivision longitudinales des fibres en dehors de toute dégénérescence.

2° Hypertrophie musculaire prodromique de la myopathie

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