‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 4)Chapitre 12 sur 148 · TISSU MUSCULAIRE · texte numérisé non relu

TISSU MUSCULAIRE

La même loi générale préside donc partout à la formation du tissu osseux ; on peut donc la formuler en disant : La substance fondamentale du tissu ( capsules et substance cartilagineuses, substance fibreuse > se dissout partiellement ; les cellules prolifèrent, deviennent libres et donnent naissance à un tissu embryonnaire dont les éléments, s'entourant d'une substance fondamentale nouvelle, deviennent les corpuscules osseux.

Ce que nous venons d’exposer relativement à ce mode de formation du tissu osseux par une véritable hétéroplasie physiologique, trouvera bientôt dans la pathologie de nombreuses applications.

Deuxième groupe. — Tissus musculaires et nerveux.

Tissu musculaire. — Ce tissu présente à considérer chez l’homme trois espèces distinctes : 1° les muscles de la vie organique qui sont formés par des cellules fusiformes, à contraction lente et involontaire -, 2° le tissu musculaire du cœur, dont les faisceaux sont striés et anastomosés les uns avec les autres, et qui possède une contraction brusque et involontaire ; 3° le tissu musculaire du tronc et des membres, composé par des faisceaux striés, non anastomosés entre eux, caractérisés physiologiquement par une contraction brusque et volontaire.

Les éléments des muscles de la vie organique sont des cellules fusiformes plus ou moins longues, de 40 [x à 200 y., sur lesquelles on n’est pas arrivé encore à distinguer de membrane d’enveloppe, et qui semblent formées dans toute leur masse d’une substance transparente, réfringente et amorphe, mais qui est en réalité constituée par des fibrilles continues.

Au centre de cette masse il existe un noyau allongé en forme de bâtonnet apparaissant bien nettement après la coloration au carmin et L’action de l’acide acétique qui lui fait prendre une forme serpentine. Les noyaux des fibres musculaires lisses possèdent un ou plusieurs nucléoles qui ont été décrits par Frankenhauser. Ces noyaux sont séparés de la substance contractile par une masse protoplasmique granuleuse, surtout abondante au niveau de leurs extrémités.

Les cellules musculaires lissés sont rarement isolées au sein des tissus (tunique moyenne des grosses artères). Le plus souvent elles sont réunies, tantôt de façon à former des faisceaux, tantôt de manière à figurer des membranes, comme dans les artérioles. Elles sont alors

soudées les unes aux autres par une substance cimentante, et il devient difficile, sinon impossible, de les séparer. On peut cependant obtenir leur dissociation complète au moyen de certains réactifs, tels

que l’acide azotique en solution au cinquième (Kôlliker), la potasse à 40 pour 100 (Weismann).

D’après la plupart des histologistes, Kôlli-

Fic. 17. — Fibres musculaires lisses isolées. j-gj. gjqtpg autres les

cellules musculaires dériveraient directement des cellules embryonnaires, dont le protoplasma, subissant des modifications successives, se transformerait en substance musculaire, et dont le noyau s’allongerait en forme de bâtonnet.

Les faisceaux musculaires du cœur dérivent aussi de cellules embryonnaires ; leur substance fondamentale est constamment striée, et des noyaux ovalaires occupent le centre des faisceaux. Les cellules

Fig. 18. — Fibres musculaires du cœur, A, B, séparées par des lignes transversales qui indiquent la limite des cellules constitutives.

qui concourent à la formation des fibres cardiaques ne se fondent jamais absolument les unes avec les autres, et, même dans le cœur des adultes, il est possible d’en déterminer les limites. Weismann, en traitant des fragments du myocarde par la potasse à 40 pour 100, a pu en isoler les cellules constitutives, et Eberth, au moyen du nitrate d’argent, a dessiné dans les fibres musculaires du cœur les limites de chaque cellule (fig. 18).

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