‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 4)Chapitre 9 sur 148 · TISSU OSSEUX · texte numérisé non relu

TISSU OSSEUX

partent de nombreux canaux ramifiés et anastomosés avec les canaux venant des corpuscules voisins. Virchow a démontré que ces corpuscules correspondent à des. corps cellulaires. En décalcifiant un fragment d’os par l’acide chlorhydrique et le soumettant à l’ébullition, il put isoler des masses présentant des ramifications incomplètes qu’il considéra comme des cellules. Dans quelques-unes d’entre elles il put entrevoir les noyaux. Ces noyaux sont extrêmement nets et ne manquent dans aucun corpuscule osseux vivant. On peut les reconnaître dans tous, lorsque, après avoir décalcifié un os par l’acide chromique ou l’acide

picrique, on fait des coupes minces que l’on colore ensuite par le rouge d’aniline dissous dans l’acide acétique ou par la solution ammoniacale de carmin, ou mieux encore par une solution de purpurine. Le corps étoilé que Virchow est arrivé à isoler au moyen de l’acide chlorhydrique n’est pas une cellule, mais une sorte de capsule. La véritable cellule osseuse est contenue dans son intérieur. Elle se présente sous la forme d’une masse protoplasmique qui enveloppe le noyau.

La nature cellulaire des corpuscules osseux est donc parfaitement démontrée. Les nombreux canalicules qui en partent sont destinés à transporter les sucs nutritifs dans les différents points de la substance osseuse, qui par elle-même ne jouit pas de la propriété de s’imbiber, et qui très probablement ne peut donner lieu à aucun des phénomènes d’endosmose nécessaires aux échanges nutritifs.

Les corpuscules osseux siègent au milieu des lamelles osseuses et sont parallèles à leurs plans de séparation.

Les lamelles osseuses, formées de substance osseuse, constituent par leur réunion des systèmes : c’est ainsi qu’un système de lamelles parallèles entre elles est disposé à la surface de l’os, et que chaque cavité médullaire en est régulièrement entourée, aussi bien dans les os compacts que dans les os spongieux.

Les cavités médullaires contiennent de la moelle et des vaisseaux : le plus grand nombre d’entre elles, sur les os longs, présentent une forme cylindrique et une direction parallèle à l’axe de l’os. Ce sont les canaux de Havers, réunis les uns aux autres par des canaux transversaux ou obliques. Les os spongieux ne diffèrent des os compacts que par la dimension plus grande et la forme moins régulière de leurs canaux.

La moelle osseuse est toujours parcourue par des vaisseaux. Entre ceux-ci et la paroi des espaces médullaires il existe : 1° des cellules petites, arrondies, mesurant de 10 f* à 15 y., granuleuses, avec un noyau volumineux, bien nettement limitées à leur contour (médulloeelles de Robin) ; 2° de grandes cellules irrégulières dans leur forme, à noyaux multiples dispersés dans leur substance (myéloplaxes de Robin), que nous avons déjà figurées (a, b, fig. 4); 3° des cellules arrondies possédant à leur centre plusieurs noyaux, ou bien un seul noyau replié sur lui-même muni de nombreux bourgeons (cellules à noyau bourgeonnant de Rizzozero) ; 4° des cellules adipeuses ; 5° des cellules connectives qui accompagnent les vaisseaux; 6° des cellules lymphatiques ou leucocytes dcgit quelques-unes se chargent d’hémoglobine et donnent naissance, par bourgeonnement, à des globules rouges du sang (Neumann, Rizzozero, Malassez). Ces différents éléments se montrent en proportion variable, suivant les différents os et suivant les diverses phases de développement du tissu osseux. Dans les os des membres, les cellules adipeuses dominent. Dans le corps des vertèbres et dans le sternum, les éléments dépourvus de graisse sont les plus nombreux ; alors la moelle est rouge.

La moelle est le siège des phénomènes nutritifs et pathologiques les plus importants qui se passent dans l’os.

Le périoste est une membrane fibro-élastique ayant la plus grande analogie avec une aponévrose, fait qui avait frappé Richat. Le périoste

Fig. 14.

Corpuscules osseux observés sur un fragment d’os déealcifié et traité par le carmin.

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