DÉVELOPPEMENT DU TISSU OSSEUX
entoure de toutes parts l’os *et s’arrête au niveau des cartilages articulaires; Il est constitué par du tissu fibreux et élastique qui, dans sa partie profonde en contact avec l’os, est composé de fibrilles très fines et serrées. ;-
Les vaisseaux du périoste sont très nombreux, et ils se détachent de sa couche profonde pour pénétrer directement dans les canaux osseux. Les vaisseaux ostéo-périostiques jouent un rôle considérable dans les phénomènes pathologiques qui s?accomplissent sous le périoste.
Le développement du tissu osseux présente un grand intérêt, en ce sens que ce tissu ne se forme pas directement aux dépens des cellules de l’embryon, mais bien aux dépens de masses fibreuses ou cartilagineuses qui présentent déjà la forme de l’os; et comme, à l’état pathologique, on observe souvent des transformations de tissu, ce qui se passe dans l’os a servi de base et d’objectif à tous les anatomo-pathologistes. Ils ont, en effet, appuyé sur Y ostéogenèse leur compréhension générale de l’histogénèse pathologique.
La formation d’un tissu pathologique aux dépens d’un tissu sain qui en diffère a été appelée par Virchow hétéroplasie. Le développement du tissu osseux aux dépens des tissus cartilagineux et fibreux est donc le type physiologique des hétéropksies. Virchow ne l’a pas considéré ainsi, parce qu’il admettait que les tissus osseux et cartilagineux étaient des équivalents histologiques, et parce qu’il pensait que le tissu osseux dérivait simplement de modifications nutritives du tissu fibreux et cartilagineux, consistant surtout en ce que la substance fondamentale s’encroûte de sels calcaires. Virchow avait appliqué au développement normal de l’os ce qui se passe dans les os rachitiques. Mais, en étudiant mieux ce qui a lieu dans l’ossification normale, Henri Millier est arrivé à édifier une tout autre théorie. Poursuivant nous-mêmes ces recherches, nous avons vérifié que le tissu osseux se développe toujours suivant une même loi générale, soit aux dépens du cartilage, soit sous le périoste, soit aux dépens du tissu fibreux.
À. — L 'ossification aux dépens du cartilage se fait de la façon suivante : les cellules cartilagineuse prolifèrent par le mode que nous connaissons déjà ; les cellules nouvelles s’entourent de capsules secondaires ( a , fig. 12) ; les capsules mères en sont remplies, s’agrandissent et s’allongent par compression réciproque, de façon à converger vers le point d’ossification.
La substance fondamentale du cartilage se segmente de manière à paraître fibrillaire ; bientôt elle s’infiltre de sels calcaires. Ace moment, sous l’influence de l’extension des vaisseaux sanguins venus du périoste ou des cavités médullaires déjà formées, les capsules secondaires so dissolvent, les cellules cartilagineuses deviennent libres et prolifèrent
(a, c , flg. 15); elles prennent les caractères des cellules embryonnaires que nous avons signalés plus haut.
Le tissu cartilagineux est détruit et le tissu osseux n’existe pas encore.
Ce tissu nouveau, qui n’avait pas encore reçu de nom et que nous avons proposé de nommer ossiforme, est constitué par les travées incrustées de sels calcaires qui représentent la substance fondamentale du cartilage ancien ( f , flg. 15). Dans ces travées il n'y a pas d’éléments cellulaires. Elles limitent des boyaux ou alvéoles communiquant les uns avec les autres, de manière à con-
Fro. 15* — Ossification aux dépens du cartilage i a, cap- ...
suie primitive remplie de capsules secondaires; d, cellule StltUôr CleS CSpâCGS CâYGr-
neux (| g , fig. 15) remplis de tissu médullaire vascula-
cartilagineuse dont la capsule est en train de disparaître : e, prolifération des cellules qui aboutit à former le tissu médullaire embryonnaire; g, les noyaux remplis par ce tissu médullaire nouveau sont limités par la substance . , fondamentale Calcifiée f. A la partie inférieure de la l'ISé.
figure apparaissent déjà les corpuscules osseux étoilés. r t- ncoifarma hp
— Grossissement de 250 diamètres. Le -tlSSU OSSlIOime ne
correspond nullement à la description du tissu ostéoïde de Virchow, ni du tissu spongoide de Guérin et Broca. Ces auteurs ont basé leur description sur l’observation des os rachitiques. Or, ainsi que nous le verrons en étudiant le rachitisme, les travées généralement calcifiées du tissu ostéoïde ou spongoïde de ces auteurs contiennent des éléments cellulaires.
Dans le tissu ossiforme, les vaisseaux venus de l’os pénètrent dans les alvéoles et y forment des anses. Alors commence l’ossification